Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : ulcère de Buruli, des pistes pour la prévention.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 22 - 23  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
22 23
DES MENACES BACTÉRIENNES DOSSIER Résistance implications et conséquences En 2003, les Prs Guillemot, de l’Institut Pasteur et Jean-Claude Désenclos, de l’Institut de Veille sanitaire avaient organisé un colloque sur le thème « Conséquences de la résistance bactérienne ». Ces conséquences n’étaient pas quantifiées, en termes de morts, de handicaps, d’impact sur la santé publique et d’économie de la santé. Elles ne le sont toujours pas. Que pourrait-on en attendre ? P our Didier Guillemot, il faudrait suivre des approches épidémiologiques rigoureuses s’inspirant de celles adoptées en pharmacovigilance pour les médicaments. « Il s’agit de distinguer ce qui est imputable et ce qui est attribuable à des bactéries résistantes, deux termes qui ont un sens différent en épidémiologie. » Résistance et décès « Imputable » a une connotation individuelle qui relève d’une démarche médicale. Didier Guillemot prend l’exemple d’un patient atteint d’hémorragie digestive et hospitalisé. « Le clinicien l’examine, conduit un entretien et essaie de savoir s’il a pris des médicaments. Il se trouve que ce patient a pris des antiinflammatoires non stéroïdiens. Le médecin va engager une procédure d’imputabilité, en déclarant l’événement au centre de pharmacovigilance où l’on va se demander s’il est possible, probable, très peu probable, certain, que ce médicament soit incriminé dans l’hémorragie digestive. Cette approche est menée en fonction de ce que l’on sait du médicament, de la séquence de l’événement (à quel moment a été pris le médicament, etc.). » 20 PASTEUR LE MAG’Mai 2008 Il serait important de suivre une démarche similaire dans le domaine des infections nosocomiales pour des morts imputables à la résistance bactérienne. « À chaque décès, ajoute Didier Guillemot, il faudrait évaluer tous les facteurs liés à l’individu, à ses pathologies, ses traitements, les caractéristiques de la bactérie à l’origine de l’infection, etc. C’est d’autant plus difficile que ce sont les patients les plus malades qui sont victimes d’infections à bactéries résistantes. Plus ils sont malades, plus ils encourent le risque de mourir. Difficile alors de savoir si c’est l’infection nosocomiale elle-même qui est responsable de la mort. Personne ne s’attache vraiment à suivre cette démarche. » « Attribuable » se rapporte non plus à un individu mais à une population. Didier Guillemot explique que : « ici, l’étude est menée à l’échelle de tous les décès d’un groupe dans lequel on va examiner tous les cas qui présentaient une infection à une bactérie résistante et ceux qui avaient une infection à bactéries non résistantes. On va établir alors ce que l’on appelle « un rapport de risque » à partir duquel, on va calculer la fraction de décès attribuable à une bactérie résistante. » Pour mener à bien des études aussi vastes, forcément coûteuses, il faudrait une démarche épidémiologique soutenue par une volonté politique, au-delà du succès remporté par la dernière campagne de modulation de la consommation en antibiotiques. Suite page 22 >Le Pr Didier Guillemot est chef de l’unité de Pharmaco-épidémiologie et maladies infectieuses à l’Institut Pasteur, associée au réseau « Pharmacoépidémiologie et évaluation de l'impact des produits de santé sur les populations » de l’Inserm. Il préside par ailleurs le groupe de travail sur le Suivi de l’usage et la recherche dans le cadre du Plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques.
Comment se transmettent les infections nosocomiales ? Les infections peuvent être directement liées aux soins dispensés au patient (par exemple l'infection sur cathéter) ou simplement survenir lors de l'hospitalisation, indépendamment de tout acte médical (par exemple une épidémie de grippe). Il existe plusieurs types d'infections nosocomiales relevant de modes de transmission différents : • Les infections d'origine « endogène » : le malade s'infecte avec ses propres micro-organismes, à la faveur d'un acte invasif et/ou en raison d'une fragilité particulière ; • Les infections d'origine « exogène » : les microorganismes ont pour origine les autres malades (transmission croisée entre malades ou par les mains ou matériels des personnels), les personnels ou la contamination de l'environnement hospitalier (eau, air, équipements, alimentation...). INFECTIONS NOSOCOMIALES Une infection est dite « nosocomiale » lorsqu’elle apparaît après un délai de 48 heures suivant l’admission en établissement de soin. PASTEUR LE MAG’Toutefois, pour les infections du site opératoire, ce délai est étendu à 30 jours suivant l’intervention, ou, s’il y a mise en place d’une prothèse ou d’un implant, dans l’année qui suit l’intervention. Par ailleurs, des infections tardives peuvent survenir alors que les gens sont sortis de l’hôpital. Or, c’est bien là qu’ils les avaient contractées. Ce sont bien des infections nosocomiales. La majorité des infections nosocomiales est due à des bactéries. Outre les nombreux dispositifs mis en place, l‘environnement des patients est extrêmement surveillé dans les hôpitaux : l’air que les patients respirent, les aliments qu’ils consomment, l’eau, les sols, les surfaces… La même attention est portée à l’hygiène des mains, aux vêtements des personnels, à l’hygiène corporelle des patients, à l’asepsie des divers instruments et appareillages… et bien sûr à l’usage des antibiotiques. Quelle peut-être la gravité d'une infection nosocomiale ? Toutes les infections n’ont pas la même gravité. Cette gravité dépend, d’une part de l’état du patient et d’autre part, de la virulence de l’agent infectieux. Plus le patient est fragilisé, plus l’infection sera grave. Les infections urinaires, qui représentent les infections nosocomiales les plus fréquentes, ne sont en général pas graves. En revanche, certaines infections pulmonaires ou certaines septicémies (infections provoquées par des agents pathogènes présents dans le sang) peuvent être très graves et parfois entraîner la mort. Quelles sont les infections nosocomiales les plus courantes ? La dernière enquête de prévalence des infections nosocomiales menée en 2006 en France montre que les infections les plus fréquentes touchent l’appareil urinaire (30%), les voies respiratoires (la pneumopathie représente 15%) et le site opératoire (intervention chirurgicale) 14%. (Source : ministère de la Santé, de la Jeunesse et des Sports ; dossier de presse 30 janvier 2008, extraits.) PASTEUR LE MAG’21 Mai 2008



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :