Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : ulcère de Buruli, des pistes pour la prévention.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DES MENACES BACTÉRIENNES DOSSIER DES ALIMENTS AU CERVEAU ET AU PLACENTA >Pascale Cossart, chef de l’unité des Interactions bactériescellules, dirige également le département de Biologie cellulaire et infection de l’Institut Pasteur. Le parcours de Listeria Potentiellement mortelle La listériose est une maladie assez rare mais grave, avec des taux de mortalité élevés, de 20 à 30%, une maladie à déclaration obligatoire. « La listériose est une maladie d’origine alimentaire très particulière dans la mesure où la bactérie responsable, Listeria monocytogenes, a la capacité de traverser la barrière intestinale, de disséminer dans l’organisme infecté et d’atteindre, par exemple, le cerveau et le placenta » explique le Pr Pascale 34 PASTEUR LE MAG’Mai 2008 >Cellule infectée par Listeria monocytogenes. Observation en immunofluorescence. En bleu : marquage des protéines de surface de Listeria qui permet de visualiser les bactéries. En rouge et vert : deux isoformes de l’actine, une protéine qui forme le cytosquelette des cellules. Les Listeria utilisent l'actine cellulaire pour former des "comètes" et se déplacer à l’intérieur des cellules qu’elles infectent. (Matteo Bonazzi et Edith Gouin, unité des Interactions bactéries-cellules) Cette photographie a obtenu le premier prix d’un concours IMAGES organisé par la plate-forme d’Imagerie dynamique et l’Imagopole de l’Institut Pasteur. Cossart. Chez l'adulte, lorsqu’elle est invasive, elle se traduit principalement par une bactériémie/septicémie ou une infection du système nerveux central (méningite ou méningo-encéphalite). Chez la femme enceinte, cette infection est en général sans conséquence, du moins pour la mère elle-même ; l'infection peut passer inaperçue ou se réduire à un pic fébrile ou un épisode pseudo-grippal. En revanche, le nouveau-né infecté peut présenter des signes cutanés, une détresse respiratoire ou des signes neurologiques ; la listériose peut aussi provoquer avortement ou un accouchement prématuré. La listériose est essentiellement transmise par l'ingestion d'aliments contaminés par la bactérieL. monocytogenes. Elle est diagnostiquée principalement dans les pays industrialisés. « Listeria est qualifiée de « bactérie opportuniste » dans la mesure où elle va affecter essentiellement des individus au système immunitaire affaibli ainsi que les personnes très âgées, les nouveau-nés » ajoute Pascale Cossart. La température optimale de croissance deL. monocytogenes se situe entre 20 et 37 °C, mais elle peut se développer aux températures de réfrigération. Sa dissémination peut être favorisée par des ruptures de la chaîne du froid (entrepôts frigorifiques industriels, réfrigérateurs ménagers). Maladies bactériennes, maladies infectieuses, EN SAVOIR PLUS… Fiches sur les maladies infectieuses, communiqués de presse : www.pasteur.fr lien « Infos presse » Centres nationaux de référence et centres collaborateurs de l’OMS à l’Institut Pasteur : www.pasteur.fr lien « Santé » « L’état de santé de la population en France » (rapport 2007) - DREES : www.sante.gouv.fr/drees/santepop2007/santepop2007.htm Ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports : www.sante.gouv.fr/Institut de Veille sanitaire (InVS) : www.invs.sante.fr/
Poser le diagnostic à temps Heureusement, on peut traiter la listériose par des antibiotiques. « On utilise deux antibiotiques en association. Il s’agit d’une bactérie intracellulaire, l’antibiothérapie est assez longue et les doses sont élevées pour favoriser une bonne diffusion, notamment au niveau cérébral, précise Pascale Cossart. Le problème majeur, avec Listeria, c’est le diagnostic. Il doit être posé de façon extrêmement précoce pour empêcher les séquelles neurologiques que cette maladie peut provoquer. » La prévention habituelle repose sur des règles d’hygiène alimentaire élémentaires : éliminer les aliments périmés, laver les aliments qui doivent l’être, respecter les règles de conservation par le froid dans son réfrigérateur. Détections en série La maladie évolue sous forme de cas sporadiques, auxquels peuvent s'ajouter des cas groupés voire des épidémies. En 2006, sur l’ensemble de la France, la Déclaration obligatoire a permis de recenser 290 cas (dont 277 en France métropolitaine). On a déploré 56 décès d’adultes et 11 cas de mortalité néonatale et fœtale. Le groupe Microorganismes et barrières de l’hôte, dirigé par Marc Lecuit, héberge le centre national de référence (CNR) des Listeria et le centre collaborateur de l’OMS pour la listériose d’origine alimentaire. Ses travaux portent notamment sur la caractérisation des souches deL. monocytogenes épidémiques ou issues de différentes filières alimentaires. En collaboration avec l’unité de Génomique des micro-organismes pathogènes, le CNR a mis au point une méthode performante utilisée depuis en routine dans le processus de caractérisation des souches pour la détection des cas groupés de listériose. Certaines bactéries plus faciles à étudier que d’autres constituent des modèles pour comprendre des phénomènes fondamentaux. C’est le cas deL. monocytogenes pour l’étude des bactéries intracellulaires responsables de maladies intestinales. Listeria démasquée L’unité des Interactions bactériescellules, dirigée par le Pr Pascale Cossart se penche sur les toutes les étapes précoces de l’infection et en particulier sur les mécanismes de pénétration des cellules par Listeria. Pour Pascale Cossart : « L’étude de l’infection sur des modèles animaux apporte des informations précieuses. À l’Institut Pasteur, un modèle animal a été particulièrement adapté à l’étude de la listériose : des souris transgéniques exprimant un récepteur humain et que l’on peut infecter par voie orale. L’infection est maintenant observée chez l’animal vivant par bioluminescence. » En quelques années, l’équipe de Pascale Cossart, avec Marc Lecuit en particulier, a pu élucider des mécanismes de traversée des barrières de l’hôte : la barrière intestinale et la barrière foeto-placentaire. Elle avait coordonné aussi, avec l’unité de Génomique des microorganismes pathogènes, le séquençage complet du génome deL. monocytogenes, dans le cadre d’un consortium européen, et celui du génome de Listeria innocua, espèce très voisine et non pathogène. « Nous avons utilisé ensuite les informations venant du génome pour identifier les facteurs de virulence de la bactérie, conclut Pascale Cossart. Récemment, nous avons pu mettre en évidence un nouveau mécanisme utilisé par les bactéries pour échapper au mode de défense inné des cellules. » ■ PASTEUR LE MAG’En mars dernier à Bruxelles, le consortium européen VIRLIS coordonné par Pascale Cossart a été distingué par le prix européen René Descartes qui récompense chaque année des travaux collaboratifs internationaux d’excellence. Ce prix a honoré les travaux sur les bases cellulaires et moléculaires de la virulence de Listeria monocytogenes. VIRLIS associait sept autres groupes dont l’unité pasteurienne de Génomique des microorganismes pathogènes (Carmen Buchrieser et Philippe Glaser). Maladies bactériennes, maladies infectieuses, EN SAVOIR PLUS… Rapport sur la santé dans le monde en 2007 - UN AVENIR PLUS SÛR La sécurité sanitaire mondiale au XXI e siècle Organisation mondiale de la santé : www.who.whr/int/fr/Infections nosocomiales, lire les « Informations grand public » présentées par le CCLIN de Paris-Nord : www.cclinparisnord.org/Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) : www.afssa.fr PASTEUR LE MAG’35 Mai 2008



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