Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
Pasteur Le Mag' n°5 mai/jun/jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mai/jun/jui 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 2,9 Mo

  • Dans ce numéro : ulcère de Buruli, des pistes pour la prévention.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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DES MENACES BACTÉRIENNES DOSSIER La résistance des bactéries aux antibiotiques Une menace de taille n 1936, les pasteuriens Thérèse et Jacques Tréfouël, Daniel Bovet et Federico Nitti avaient démontré l’action antiinfectieuse des sulfamides, les premiers agents antibactériens utilisables en thérapeutique, qui ont été prescrits dès l’origine à l’hôpital de l’Institut Pasteur (cf. Pasteur Le Mag’n°4). En 1942, les antibiotiques prirent le relais, avec 8 PASTEUR LE MAG’Mai 2008 Si la très grande majorité des bactéries sont inoffensives ou même vitales pour l’espèce humaine, certaines s’avèrent pathogènes, parfois extrêmement virulentes. La résistance des bactéries aux antibiotiques est aujourd’hui un phénomène planétaire et les multirésistances sont préoccupantes, pas uniquement dans les établissements de soins. Elles ont disséminé dans les populations. E >Staphylocoques. la mise sur le marché de la pénicilline G. Dans un premier temps, on crut disposer d’une arme absolue, mais, très rapidement, chaque apparition d’un nouvel antibiotique s’est accompagnée de l’émergence de bactéries résistantes. Cet échappement de certaines bactéries aux antibiotiques avait d’ailleurs été prédit dès 1945 par Alexander Fleming, « l’inventeur » de la pénicilline G. Malgré tout, il s’agissait d’un progrès considérable pour la santé humaine. L’une des bactéries les plus pathogènes, Staphylococcus aureus (communément connu sous le nom de « staphylocoque doré »), est devenue l’une des plus résistantes. En 1946, un hôpital du Royaume- Uni signalait que 14% des souches de S. aureus étaient résistantes à la pénicilline G. La résistance s’est propagée au point d’atteindre, dès les années 1990, 80% dans la population et… 95% dans la majorité des hôpitaux. Aujourd’hui, les SARM (S. aureus résistant à la méticilline) sont omniprésents.• « Très rapidement, chaque apparition d’un nouvel antibiotique s’est accompagnée de l’émergence de bactéries résistantes. » Mise sur le marché Apparition de résistance Pénicilline G, en 1942 S. aureus, un an plus tard Méticilline, en 1961 S. aureus, un an plus tard Ampicilline, en 1962 Entérobactéries, deux ans plus tard Céphalosporines, en 1980 Entérobactéries, un an plus tard
>Alexander Fleming signant le Livre d’Or de l’Institut Pasteur en 1946. >Penicillium notatum. Culture en boite de Pétri. Source : Gabriel Segrétain, 1970 Noter la « zone d’inhibition » (halo sans culture bactérienne) autour de la colonie de champignon. LES ANTIBIOTIQUES, EN BREF… PASTEUR LE MAG’Les premiers antibiotiques ont été isolés de cultures de champignons. Selon une idée longtemps répandue, dans la nature, des micro-organismes produiraient des antibiotiques à des fins compétitives, afin d’éliminer d’autres concurrents. En fait, il n’a pas été démontré que des colonies de bactéries de la biomasse puissent en produire naturellement des quantités suffisantes. À l’origine, les antibiotiques sont effectivement des molécules synthétisées par des micro-organismes : champignons et bactéries, notamment ceux qui vivent dans le sol. L’arsenal thérapeutique comprend maintenant des agents bactériens semi-synthétiques, obtenus à partir de la modification chimique d’antibiotiques « naturels », et des molécules entièrement synthétiques, des composés entièrement chimiques comme les sulfamides ou les quinolones. (Outre les antibiotiques, les antiseptiques, produits chimiques à usage externe uniquement, non spécifiques, à action rapide, sont également des agents antibactériens.) Un antibiotique est une molécule capable d’inhiber à faible concentration la croissance bactérienne et pas ou peu toxique à cette concentration pour les cellules de l’hôte, Globalement, in vitro, les antibiotiques agissent selon deux modes d’action. Soit ils sont bactéricides, ils tuent les bactéries, soit ils sont bactériostatiques, ils ralentissent leur croissance, leur multiplication. Toutefois la concentration à laquelle ils sont administrés peut influencer ce mode d’action. Certains bactériostatiques deviennent bactéricides à forte dose. Les différentes classes d’antibiotiques agissent selon des angles d’attaque précis (voir schéma page suivante). >Penicillium notatum. Champignon source de la pénicilline G, premier antibiotique actif contre les bactéries à Gram positif. Découvert en 1876 par Ernest Duchesne et redécouvert en 1928 par Alexander Fleming. PASTEUR LE MAG’9 Mai 2008



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