Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (181 x 239) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : regards sur une épopée, l'histoire pasteurienne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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112 E PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 ESSAIMER DANS LE MONDE ENTIER n 1909, Charles Nicolle fit une découverte d’une telle importance sur le typhus exanthématique, fléau redoutable, que Jean Rostand n’hésita pas à affirmer que « Jamais il n’y aura assez de gloire et de gratitude pour ces hommes - tel Charles Nicolle - qui, sans faire couler le sang humain, ont su changer le cours de l’Histoire ». Ses travaux sur le typhus lui valurent le prix Nobel en 1928. Ses apports en parasitologie, en particulier sur les leishmanioses, furent importants, d’autres recherches, évoquées ici sont moins connues. Plus généralement, dans sa recherche de la connaissance, dans l’accomplissement de sa vocation, il fit preuve de ses qualités d’expérimentateur, d’observateur, mais aussi d’organisateur et de formateur. LE DEUXIÈME INSTITUT PASTEUR HORS MÉTROPOLE En 1893, Louis Pasteur envoie Adrien Loir, son neveu, en mission à Tunis. Cette mission aboutit à la création d’un Institut Pasteur. Outre la lutte contre la variole, la diphtérie et la rage, Adrien Loir se préoccupera également de celle contre le choléra. Au bout de quelques années, il est amené à exercer d’autres fonctions, hors de Tunisie. Charles NICOLLE Nicolle s’attaque au paludisme et obtient d’emblée des résultats par la mise en place de mesures prophylactiques. Quelques mois seulement après son arrivée, il précise la nature de certaines affections fébriles alors désignées sous l’appellation vague de « fièvres du pays ». Il montre qu’elles sont imputables à un microbe découvert à Malte et en Italie, que la contamination se fait par l’intermédiaire de la chèvre et que l’atteinte des cheptels est consécutive aux imporun pionnier >Charles Nicolle administrant un vaccin antirabique [1904]. L’insuffisance des locaux et des équipements avait conduit le gouvernement de la Régence, avec l’accord de l’Institut Pasteur, à envisager la construction d’un Institut Pasteur digne de ce nom. Le 1 er janvier 1903, Charles Nicolle est nommé officiellement directeur du futur Institut. AGIR TOUS AZIMUTS Avant même que les nouveaux locaux ne soient achevés, Charles
tations maltaises (« fièvre de Malte » ou brucellose). Dès les débuts du nouvel Institut, la vaccination antivariolique, la sérothérapie antidiphtérique, la vaccination antirabique, sont appliquées à grande échelle et toutes sortes d’analyses médicales sont effectuées. Charles Nicolle envoie des missions dans toutes les régions de Tunisie où lui sont signalées des épidémies : typhus exanthématique, fièvre récurrente, fièvre typhoïde, dysenterie bacillaire, peste, choléra... Il entreprend également des campagnes systématiques de vaccination antivariolique dans les villes et le bled, ce qui aboutira à une éradication de ce fléau. Il organise la lutte permanente contre les foyers de paludisme, fièvre méditerranéenne, trachome, ankylostomiase, bilharziose… L’Institut Pasteur devient rapidement une véritable plaque tournante pour la santé publique en Tunisie et de multiples collaborations s’instaurent entre le corps médical et les équipes pasteuriennes. INFECTIONS INAPPARENTES ET FIÈVRES À RECHUTE Charles Nicolle introduit une notion nouvelle en pathologie, celle des infections inapparentes. Il avait observé que les animaux auxquels on inoculait des germes pouvaient ne présenter aucun symptôme mais que leur sang, inoculé à d’autres animaux, leur transmettait la maladie. La maladie, si elle n’était pas décelable chez les animaux de départ n’en était pas moins contagieuse. L’infection inapparente évolue comme une maladie normale, mais « en silence », contrairement à l’infection latente qui, elle, n’est pas évolutive mais peut réapparaître à tout moment. Charles Nicolle, avec Charles Lebailly, avait observé cela pour le typhus, mais, plus tard, on s’apercevra que ce phénomène pouvait être retrouvé dans de nombreuses maladies : rougeole, coqueluche, fièvre jaune, dengue, variole, etc. Charles Nicolle élucida également le mécanisme de transmission de la fièvre récurrente, ou « fièvre à rechutes ». Deux pasteuriens, Sergent et Foley, avaient réussi, en 1908, à transmettre la fièvre récurrente à des singes en leur inoculant des broyats de poux prélevés sur des malades. Avec ses collaborateurs, Charles Nicolle a mis en évidence le devenir des spirochètes dans l’insecte. L’équipe a montré ensuite qu’il fallait, pour que l’homme soit contaminé, que le tégument de l’insecte soit d’abord >Charles Nicolle s’est intéressé très tôt à la « fièvre de Malte » (brucellose) [1908]. endommagé pour que les spirochètes puissent pénétrer soit par des lésions de la peau soit en souillant les doigts. Si l’insecte est intact ou si la peau ne présente pas de lésion, la transmission de la fièvre récurrente n’a pas lieu. D’autres maladies dues aux spirochètes ont été étudiées par Charles Nicolle. En particulier, il montra que certaines spirochétoses pouvaient être véhiculées par les tiques. Enfin, autre contribution d’importance, Charles Nicolle, avec Ernest Conseil, avait mis au point un moyen de protection contre le typhus reposant sur l’injection du sérum de convalescents. Il appliquera cette méthode à d’autres maladies telle la PASTEUR LE MAG’Charles Nicolle fut l’âme de l’Institut Pasteur de Tunis, pendant 33 ans... rougeole, qui faisait alors des ravages en Afrique du Nord. Rares sont les maladies méditerranéennes pour lesquelles Charles Nicolle n’aura pas contribué à faire progresser les connaissances : trachome, conjonctivites, lèpre, peste, choléra, dysenterie bacillaire, affections helminthiques, et même grippe. En 1918, lorsqu’apparaissent les premiers cas de pandémie grippale en Tunisie, il démontre, avec Ch. Lebailly, que l’agent de cette maladie est un virus filtrant, et propose le terme « inframicrobes » pour désigner cette catégorie d’agents pathogènes. ■ PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 113



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