Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
Pasteur Le Mag' n°7 jan/fév/mar 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de jan/fév/mar 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 5,2 Mo

  • Dans ce numéro : Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier, Prix Nobel 2008.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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>L’équipe de Françoise Barré-Sinoussi (8 octobre 2008)• LIGNES DE FORCE Au-delà de l’honneur, la responsabilité Lorsqu’elle a appris que le Nobel lui était décerné, avec Luc Montagnier, Françoise Barré-Sinoussi se trouvait au Cambodge ; elle est en effet responsable du site de recherche de l’ANRS en Asie du Sud-Est. L’intense surprise et l’émotion passées, quel fut son sentiment ? « Un immense sentiment de responsabilité. Au travers des multiples interviews et interventions sollicitées, s’impose la possibilité de faire passer des messages, que cela soit au niveau des organismes de recherche, à celui des autorités sanitaires, des ministères, à celui de nos gouvernants ou de ceux d’autres pays. Cette responsabilité doit également s’exercer auprès du grand public par rapport à la prévention, alors qu’on déplore un certain relâchement, voire une recrudescence des conduites à risque chez certaines populations. D’autre part, à un moment crucial où la recherche est en passe de connaître des réformes, son avenir en France soulève des interrogations légitimes. De plus, face à la crise économique mondiale, il y a aussi matière à s’inquiéter quant à l’engagement des grandes nations pour continuer de contribuer au Fonds mondial. Surtout si l’on veut atteindre l’objectif très ambitieux d’un accès aux traitements pour tous et toutes en 2010 – alors qu’aujourd’hui seulement 30% des patients dans le monde qui le nécessitent sont sous antirétroviraux. Il serait criminel de ne pas réussir à augmenter le nombre de patients sous traitement. À nous aussi de diffuser ce message. » Accroître les connaissances en immunologie, un impératif « Le prix Nobel ne va rien changer aux orientations de recherche de mon équipe, engagée pour essayer de mieux comprendre les mécanismes qu’il faut induire pour avoir une protection contre le VIH/sida, l’un des axes prioritaires de la recherche scientifique à l’échelle internationale aujourd’hui. Pour moi, l’immunologie fondamentale, la connaissance du dialogue entre >Virus meurtriers, réalité et potentialités. les cellules de notre immunité innée et celles de notre immunité adaptative, spécifique, sera déterminante pour évaluer et savoir si on peut induire ou non une réponse protectrice. Ce dialogue, on est loin de le connaître. En cela, je considère aussi le VIH comme un outil, parce qu’il infecte certaines cellules de notre immunité spécifique mais aussi les cellules présentatrices d’antigènes, les macrophages ou les cellules dendritiques*. Il agit donc sur ce fameux dialogue. » La pluridisciplinarité à cœur « L’importance de travailler avec le milieu associatif est incontestable et j’y suis profondément attachée, pour deux raisons. La première, c’est que l’on ne définit pas nos projets de recherche de la même façon quand on se trouve au contact du milieu associatif. La seconde est que ce milieu luimême commence à devenir chercheur et à se poser des questions, certes plus en relation avec les sciences sociales et humaines, mais ce sont des composantes essentielles à associer aux recherches biomédicales. Je souhaite insister sur ce qui me tient à cœur : la pluridisciplinarité, je pense que c’est vrai pour le VIH/sida, mais aussi dans bien d’autres pathologies dans lesquelles l’Institut Pasteur est impliqué. Travailler en réseau multidisciplinaire donne la clef du succès. Cela actualise aujourd’hui la vision qu’avait Louis Pasteur, d’aller du malade à la recherche la plus fondamentale jusqu’à l’application de la recherche et de faire sans cesse des allers (*) En 2003, 5 millions de personnes ont été nouvellement infectées par le VIH et 3 millions sont mortes du sida. et retours. Je pense que la recherche sur le sida telle qu’elle est faite en France par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) relève de la tradition pasteurienne la plus pure. L’Institut Pasteur est d’ailleurs l’un des membres du Groupement d’intérêt public (GIP) que constitue l’ANRS. » ■ (**) L’évolution de la virulence et de l’adaptation de virus comme ceux de la fièvre Ebola, de la variole du singe, du Sras mais surtout de la grippe aviaire pourrait affecter des populations très importantes dans le monde. (D’après Antoine Gessain et Jean-Claude Manuguerra, Pour la Science, avril-juin 2007). * Les cellules dendritiques se situent à la frontière des cellules de l’immunité innée et de celles de l’immunité adaptative ; c’est un rouage essentiel de la réponse immunitaire. « Quatre conditions du succès. Aller du fondamental à une recherche clinique, de cette recherche au fondamental, associer la recherche sociale et humaine, implémenter la recherche avec la formation et l’enseignement dans les pays du Sud. » 8 PASTEUR LE MAG’Janvier 2009
INTERVIEW• mettre au point un vaccin thérapeutique couplé aux trithérapies• développer une prévention au sens large dans les pays les plus touchés. Pasteur Le Mag’. Malgré les progrès considérables apportés par les trithérapies, le virus se tapit, prêt à se multiplier de plus belle dès qu’on le stoppe. Comment, parmi les pistes possibles, outre la découverte de l’endroit où il se réfugie, peut-on envisager de lui donner « le coup de grâce » ? Luc Montagnier. C’est ma préoccupation la plus importante à l’heure actuelle sur le sida mais il est prématuré d’en parler. PLM’. Pour cela, le retour aux recherches les plus fondamentales, en particulier en immunologie, s’impose-t-il ? Luc Montagnier. Certes mais aussi la virologie. Pourquoi le virus échappe-t-il au système immunitaire ? Il y a deux raisons. Effectivement parce que le système immunitaire est mis en pièces par le virus – à l’exception des rares sujets dans le monde dits « contrôleurs du VIH » [lire Pasteur Le Mag’n°3, « On arrivera vraiment à une guérison lorsque le système immunitaire sera en mesure d’achever le travail entrepris par le traitement chimique. » * Cellules tueuses naturelles qui ont la compétence de détruire certaines cellules infectées par des virus, sans l’intervention d’anticorps. « Sida : des cellules de survie »]. D’autre part, le virus crée des formes qui, après la trithérapie, vont être sélectionnées pour échapper au traitement. Il ne s’agit pas forcément de virus résistant par mutations mais plutôt de formes nouvelles que j’étudie à l’heure actuelle. Elles se rendent invisibles au système immunitaire… et au traitement. La caractérisation de ces formes est très importante pour éradiquer l’infection. PLM’. Doit-on prendre en compte également l’immunité innée ? L.M. Tout-à-fait, pour moi les cellules appelées « natural killers » * jouent un rôle extrêmement important. Un vaccin doit également tenir compte de cela. PLM’. Les moyens actuels ne guérissent pas l’infection, ils la traitent. Mais il y a méprise : des précautions élémentaires sont parfois abandonnées parce qu’on prend parfois la trithérapie comme PASTEUR LE MAG’Deux impératifs, selon le Pr Luc Montagnier PASTEUR LE MAG’9 Janvier 2009



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