Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de jan/fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, Prix Nobel 2008.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
2 PASTEUR LE MAG’Janvier 2009 LIGNES DE FORCE ÉVÉNEMENT Luc Montagnier est professeur émérite à l’Institut Pasteur, où il a dirigé, de 1972 à 2000, l’unité d’Oncologie virale, directeur de Recherches émérite au CNRS et membre des Académies des sciences et de médecine. Il est également président de la Fondation mondiale Recherche et Prévention Sida, créé en 1993 avec Federico Mayor, ancien directeur général de l’Unesco. Françoise Barré-Sinoussi est professeur de classe exceptionnelle à l’Institut Pasteur et directrice de recherche Insermde classe exceptionnelle. Elle dirige l’unité Régulation des infections rétrovirales à l’Institut Pasteur. Présidente du conseil scientifique de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), Françoise Barré-Sinoussi a établi de nombreuses collaborations avec les pays les plus touchés par l’épidémie de VIH/sida, notamment à travers le Réseau international des Instituts Pasteur. Elle est membre du conseil d’administration du Sidaction depuis 2005. Tous deux ont obtenu de nombreuses distinctions. Le début de l’histoire Un groupe de cliniciens français auquel appartient Willy Rozenbaum, du service du Pr Gentilini à l’hôpital Pitié- Salpêtrière, est convaincu de se trouver devant un virus d’un tout nouveau genre. Françoise Brun- Vezinet, qui travaille avec lui en Joyeux Nobel L’annonce de cette distinction a suscité une vague chaleureuse, teintée d’émotion et de fierté, qui a touché l’ensemble des personnels pasteuriens. Une nouvelle qui est venue, en toute fin d’année, couronner la célébration des 120 ans. Au-delà, c’est un moteur pour la communauté scientifique. Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier Lauréats du prix Nobel de Physiologie Les premiers cas de Syndrome d’Immuno-déficience Acquise (Sida), ont été décrits aux États-Unis, en 1981. Courant 1982, des médecins français se mobilisent en France avec l’apparition de cas similaires. À cette époque, les cas observés laissaient soupçonner que l’agent infectieux était un virus. En 1983, le virus du sida, qui prendra plus tard le nom de VIH1, est découvert à l’Institut Pasteur. Le prix Nobel de Physiologie ou Médecine a été décerné en 2008 aux Prs Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier pour cette découverte. Ce prix a également été attribué au Pr Harald zur Hausen pour la découverte du papillomavirus humain, impliqué dans le cancer du col de l’utérus. tant que médecin-virologue, lui propose alors de contacter les enseignants du cours de rétrovirologie qu’elle a suivi à l’Institut Pasteur, Jean-Claude Chermannet Luc Montagnier ; la première réunion aura lieu en décembre 1982. En janvier 1983, Willy Rozenbaum adresse la première
« Vingt-cinq ans après l’isolement du virus du sida, ce Prix reconnaît le travail exceptionnel des scientifiques récompensés, et à travers eux celui de leurs collaborateurs cliniciens et chercheurs, mais il constitue aussi un formidable encouragement pour la communauté scientifique engagée dans la lutte contre le VIH/sida. Car, malgré de très nombreux progrès dans le dépistage, la prévention et le traitement de cette terrible infection, le combat doit plus que jamais continuer. » Pr Alice Dautry, directrice générale de l’Institut Pasteur ou Médecine 2008 biopsie ganglionnaire d’un jeune homosexuel (nommé « Bru », pour des raisons de confidentialité) atteint de lymphadénopathie* généralisée, c’est-à-dire au stade de pré-sida, avant l’apparition d’une immunodéficience profonde. Pourquoi avoir suspecté un rétrovirus ? Françoise Barré-Sinoussi répond : « Concernant les maladies dues à des rétrovirus, deux éléments étaient à prendre en considération. Le premier : on ne connaissait qu’un seul rétrovirus humain à l’époque, le HTLV (Human T Leukemia Virus), un virus responsable de leucémie. L’équipe de Robert Gallo, spécialiste américain de ce virus, avait décrit qu’il infectait préférentiellement les lymphocytes T, plus précisément les « T CD4 », du nom d’un récepteur particulier dont ils sont dotés. Dans la maladie sida, on recherchait un virus susceptible d’infecter ces globules blancs puisque c’était eux, et seulement eux, qui disparaissaient. En revanche, l’hypothèse du HTLV ne convenait pas totalement puisque ce virus « immortalise » les cellules T, qui continuent donc à proliférer intensément, alors que dans le sida c’était l’inverse : elles mouraient. Dès nos premières cultures,• * Les ganglions lymphatiques sont des sites d’activation, de différenciation et de prolifération de cellules immunitaires. Outre la localisation profonde de certains, dans l’abdomen, le thorax et le bassin, d’autres, plus superficiels, peuvent être palpés au niveau des aisselles, de l’aine et du cou lorsqu’ils ont augmenté de volume. La réaction de ces ganglions à l’infection constitue une « lymphadénopathie ». PASTEUR LE MAG’Premiers pas à l’Institut Pasteur C’est en 1971, au cours de ses études, que Françoise Barré-Sinoussi, (en tant que bénévole, ensuite boursière du Wellcome Trust puis de la Ligue nationale contre le cancer), était venue travailler dans le service du Pr Marcel Raynaud, à l’annexe de l’Institut Pasteur située à MarnesLa-Coquette, auprès de Jean-Claude Chermann, qui fut son mentor. « Nous travaillions sur les relations entre rétrovirus et cancers chez la souris et sur l’enzyme appelée « reverse transcriptase » (transcriptase inverse en français). À cette date, juste après la découverte de cette enzyme, indispensable aux rétrovirus pour transformer leur ARN en ADN avant qu’il ne s’intègre à celui de la cellule infectée, un chercheur américain venu en stage nous a transféré la technologie de mesure de cette enzyme. » Après sa thèse, Françoise Barré- Sinoussi effectuera un post-doctorat chez le Dr Robert Bassin, à Bionetics, laboratoire associé aux National Institutes of Health. À son retour des États-Unis, intégrée à l’Inserm, elle rejoint le laboratoire de Jean-Claude Chermannqui, en 1974, était devenu associé à l’unité d’Oncologie virale dirigée par le Pr Luc Montagnier sur le campus parisien. >Jean-Claude Chermann, Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier (1985). PASTEUR LE MAG’3 Janvier 2009



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :