Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (181 x 239) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : regards sur une épopée, l'histoire pasteurienne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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UN CREUSET POUR LA BIOLOGIE 38• l'organisme contre des antigènes qui font partie de cet organisme lui-même, et qui peuvent avoir été modifiés par des agents pathogènes. Ce serait en effet une erreur de croire que l'organisme ne peut s'immuniser que contre des antigènes qui lui sont étrangers. La propriété, commune à beaucoup de grosses molécules, de posséder la fonction antigène, jointe au double caractère des anticorps de pouvoir être obtenus pour ainsi dire à volonté chez un animal convenablement choisi, et d'être d'une remarquable spécificité, c’est-à-dire de pouvoir se combiner à l'antigène qui suscite leur formation mais non aux autres antigènes sans similitude avec lui fait des anticorps des réactifs irremplaçables pour l'étude des antigènes, et en particulier des protéines. Cette étude est encore facilitée par la propriété très fréquente des anticorps de former spécifiquement un précipité avec l'antigène… SPÉCIFICITÉ N’EST PAS NÉCESSITÉ La spécificité n'est pourtant pas une caractéristique commune à toutes les substances ni à tous les phénomènes qui interviennent dans l'immunité. Un premier exemple est sans doute l'alexine, ou complément, découverte par Buchner, et dont le mécanisme d'action a été élucidé par le pasteurien Jules Bordet. Les « adjuvants de l'immunité », qui ne sont pas spécifiques non plus, sont de natures diverses, et sont utilisés soit pour obtenir de la part de l'animal d'expérience une plus grande production d'anticorps, soit, en médecine humaine, pour renforcer l'immunité contre certaines maladies. » ■ PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 Jules Bordet élucide le mode d’action des anticorps et du complément. En 1894, Jules Bordet entre au laboratoire d’Elie Metchnikoff grâce à une bourse du gouvernement belge. Il y restera jusqu'en 1901. (À cette date, il prend la direction de l’Institut antirabique et bactériologique du Brabant). De 1895 à 1896, il explore les mécanismes d'agglutination et de destruction bactérienne (bactériolyse) par les immunsérums, soulignant la part de l'immunité humorale dans les processus de défense antimicrobienne. Il démontre que la bactériolyse résulte de l'action conjointe de deux substances présentes dans le sérum sanguin : le complément (découvert sous le nom « d’alexine », un facteur thermolabile dépourvu de spécificité, et une substance thermostable spécifique, qu'il nomme sensibilisatrice (il s’agit des « anticorps ») parce qu'elle sensibilise le microbe à l'action bactériolytique de l'alexine. Il montre aussi que l'agglutination précédant la lyse est due à l'anticorps, sans intervention du complément. Dès 1895, il a ainsi élucidé le mode de destruction des microbes chez les sujets vaccinés. Cette découverte le conduit, la même année, à établir le principe des méthodes de sérodiagnostic in vitro – c’est-à-dire le diagnostic de la maladie par l’examen du sérum du malade – méthodes dont le principe a été appliqué par la suite à la plupart des maladies infectieuses. En 1898, il élargit considérablement le domaine de l’immunologie en montrant qu’un organisme peut s’immuniser non seulement contre les microbes, mais aussi, selon le même mécanisme, contre des cellules d’espèces animales étrangères. Comme l’immunité anti-infectieuse, l’immunité ainsi acquise est spécifique, c’est-à-dire qu’elle permet de distinguer les cellules des diverses espèces animales. Il était ainsi établi que la diversité des espèces animales se reflète dans la diversité de leurs constituants cellulaires. Cette notion fondamentale peut être considérée comme à l’origine de la découverte ultérieure des groupes sanguins et du phénomène de rejet des greffes. En 1900, il décrit la réaction de fixation de l’alexine. L’application la plus connue est celle que Wassermannen fit, en 1906, au diagnostic de la syphilis, d’où le nom de réaction Bordet – Wassermann. Jules Bordet a obtenu le prix Nobel de Physiologie ou médecine en 1919.
