Pasteur Le Mag' n°6 oct/nov/déc 2008
Pasteur Le Mag' n°6 oct/nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de oct/nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : des virus émergents... Chikungunya, grippe aviaire, Sras, dengue...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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PORTRAIT Comment Charlotte contracta le virus de la recherche… et celui de la dengue >Charlotte Renaudat a passé sa thèse sur l’épidémiologie des cas d’enfants atteints de dengue et hospitalisés dans le service de pédiatrie à Tahiti où elle était interne. Elle a suivi ensuite un cursus universitaire en épidémiologie avant d’être sélectionnée par l’Institut de veille sanitaire pour une formation en épidémiologie de terrain. Elle est responsable adjointe du CNR des Arbovirus depuis janvier (lire p.26). C’est lors de son internat en médecine en Polynésie française, en 2001, au moment où sévissait une importante épidémie de dengue, que Charlotte Renaudat a commencé à s’intéresser à l’épidémiologie et aux arbovirus. La santé publique est devenue sa passion, d’autant que son activité inclut la veille sur des infections virales émergentes. À notre demande, elle se confie… « Nous sommes en mesure d’intervenir sur une cinquantaine d’arbovirus potentiellement pathogènes pour l’homme. Dans les faits, nous avons déterminé ce que nous appelons un « Top 8 » des virus qui relèvent de notre centre national de référence [CNR] : les virus de la dengue et du chikungunya mais aussi ceux responsables de la fièvre West Nile, de la fièvre jaune - surtout des contrôles de vaccination et des investigations parallèles -, de la fièvre de la Vallée du Rift, de l’encéphalite japonaise - surtout chez des voyageurs et pour des contrôles de vaccination -, de l’encéphalite de Saint-Louis, une arbovirose que l’on ne rencontre que dans le Nouveau Monde, aux États-Unis. En France métropolitaine, nous sommes essentiellement en présence de cas importés de dengue et de chikungunya, des personnes de retour de voyage. Il nous arrive parfois d’être concernés par le virus Toscana, transmis par des phlébotomes. Il est présent dans le Un tableau clinique évocateur pourtour méditerranéen mais on a commencé à trouver quelques cas dans le Sud de la France. On ne connaît pas toute son importance, son ampleur. Une étude a été conduite par le laboratoire associé du CNR, le laboratoire du Pharo à Marseille et plusieurs cas sont identifiés chaque année. En fait, on se pose beaucoup de questions sur ce virus. Comme d’autres arbovirus, le virus West Nile, par exemple, il donne une fièvre estivale s’accompagnant parfois de symptômes neurologiques, voire de méningites. Chaque année, c’est à l’occasion d’investigations de cas suspects de fièvre West Nile que plusieurs diagnostics d’infection par le virus Toscana sont portés. Outre notre expertise dans le diagnostic des arboviroses, nous nous situons aux avant-postes de la surveillance et nous sommes en mesure de détecter une situation anormale. C’est notre mission de veille et d’alerte pour l’Institut de Veille sanitaire. ■ Charlotte Renaudat se souvient. « J’ai contracté la dengue en 2001 à Tahiti. Mon chef de service m’avait prévenue que c’était - avec le chikungunya - la seule maladie pour laquelle les patients sont capables de se souvenir de l’heure exacte, à la minute près, à laquelle ils sont tombés malades et ce qu’ils faisaient à cet instant. Je l’ai vécu. Une dengue typique de l’adulte, avec sensation de malaise général, immédiat, et une fièvre qui monte très brutalement, en une demi-heure. Avec des douleurs musculaires très aiguës, des courbatures de la tête aux pieds. Comme dans le chikungunya, elles sont tellement importantes qu’on a des difficultés à se tenir debout, à se déplacer. S’y ajoutent des douleurs très intenses siégeant derrière les yeux. J’ai eu de la chance. La fièvre, oscillant entre 39 et 40°, n’a duré que trois jours, au lieu de 4 à 5 généralement, et une fois la phase aiguë passée, elle est tombée. C’est à ce moment que peuvent survenir les complications, notamment les fièvres hémorragiques chez l’adulte et les fuites plasmatiques, le choc, que l’on retrouve aussi chez l’enfant. Je n’ai eu ni complications ni même, comme c’est fréquemment le cas, une très grande fatigue, qui peut persister jusqu’à 3 mois. » 40 PASTEUR LE MAG’Octobre 2008 « 
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