Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de jan/fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, Prix Nobel 2008.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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• un « traitement du lendemain ». Parviendra-t-on à guérir du sida ? L.M. On arrivera vraiment à une guérison lorsque le système immunitaire sera en mesure d’achever le travail entrepris par le traitement chimique. Même pendant la trithérapie, le système immunitaire n’est pas 10 PASTEUR LE MAG’Janvier 2009 LIGNES DE FORCE en pleine capacité d’intervention, la restauration des défenses est progressive mais incomplète. PLM’. C’est l’objectif des vaccins thérapeutiques ? L.M. Ce type de vaccin devra être administré en complément du traitement, >Particules du virus du sida (VIH) bourgeonnant à la surface d’un lymphocyte. (Microscopie à balayage, 2008. Nathalie Sol-Foulon et Olivier Schwartz, unité Virus et immunité ; Marie-Christine Prevost, plate-forme de Microscopie ultra-structurale). UN SONDAGE PRÉMONITOIRE donc dans une période ou les lymphocytes TCD4 remontent et où il y a relativement peu de cellules infectées par le virus qui circulent dans le sang. PLM’. Que faire, en attendant ? L.M. C’est complexe. Il faut prendre en compte la situation en Afrique. Le problème majeur, c’est que peu de gens acceptent de se faire dépister. Sinon, du fait de l’aide internationale, des médicaments peu chers, voire gratuits, sont accessibles à des patients, à condition qu’ils soient déclarés bien sûr. Mais c’est une minorité. La plupart des personnes ne veulent pas savoir si elles sont infectées, avant de tomber malade et d’arriver ainsi tardivement à l’hôpital. Avant, ils auraient continué à transmettre le virus. S’ils étaient dépistés, ils auraient eu des problèmes dans leur famille, leur travail. Le sida pose des problèmes culturels, sociaux et économiques. C’est pour ces raisons que c’est souvent un sujet tabou en Afrique. L’information se fait, jusque Il y a un an Elie Wollman nous avait raconté comment il avait contribué à votre entrée à l’Institut Pasteur. Il interrogeait les divers virologues étrangers qu’il rencontrait, leur demandant quel était leur collègue français de prédilection. Ce fut à l’origine de votre arrivée ? « Effectivement, je l’ai appris par la suite. À l’époque, il existait un service des virus dirigé par Pierre Lépine [qui avait découvert un vaccin contre la poliomyélite, lire Pasteur Le Mag’n°4]. Alors qu’il partait à la retraite, Elie Wollman et Jacques Monod, directeur de l’Institut Pasteur, avaient envisagé de créer un département consacré à la virologie et m’ont demandé si je voulais en faire partie. Mes premiers entretiens ont eu lieu, initialement surtout avec Elie Wollman puis également avec Jacques Monod, François Jacob et André Lwoff. Dans la discrétion, avant une nomination officielle, parce que j’étais alors en poste à l’Institut Curie. J’ai toujours en mémoire cette rencontre avec Jacques Monod, le 11 novembre 1971, qui allait marquer un tournant décisif dans ma carrière de scientifique. » Carrière couronnée par le prix Nobel obtenu avec le Pr Françoise Barré-Sinoussi. Tous deux nous ont d’ailleurs confié associer moralement Jean-Claude Chermann, et toute l’équipe qui a travaillé avec eux, à cette distinction.
dans les écoles, mais il persiste un barrage culturel important vis-à-vis du sida. PLM’. Outre le port du préservatif, un vaccin préventif s’impose donc ? L.M. La prévention, en général, ne repose pas seulement sur un vaccin. C’est aussi, voire surtout, les changements de comportement, l’alimentation, la lutte contre les co-infections, etc. Cela vaut aussi pour le sida. Sans vaccin préventif, je considère que l’on peut déjà faire beaucoup de choses pour les populations en Afrique. On pourrait empêcher beaucoup d’infections, notamment en Afrique, en faisant que le système immunitaire des individus soit en bon état, ce qui est loin d’être le cas pour l’ensemble des populations. Parce qu’elles sont soumises à nombre d’infections : parasitoses, tuberculose, paludisme, que la malnutrition est fréquente, que l’eau potable manque, que les pratiques d’hygiène, y compris l’hygiène sexuelle, sont souvent loin d’être idéales. Autant de facteurs qui favorisent une faiblesse du système immunitaire. Ce sont des faits qui expliquent notamment pourquoi le sida est aussi important en Afrique par rapport à nous où il est resté localisé à ce que l’on appelle « les groupes à risque ». D’autres considérations plaident pour l’urgence de la mise au point de vaccins thérapeutiques. PLM’. Lesquelles ? L.M. Depuis 10 ans, d’importants progrès ont été accomplis dans l’accessibilité aux médicaments. Mais si tout le monde était traité à vie, l’impact économique serait considérable voire insurmontable. Pour cette raison, dans les pays, quels qu’ils soient, où l’on estime de 5 à 10 le pourcentage de la population infectée, un traitement à vie du sida est impossible, d’où la nécessité d’un traitement complémentaire qui permette d’arrêter à un moment donné la trithérapie. ■ @ À lire LES COMBATS DE LA VIE Mieux que guérir, prévenir (Luc Montagnier, Éditions JC Lattès, février 2008) En savoir plus sur les prix Nobel www.nobelprice.org « Prize announcements » « Nobel Prize in Medicine » PASTEUR LE MAG’Un vaccin thérapeutique efficace complémentant la trithérapie permettrait une administration limitée dans le temps et non plus à vie. À l’heure actuelle, « c’est la seule voie envisageable pour arriver à guérir. » Propos recueillis par Hugues Fleury le 3 décembre 2008, une semaine avant la remise solennelle du Nobel. Elizabeth Taylor fut l’une des premières célébrités à s’engager dans la lutte contre le sida. Après sa première visite à l’unité de Luc Montagnier (photo), elle a fait vendre aux enchères un bijou de grand prix que lui avait offert Richard Burton et en reversa le fruit à l’Institut Pasteur. D’autres ont soutenu l’Institut Pasteur dans ce combat, comme Line Renaud, Elton John, Étienne Daho qui réunit des chanteurs français pour le CD « Urgences » produit par Virgin (Jean-Louis Aubert, Pierre Bachelet, Alain Bashung, Jane Birkin, Patrick Bruel, Jacques Higelin, Francis Cabrel, Jil Caplan, Alain Chamfort, Julien Clerc, Stephan Eicher, Paul Personne, Mylène Farmer, Liane Foly, Jean-Jacques Goldman, Johnny Halliday, Françoise Hardy, Indochine, Michel Jonasz, Patricia Kaas, Marc Lavoine, Mano Negra, Pigalle et Les Garçons Bouchers, Renaud, William Scheller, Alain Souchon, Sylvie Vartan.) En 1991, un bâtiment consacré au sida et rétrovirus verra le jour ; l’ANRS et des entreprises amies ont apporté leur contribution à son financement et son équipement. Évidemment, nombre de donateurs se sont associés – comme ils continuent de le faire – aux efforts pasteuriens. PASTEUR LE MAG’11 Janvier 2009



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