Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de jan/fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, Prix Nobel 2008.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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>Muriel Tauzin, qui a achevé sa thèse en septembre, a isolé à Tübingen toute une série de Danio mutants dépourvus de microglie.• PIONNIERS en s’agrégeant et donnant une granulomatose. De surcroît, la bactérie elle-même « reconnaît » la nature de ces agrégats car elle se met à déclencher des gènes qu’elle ne met normalement en route chez l’animal que dans le granulome pour s’y adapter. » Découvrir le rôle et l’origine de la microglie « Dans les maladies dégénératives, on se demande quel peut être le rôle de la microglie (composée comme on l’a vu de macrophages résidents du cerveau). Fait-elle empirer la situation ou, au contraire, joue-t-elle un rôle thérapeutique ? En fait on ne connaît toujours pas l’origine des cellules de la microglie. Elles ne sont pas du tout produites en permanence par la moelle osseuse, elles sont là depuis très longtemps dans le développement, probablement depuis l’embryogenèse et elles s’auto-renouvellent sur place. Nous allons tenter de voir avec le poisson quelle serait la ou les origines de ces cellules. » Des mutants sous observation « Nous travaillons également sur la génétique de poissons mutants, démarche entreprise dans le cadre 34 PASTEUR LE MAG’Janvier 2009 IMMUNOLOGIE >Dépourvu de deux des trois pigments qui font les zébrures, ce mutant, « casper », demeure presque transparent, même à l’âge adulte. d’un consortium européen « zebrafish » constitué il y a trois ans et qui regroupe une vingtaine d’équipes dont la nôtre. » Au Max-Planck Institute de Tübingen (Allemagne), le Pr Christiane Nüsslein-Volhard (prix Nobel 1995 pour ses travaux sur la mouche drosophile) est au cœur de ces travaux. Elle s’intéresse depuis une quinzaine d’années à la génétique du Danio zébré, et a développé dans son institut l’infrastructure qui a permis l’isolement de mutants à grande échelle. « Chaque laboratoire participant a ainsi pu rechercher des mutants dans son domaine. Nous avons recherché d’une part ceux qui n’avaient pas réussi à construire la microglie, issue des macrophages, dans le cerveau, et d’autre part ceux qui n’arrivaient pas à produire de neutrophiles. Nous disposons maintenant pour nos recherches d’une collection de chacun de ces deux types de poissons mutants. Les jeunes étudiants du laboratoire en cours de thèse concentrent leurs efforts sur ces poissons pour découvrir les gènes impliqués dans la constitution de la microglie, ou dans la production des neutrophiles. » Enfin, Jean-Pierre Levraud, chercheur de l’unité, a choisi de défricher à son tour un champ nouveau : il utilise les atouts du zebrafish pour étudier in vivo les mécanismes de résistance aux infections non plus bactériennes, mais virales – là encore pour éclairer un domaine encore fort mal connu chez l’homme. ■ Grâce à ce poisson, nous mettrons peut-être en évidence des phénomènes qui sont devenus « plus discrets chez les mammifères. »
NAISSANCE ET PARCOURS DES CELLULES DU SANG >Karima Kissa-Marin Deux vagues chez le poisson « Il existe deux vagues de cellules précurseurs chez le poisson. La première donne les globules rouges et les macrophages primitifs qui vont coloniser le cerveau et la rétine, pour donner la microglie ; elle apparaît aux alentours de 18 heures. Une vague plus tardive, après 30 heures de développement, donnera les cellules souches hématopoïétiques définitives que l’on retrouvera chez l’adulte et qui, elles-mêmes, se différencieront en permanence. C’est cette seconde vague qui va plus tard coloniser le thymus et le rein. » Karima Kissa-Marin se passionne en particulier pour l’émergence et le comportement des cellules souches issues de la seconde vague. « Pour cela, nous effectuons des transplantations cellulaires. Après avoir prélevé une seule cellule d’un embryon donneur fluorescent, nous la transplantons dans un embryon * L’hématopoïèse est le processus qui permet la formation et le renouvellement de toutes les cellules du sang. PASTEUR LE MAG’Dans l’unité de Philippe Herbomel, Karima Kissa-Marin travaille notamment avec Emi Murayama. « Nous nous intéressons à l’origine des cellules souches, ainsi qu’à leur voyage depuis leur lieu d’apparition près de l’aorte, jusqu’aux organes successifs de l’hématopoïèse*. Grâce à la transparence de l’embryon du Danio et à l’utilisation de marqueurs que nous pouvons photo-activer in vivo, nous suivons à la trace les cellules. Nos travaux ont ainsi permis la visualisation pour la première fois, de la colonisation du thymus par les lymphoblastes. » Autre avancée : la localisation chez le poisson de l’origine de ces cellules souches et de leur voyage. Dans la région du tronc, elles émergent entre l’aorte et la veine. « Nous analysons la façon dont elles vont se multiplier et coloniser les organes hématopoïétiques : nous avons découvert que la queue contenait un stroma qui constitue l’équivalent du foie fœtal chez la souris et l’homme ; puis le thymus, comme chez la souris et l’homme ; et enfin le rein, équivalent de la moelle osseuse chez la souris et l’homme ». receveur sauvage. Jour après jour, nous suivons in vivo le devenir de cette cellule fluorescente : sa multiplication, sa différentiation et la migration de sa descendance. C’est grâce à la transparence du poisson et aux techniques de transplantations cellulaires et d’imagerie dynamique que nous espérons comprendre l’origine et le devenir des cellules souches. » Vers une thérapie cellulaire ? L’équipe s’intéresse aux voies de régénération du système immunitaire. « Dans un but thérapeutique, nous souhaiterions mieux caractériser les mécanismes moléculaires gouvernant le maintien des cellules souches dans un état indifférencié ou au contraire les facteurs environnementaux favorisant l’engagement des cellules souches vers la différentiation en une sous-population cellulaire du sang. » thymus veine œil cerveau oreille >Les pointillés blancs, bleus et roses retracent les migrations respectives de trois précurseurs de lymphocytes T de la périphérie jusqu’au thymus naissant. (Microscopie confocale, Karima Kissa.) aorte cellules souches hématopoïétiques >Embryon de 3-5 jours. (Microscopie confocale.) PASTEUR LE MAG’35 Janvier 2009



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