D’autres figures de l’immunologie Roberto Poljak (1989) LA PREMIÈRE REPRÉSENTATION TRIDIMENSIONNELLE D’ANTICORPS HUMAIN Avant d’intégrer l’Institut Pasteur, R. Poljak a été le premier à publier une représentation tridimensionnelle d’anticorps humain à partir de la cristallisation et diffraction aux RayonsX, méthode qu’il introduira à l’Institut Pasteur. C’est grâce à cette technique qu’il a pu élucider, à l’Institut Pasteur en 1986, celle d’un complexe antigène (en orange)-anticorps. De nombreuses protéines font aujourd’hui l'objet d'analyses reposant sur cette technique (lire, dans le dossier sur la tuberculose de Pasteur Le Mag’n°1, « Haute technologie, partir de la structure pour étudier la fonction »). Stratis Avrameas (1997 ; il est alors chef de l’unité d’Immunocytochimie) À L’ORIGINE DE LA TECHNIQUE ELISA À la fin des années soixante, le Pr Avrameas sera à l’origine de la mise au point de techniques immuno-enzymatiques pour le dosage, avec une grande sensibilité, de toute molécule antigénique (technique ELISA ; photo ci-contre) ou sa localisation dans une cellule ou un organe. Un autre progrès important, tant pour la recherche que pour le diagnostic. Pierre Grabar >Sérodiagnostic du sida par un test Elisa. (Jacqueline de Saint-Martin, 1994.) LE DÉVELOPPEMENT DES MÉTHODES IMMUNOCHIMIQUES De 1938 à 1946, Pierre Grabar entreprend des recherches sur les constituants des micro-organismes par l'emploi de l'électrophorèse en veine liquide et par celui des ultrasons dont il étudie le mécanisme d'action, avec ses collaborateurs, Rouyer et Prudhomme. Mais l'essentiel des recherches de Pierre Grabar a porté sur le développement de méthodes immunochimiques. Des méthodes de dosages quantitatifs, domaine dont il est l’un des principaux pionniers en France. En 1952, en collaboration avecC.A. Williams, il élabore une méthode connue sous le nom « d'analyse immuno-électrophorétique », permettant d'analyser de manière précise des mélanges très complexes d'antigènes. Plus de 30 constituants indépendants sont ainsi décelés dès la première application de cette méthode à l'analyse du sérum sanguin humain. Elle est rapidement adoptée par de nombreux laboratoires médicaux à des fins diagnostiques. > « L'idée de créer un nouveau centre pasteurien dévolu à l'immunologie moderne est due sans conteste à Jacques Monod et à Elie Wollman puis aux efforts patients et continus du Conseil d'administration… Par sa superficie, le nombre et la qualité des équipes qu'il abrite, le bâtiment Metchnikoff dote la France, après la création de Marseille Luminy, d'une des plus grandes institutions qui soit au monde dans le domaine de l'Immunologie. Les quelque 300 travailleurs, chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs qui y travailleront vont s'attaquer, en liaison étroite avec les organismes publics, l'université et les plus grands laboratoires étrangers, aux aspects fondamentaux ou appliqués d'une discipline en plein essor : qu'il s'agisse de la structure des anticorps par cristallographie, de l'analyse de la réponse immunitaire abordée sous des angles nouveaux, notamment grâce aux techniques de génie génétique, qu'il s'agisse de l'étude des antigènes d'histocompatibilité, ou que ces recherches envisagent encore le dépistage précoce des maladies infectieuses, l'immunopharmacologie anticancéreuse, la mise au point pour le long terme des vaccins antiparasitaires. » Pr François Gros, alors directeur de l’Institut Pasteur (inauguration du bâtiment Metchnikoff, en 1981). PASTEUR LE MAG’PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 39



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