Pasteur Le Mag' n°6 oct/nov/déc 2008
Pasteur Le Mag' n°6 oct/nov/déc 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de oct/nov/déc 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : des virus émergents... Chikungunya, grippe aviaire, Sras, dengue...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
DES VIRUS ÉMERGENTS DOSSIER >Marc Lecuit. >Articulation infectée d’une souris. Fluorescence : noyaux des cellules en bleu, virus en rouge. (Thérèse Couderc, Marc Lecuit, groupe Microorganismes et barrières de l’hôte et Fabrice Chrétien, histopathologiste et chercheur dans l’unité Cellules souches et développement.) 16 PASTEUR LE MAG’Octobre 2008 CHIKUNGUNYA Un modèle animal pour comprendre l’infection Marc Lecuit a effectué son service national en 1993-1994, en tant que médecin volontaire à l’aide technique, à l’Institut Louis Malardé, à Papeete. (Cet institut a fait partie du Réseau international des Instituts Pasteur, de 1990 à 1999 et il continue de collaborer avec le Réseau). Dès le début, passionné par les maladies infectieuses, il a voulu comprendre leur mécanisme. « Me rendre dans un institut du Réseau était une bonne occasion d’allier médecine et recherche. J’ai débuté ainsi en pratiquant des cultures virales, des cultures cellulaires, du séquençage… Puis je suis entré en contact avec l’unité de Pascale Cossart (lire Pasteur Le Mag’n°5) où j’ai effectué ma thèse, puis un post-doctorat aux États-Unis avant d’intégrer l’Institut Pasteur ». Actuellement, il partage son temps entre son groupe de recherche, le centre national de référence des Listeria, également centre collaborateur OMS de la listériose alimentaire, à l’Institut Pasteur, et son activité médicale hospitalo-universitaire (*). (*) Université Paris Descartes, Hôpital Necker-Enfants malades ; service des Maladies infectieuses et tropicales, Centre d'Infectiologie Necker-Pasteur. « Une partie importante de l’activité du groupe de Marc Lecuit (Micro-organismes et barrières de l’hôte/Avenir InsermU604) porte sur la bactérie Listeria, qui a la particularité de franchir trois barrières chez l’homme : la muqueuse intestinale, la barrière placentaire et la barrière hémato-encéphalique d’où elle peut accéder au système nerveux central. La thématique générale du laboratoire est de mieux comprendre les interactions entre les micro-organismes pathogènes quels qu’ils soient et les barrières de l’hôte. Le virus du chikungunya (CHIKV) n’était pas connu pour donner des manifestations neurologiques ni pour infecter le nouveauné, rappelle Marc Lecuit. Lorsque nous avons su que ce pouvait être le cas, nous avons pensé que ce virus méritait d’être étudié selon les méthodes que nous avions mises en place pour la bactérie Listeria, ceci en collaboration avec nos collègues de l’Institut Pasteur, notamment le groupe de Matthew Albert, et de La Réunion. Dans notre groupe, Thérèse Couderc a développé un modèle animal qui reproduit l’infection humaine et a pu montrer comment ce virus infectait les tissus musculaires et articulaires et accédait au système nerveux central. » D’excellents contacts ont été noués avec un virologue du Groupe hospitalier Sud Réunion, Alain Michault. Il s’est intéressé au CHIKV dès le début de l’épidémie réunionnaise et a notamment mis au point une méthode de diagnostic rapide du CHIKV, en collaboration avec le centre national de référence des Arbovirus (alors à Lyon ; il a été transféré à l’Institut Pasteur en mai dernier), notamment Isabelle Schuffenecker. « Nous savions que l’infection pouvait se manifester par des formes graves chez l’homme, caractérisée par une atteinte neurologique, principalement chez les personnes âgées et chez les nouveau-nés. » Le développement d’un modèle animal était impératif Le problème de tout modèle animal d’une infection humaine, c’est que l’on peut avoir un système dans lequel le virus se réplique mais qui ne mime pas la maladie humaine. « Nous nous sommes rendu compte que les souris adultes étaient résistantes à l’infection, le CHIKV étant contrôlé dès le point d’inoculation cutané. En revanche, les souriceaux nouveau-nés comme chez l’homme, s’avèrent très
sensibles. Par ailleurs, les malades humains présentent des taux d’interféron très élevés et le virus est connu pour être un très bon inducteur de réponse interféron (lire p.14-15). » Reproduire les formes bénignes et sévères de l’infection Logiquement, le groupe a songé à des souris qui seraient moins sensibles à la réponse interféron, ceci pour sensibiliser le système. Deux approches complémentaires ont été suivies. Il y a plusieurs types d’interféron mais un seul récepteur de l’interféron dans les cellules de la souris. Il s’agissait de « casser » le récepteur, en invalidant le gène qui le code. Par des voies génétiques, il est en effet possible de ne faire produire qu’une quantité réduite du récepteur de l’interféron ou, d’empêcher totalement sa production. Dans le premier cas, l’infection se développe chez les souris adultes, mais elle est bénigne. Le virus est détecté dans le muscle, les articulations et la peau de ces souris. « En revanche, lorsque l’on stoppe complètement la voie interféron, le virus ne rencontre pas d’obstacles et le modèle donne une forme très sévère de la maladie, avec une mortalité précédée d’une infection en périphérie mais aussi au niveau du système nerveux central. Les souris complètement invalidées pour le récepteur de l’interféron ainsi que les souris nouveau-nées sauvages, constituent donc deux modèles complémentaires d’infection sévère. » En résumé, le groupe a réussi à obtenir deux modèles expérimentaux murins, l’un qui permet de mimer la maladie bénigne et l’autre la maladie sévère, en modulant l’expression du récepteur de l’interféron. Identification du fibroblaste comme cellule cible du CHIKV L’équipe a montré que les fibroblastes, cellules du tissu conjonctif, sont infectés in vivo. De plus, ces cellules, lorsqu’elles sont PASTEUR LE MAG’>Fibroblastes humains infectés par le virus du chikungunya. Les fibroblastes, des cellules du tissu conjonctif en forme de fuseau, sont les principales cibles de ce virus. Observation en fluorescence. En bleu : le noyau des cellules ; en vert : l’actine, composant du cytosquelette ; en rouge : le virus. (Thérèse Couderc, Marc Lecuit.) « Forts de cette expérience, nous allons développer d’autres modèles animaux d’infections virales et bactériennes. » • PASTEUR LE MAG’17 Octobre 2008



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :