Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : ulcère de Buruli, des pistes pour la prévention.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DES MENACES BACTÉRIENNES DOSSIER « Les antibiotiques pas automatiques » La campagne qui s’est déroulée s’est avérée efficace sur la consommation en antibiotiques. Elle vise principalement la résistance bactérienne. Tous les experts en sont préoccupés, y compris à l’Institut Pasteur, mais cela procède essentiellement d’une préoccupation de spécialistes et pas d’une quantification du poids, de l’impact réel de la résistance, y compris à venir. En effet, certains scientifiques redoutent l’émergence de bactéries totalement résistantes, y compris aux antibiotiques de dernier recours. Cette préoccupation a commencé à mobiliser, y compris les politiques, jusqu’à ce qu’un plan ait été mis en place pour préserver l’efficacité des antibiotiques. « À la suite de cela, est née une alliance objective entre la préoccupation de l’Assurance-maladie – les exigences économiques -, et celle des experts, scientifiques et médecins, qui a abouti à « Les antibiotiques, c’est pas 22 PASTEUR LE MAG’Mai 2008 Après la campagne, on a observé une baisse de 23,4% de la prescription des antibiotiques, proche de l’objectif de 25%. Les enfants de moins de 6 ans ont été les principaux bénéficiaires de cette baisse. automatique », se réjouit Didier Guillemot. Ce plan est le fruit d’une convergence d’intérêts et d’objectifs. » Cette campagne a abouti à diminuer l’usage des antibiotiques, à la fois auprès des médecins prescripteurs, en ville et à l’hôpital, et du public. Après la campagne, on a observé une baisse de 23,4% de la prescription des antibiotiques, proche de l’objectif de 25%. Les enfants de moins de 6 ans ont été les principaux bénéficiaires de cette baisse. « En revanche, pour prendre un exemple de conséquences non évaluées, on ne sait toujours pas quelles peuvent être les conséquences d’une infection à staphylocoque résistant dans une prothèse de hanche ou de genou », regrette Didier Guillemot. Des défis à relever En termes de recherche, se pose le problème de savoir ce qui fait qu’une bactérie résistante est épidémique et qu’une autre bactérie résistante ne l’est pas. C’est certainement un défi scientifique important, qui combine des approches fondamentales, moléculaires, génétiques et physiologies combinées à des approches épidémiologiques. Autre sujet de préoccupation : les cliniciens déclarent qu’ils ont parfois vraiment du mal à traiter les malades. Cela suffit à pointer un problème. Le manque d’innovation thérapeutique est également un handicap. Selon Didier Guillemot : « Pour investir dans ces champs-là, les industriels ne trouvent peut-être pas d’arguments susceptibles de rendre tangible l’idée d’un retour sur investissement ou alors à des prix de vente prohibitifs par rapport à ce que les États sont prêts à payer. Concernant la consommation de médicaments, tous les pays industrialisés revoient d’ailleurs aujourd’hui leurs investissements à la baisse. A contrario, des études approfondies permettant une quantification tant médicale qu’économique – à savoir une définition du marché -, des impacts de la résistance pourraient apporter des éléments suffisamment déterminants pour convaincre certains industriels de s’engager vraiment. » ■ @ Un site pour tous : www.antibiotiquespasautomatiques.com
LA COQUELUCHE n’est pas qu’une maladie pédiatrique Toute personne qui n’a pas reçu de vaccination contre la coqueluche depuis 10 ans devrait se faire vacciner. Les adultes peuvent aujourd’hui contaminer les bébés de leur entourage par la bactérie responsable de la coqueluche, voire contracter eux-mêmes la maladie. Dans le monde, on dénombre environ 70 millions de cas par an et au moins 400 000 décès. Protéger les nourrissons Si la vaccination a permis une diminution considérable de la mortalité chez le nouveau-né, la coqueluche n’est pas qu’une maladie pédiatrique. Ceux pour qui la maladie pouvait être mortelle, les nouveau-nés et les enfants, ont été vaccinés et non les adolescents et les adultes. Ceux-ci, généralement, étaient protégés. Ils s’immunisaient naturellement, par contact régulier avec la bactérie, par le biais des enfants malades. À partir du moment où l’on a protégé les enfants par la vaccination, ils n’étaient plus malades, n’hébergeaient plus la bactérie et il n’y avait donc plus de « rappel naturel » pour les adolescents et les adultes. On a constaté alors qu’adolescents et adultes pouvaient être porteurs, malades et contaminer les nourrissons de 0 à 3 mois, trop jeunes pour bénéficier du vaccin. Pour cette raison, des rappels vaccinaux étaient nécessaires. C’est devenu possible par la mise au point d’une nouvelle génération de vaccins, des vaccins dits « acellulaires ». Depuis 10 ans – et la France a été le premier pays à mettre en place cette initiative -, on vaccine les adolescents et, depuis 2004, tous les jeunes adultes en âge d’être parents ainsi que tous les personnels de santé. Diagnostiquer rapidement L’espérance de vie augmentant, le système immunitaire s’affaiblissant avec l’âge, les personnes âgées deviennent souvent le réservoir de maladies infectieuses pour les plus jeunes, les personnes à risque comme les femmes enceintes ou les immunodéprimés, par exemple. Bordetella pertussis (qui synthétise plusieurs toxines responsables de la coqueluche) est sensible aux traitements antibiotiques. Il est capital de diagnostiquer à temps. Dès qu’une personne a la coqueluche, il est trop tard pour la soigner aux antibiotiques. Mais le temps presse pour traiter tout l’entourage, famille, collectivité. La diphtérie aussi Pour la diphtérie, il en va de même. Les vaccinations ne sont pas renouvelées ; les hommes étaient à nouveau vaccinés au service militaire mais celui-ci a été supprimé ; les jeunes adultes, entre 20 et 45 ans, ne pensent pas à mettre à jour leurs vaccinations. Or, une diphtérie peut s’avérer particulièrement grave à un âge avancé. Heureusement, en France, la diphtérie est contrôlée. Il n’y a plus eu de cas depuis 1989. Mais il peut y avoir des cas importés. D’autre part, on peut voyager dans des pays où la diphtérie est toujours présente, parce que la couverture vaccinale est faible, voire où elle constitue un problème majeur de santé publique : pays de l’ex-URSS, souscontinent indien, Asie du sud-est, Afrique… D’où l’intérêt aussi de consulter un médecin avant de partir ou de s’informer sur l’état sanitaire du pays. Autre problème : les bactéries apparentées à Corynebacterium diphteriæ, par exempleC. ulcerans ouC. pseudotuberculosis peuvent produire aussi la toxine. On peut être contaminé par un mammifère et déclencher une maladie proche de la diphtérie si l’on n’est pas protégé. Il faut être vigilant. ■ @ Haut conseil de la santé publique www.hcsp.fr, « avis et décisions » PASTEUR LE MAG’>Bordetella pertussis. En France, l’incidence de la coqueluche est de 100 à 400 pour 100 000 chez les bébés et de 880 pour 100 000 chez l’adulte. On déplore de 5 à 15 décès par an. sur 660 personnes âgées de 60 à 97 ans, 77% étaient à jour pour la vaccination contre le tétanos, 42% pour la poliomyélite et seulement 28% pour la diphtérie*. * Selon une étude du Centre médical et du Centre de recherche vaccinale et biomédicale de l’Institut Pasteur pour « évaluer la couverture vaccinale d’une population francilienne âgée » – Février 2008 Pour connaître le dernier avis (mars 2008) du Haut conseil de la santé publique sur les recommandations vaccinales contre la coqueluche PASTEUR LE MAG’23 Mai 2008



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