Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : ulcère de Buruli, des pistes pour la prévention.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
DES MENACES BACTÉRIENNES DOSSIER Comment se transmet la résistance ? >Cycle de division bactérienne. >Transfert d’un plasmide par conjugaison. UN PHÉNOMÈNE INFECTIEUX ET EXPONENTIEL TRANSMET LA RÉSISTANCE D’UNE BACTÉRIE À L’AUTRE. @ Communiqué de presse www.pasteur.fr - lien « Info Presse » 16 PASTEUR LE MAG’Mai 2008 La résistance se transmet entre bactéries selon deux grandes voies. 1 La bactérie « mère » résistante se divise et donne naissance à deux cellules-filles identiques qui, elles-mêmes, se scinderont en deux « copies conformes », etc. De là découle une population de bactéries toutes identiques, y compris au niveau génétique. Une bactérie résistante donnera toute une population de descendantes dotées des mêmes propriétés. Les bactéries disséminant entre mammifères, il s’agit donc d’un phénomène infectieux et exponentiel. 2 Deuxième voie possible, des bactéries fusionnent et échangent un plasmide porteur de gènes codant des protéines de résistance. Le plasmide passe de l’une à l’autre en déroulant son ADN. C’est donc un ADN simple brin qui est transféré de la donatrice à la réceptrice. Simultanément, le brin complémentaire est synthétisé chez la réceptrice et chez la donatrice. À la fin du processus, la bactérie réceptrice possède donc le même plasmide que la bactérie donatrice (une copie en double brin d’ADN comportant l’information génétique pour la résistance) et peut se comporter à son tour comme donatrice. La bactérie donatrice, elle, a gardé une copie du plasmide. Il s’agit là encore d’un phénomène infectieux, parce que l’information génétique est disséminée de bactérie en bactérie mais également exponentiel, parce qu’un plasmide porteur de la résistance donne deux plasmides porteurs qui euxmêmes seront transmis, etc. Il existe une troisième voie de transmission, faisant intervenir les intégrons, trop complexe pour être évoquée ici. Le communiqué de presse qui évoque des travaux pasteuriens à ce sujet est accessible sur le site de l’Institut Pasteur : « Révélation des bases moléculaires de l'acquisition de multirésistances aux antibiotiques » (27 avril 2006).
La mondialisation Des plans nationaux font progresser la situation, notamment en influant sur les prescriptions antibiotiques. Néanmoins, divers exemples montrent que la résistance a atteint une dimension planétaire. La Finlande a mené une politique très prudente dans l’utilisation d’une classe d’antibiotiques particulière. Quelque temps après, des mini-épidémies avec des souches de salmonelles et de Campylobacter résistantes à ces antibiotiques sont apparues. C’est l’importation de poulets du Sud-Est asiatique qui en était à l’origine. Ils avaient reçu les antibiotiques « écartés » par la Finlande, d’où une sélection de bactéries résistantes chez ces volatiles puis des diarrhées chez des personnes qui se sont contaminées avec ces souches résistantes. Patrice Courvalin s’insurge : « La santé publique devrait préempter la mondialisation des échanges. Il faudrait que les questions de santé publique soient prises en considération avant celles d’échanges de denrées ou d’aliments divers. La prudence est de rigueur pour ne pas accroître la dissémination de bactéries résistantes. Les possibilités offertes par les techniques de biologie moléculaire modernes devraient être appliquées pour que les denrées risquant d’être incriminées soient dédouanées de tout risque infectieux. La prévention a, certes, un coût, mais les épidémies encore plus ! » ■ La résistance jusque dans des régions désertiques La résistance est partout. Une étude suédoise publiée*en janvier dernier a fait état de dissémination de souches de Escherichia coli multirésistantes (à 14 sur 17 antibiotiques testés) chez des oiseaux dans des régions reculées en… Arctique. Cette étude montre une dissémination passive des bactéries par les oiseaux migrateurs et une grande stabilité de la résistance, jusqu’en Arctique, puisqu’il n’y a pas de pression de sélection antibiotique. *Emerging Infectious Diseases, publication des Centers for Diseases Control and Prevention. Travaux dirigés par Björn Olsen, de l’université d’Uppsala. PASTEUR LE MAG’> Colonies de bactéries sur un milieu gélosé supplémenté avec du sang de mouton. Les bactéries ont lysé (détruit) les globules rouges (taches blanches). À gauche, staphylocoques. À droite, halo d'hémolyse de type ß des streptocoques du groupe A. > La Sterne arctique est l'oiseau migrateur qui accomplit le plus long périple, d'un pôle à l'autre. PASTEUR LE MAG’17 Mai 2008



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :