Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (181 x 239) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : regards sur une épopée, l'histoire pasteurienne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 28 - 29  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
28 29
UN CREUSET POUR LA BIOLOGIE 26 VIRUS Fièvre jaune Sur la piste d’un vaccin J ean Laigret, disciple de Charles Nicolle, a mis au point le premier vaccin contre la fièvre jaune. En 1927, il est envoyé en mission à Dakar, où sévit une épidémie de fièvre jaune, pour prendre des mesures prophylactiques. La Presse médicale avait reproduit le récit de Jean Laigret en 1966 (N°47 - Hommage à Jean Laigret ; Masson Éditeur), date de sa disparition. Extraits. L’auteur évoque d’abord la grande épidémie de fièvre jaune qui sévissait à Dakar en 1927. Il avait commencé à prendre des mesures prophylactiques. « C’est ainsi qu’un matin, un passager débarqua, vint tout droit à moi, PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 se présenta : « Watson Sellards, professeur à l’Université Harvard à Boston ». Je connaissais son nom… J’avais lu qu’il avait combattu l’affirmation de Nogushi à propos de son prétendu spirochète de la fièvre jaune >Le procédé de fabrication du vaccin contre la fièvre jaune a évolué. Service de la Fièvre jaune à l’Institut Pasteur (avant 1949). >Larve d'Aedes, moustiques vecteurs de maladies comme la fièvre jaune, la dengue. François Rodhain, 1974. à Accra. Il avait contracté la maladie d’un moustique, comme tant d’autres. Comme son assistant Yung qui devait succomber quelques jours plus tard. Comme venait de mourir à Thiès, près de Dakar, mon camarade d’études le Docteur Guillet. Comme était mort en Nigeria le chef de la mission Rockefeller à Lagos, Adrian Stokes. Sellards m’expliqua que précisément il était l’ami de Stokes. Stokes, avant de mourir, avait écrit des notes dont lui, Sellards, avait eu connaissance. D’après ces notes, Stokes semblait avoir réussi à reproduire la fièvre jaune chez >Jean Laigret.
un singe d’Extrême-Orient, le Macacus rhesus... Prévoyant, Sellards en avait amené… » Ils réussirent à infecter les singes à partir du sang d’un malade, François Mayali. « Il fut facile d’entretenir la maladie de rhésus à rhésus… Ce premier contact a fait naître une amitié qui devait me lier à Sellards durant quinze ans… Nous avions installé les rhésus à l’Institut Pasteur de Dakar. » « Sellards, avec la plus amicale courtoisie, décida que cette première souche connue du virus amaril porterait le nom de « souche française ». C’est sous ce nom que cette découverte fut annoncée à l’Académie des sciences. » Jean Laigret était retourné à l’Institut Pasteur de Tunis. Les travaux qui devaient aboutir à la vaccination commencèrent aux États-Unis ; de retour à Boston, Sellards et son jeune assistant Max Theiler avaient inoculé des souris. « Elles présentèrent des paralysies. La paralysie de la souris était transmissible de souris à souris. Sellards et Theiler inoculèrent les cerveaux des souris paralysées à des rhésus. Aucun ne montra les signes ni les lésions de la fièvre jaune expérimentale... Les sérums anti-amaril neutralisèrent le virus encéphalitique et paralysigène des souris. Le virus-souris ne pouvait donc être que le virus amaril lui-même, modifié, transformé, puisqu’il ne semblait plus pathogène pour les singes. Je venais en 1931 d’entrer à l’Institut Pasteur de Tunis. Sellards m’écrivit afin de reprendre l’étude avec moi. J’en parlais à Monsieur Nicolle. Les singes inoculés par Sellards avec les cerveaux des souris paralysées faisaient vraisemblablement la fièvre jaune inapparente et il y avait des raisons de penser qu’ils étaient ainsi immunisés… J’avais réussi à dessécher les cerveaux de souris… J’avais pris comme unité virulente la quantité minima capable de provoquer la paralysie. J’arrivai ainsi à la méthode de vaccination en trois temps... Je m’étais moi-même vacciné suivant cette méthode… » Il se rend à nouveau à Dakar en 1934, lors d’une deuxième épidémie, apportant dans des bouteilles thermos réfrigérées de quoi vacciner 500 personnes et aussi « de quoi organiser un centre de production du vaccin à l’Institut Pasteur de Dakar… » Rapidement l’Institut Pasteur de Dakar dut préparer le vaccin en plus grandes quantités. « Les nombreuses prises de sang que nous avions faites pour les contrôles sérologiques confirmèrent l’immunisation progressive… Nous avions vacciné 3 500 personnes. Une seule m’avait inquiété. Un jeune pharmacien militaire, quinze jours après la deuxième vaccination, fut pris d’une fièvre élevée, de somnolence, de raideur de la nuque. C’était la première fois que je voyais une méningo-encéphalite consécutive à la vaccination contre la fièvre jaune… Cette réaction méningée évolue exactement comme les méningites lymphocytaires curables. Tout rentre dans l’ordre après trois jours. Le premier cas de Dakar, après nous avoir mis dans l’anxiété pendant trois jours, guérit de cette manière. Quant aux résultats épidémiologiques des vaccinations, ils furent aussi parfaits qu’on pouvait les espérer. En maints endroits du Sénégal, dans les mêmes maisons, dans les mêmes familles, il y eut des cas de fièvre jaune chez les non-vaccinés ; aucun des vaccinés ne prit la maladie. Le vaccin était demandé partout... Mon rôle était terminé... Grâce à ces recherches, plusieurs millions de vaccinés existaient déjà en Afrique française en 1936, lorsque les Américains s’engagèrent dans la même voie que nous ; ils préparèrent le vaccin 17 D de l’Institut Rockefeller, qu’ils ont largement répandu au Brésil et en Amérique centrale… La fièvre jaune est vaincue... Elle ne reviendra plus semer la mort et la ruine parmi les populations africaines. » ■ PASTEUR LE MAG’>UN MOUSTIQUE POUR LE DIAGNOSTIC Inoculation intrathoracique de sérum d'un patient possiblement atteint de dengue dans un moustique d'élevage. Si le diagnostic est positif le virus se multiplie dans le corps du moustique en une dizaine de jours. Mis au point pour la dengue, ce test avait été étendu à d'autres arboviroses telles que la fièvre jaune, dont le virus a également un moustique pour vecteur. (Institut Pasteur de Guyane, 1987.) Aujourd’hui, les isolements de virus chez des patients infectés par des arbovirus se font sur des cultures cellulaires de moustiques en laboratoire de sécurité. PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 27



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 1Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 2-3Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 4-5Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 6-7Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 8-9Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 10-11Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 12-13Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 14-15Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 16-17Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 18-19Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 20-21Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 22-23Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 24-25Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 26-27Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 28-29Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 30-31Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 32-33Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 34-35Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 36-37Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 38-39Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 40-41Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 42-43Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 44-45Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 46-47Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 48-49Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 50-51Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 52-53Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 54-55Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 56-57Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 58-59Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 60-61Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 62-63Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 64-65Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 66-67Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 68-69Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 70-71Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 72-73Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 74-75Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 76-77Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 78-79Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 80-81Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 82-83Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 84-85Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 86-87Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 88-89Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 90-91Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 92-93Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 94-95Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 96-97Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 98-99Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 100-101Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 102-103Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 104-105Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 106-107Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 108-109Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 110-111Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 112-113Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 114-115Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 116-117Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 118-119Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 120-121Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 122-123Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 124-125Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 126-127Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 128-129Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 130-131Pasteur Le Mag' numéro 4 jan/fév/mar 2008 Page 132