Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
Pasteur Le Mag' n°4 jan/fév/mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de jan/fév/mar 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (181 x 239) mm

  • Nombre de pages : 132

  • Taille du fichier PDF : 12,3 Mo

  • Dans ce numéro : regards sur une épopée, l'histoire pasteurienne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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102• PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 ESSAIMER DANS LE MONDE ENTIER particulièrement inhospitalière pour les occidentaux, et les habitants euxmêmes étaient la proie de redoutables maladies endémiques, affections intestinales diverses, dysenteries et leurs complications, paludisme, variole, choléra, peste bubonique, etc. De plus, on y suspecte des cas de rage, ce que démontrera d’ailleurs Calmette et ce contre quoi il luttera avec efficacité. CALMETTE, UNE EXTRAORDINAIRE PUISSANCE DE TRAVAIL La variole occasionnait les neuf dixièmes de décès infantiles. La lutte contre ce fléau fut une œuvre majeure de Calmette. Rage le système D scientifique D’emblée il se trouva confronté à un problème, celui de la conservation du « vaccin ». « À bord du paquebot Natal qui m’amenait à Saïgon, rapporte Calmette, tout un matériel réuni à la hâte et du virus rabique que j’entretenais en inoculant des lapins par trépanation tous les dix jours. Après avoir débarqué, j’éprouvais de très grandes difficultés. Les lapins me manquèrent pour l’entretien du virus et, dès le début des vaccinations, pour disposer en permanence des séries de moelles de virulence atténuée. J’imaginais alors de réduire le nombre de passages en utilisant cette propriété, découverte par le Dr Roux, qu’avait la glycérine de conserver pendant plusieurs semaines la virulence des cerveaux rabiques. Je me servis donc de la glycérine pour conserver les moelles atténuées par dessiccation dans l’air de flacons à potasse ». Par cette méthode, qui représentait une amélioration par rapport à la méthode originelle, il fut possible de réaliser une économie de lapins et de manipulations qui permit le fonctionnement immédiat du service antirabique de Saïgon. Cette technique fut d’ailleurs adoptée par de nombreux laboratoires. Et bientôt, non seulement des diverses provinces de Cochinchine et plus généralement d’Indochine, mais encore de Singapour, des États malais, du Siam, de Java, d’Hong¬Kong, de Chang-Haï, les personnes mordues par des animaux suspects de rage sont envoyées à Saïgon pour y être traitées. Variole Les bufflons à la rescousse Autre progrès introduit par Calmette, la vaccination antivariolique adaptée de la méthode de Jenner. Noël Bernard, pasteurien, qui fut directeur général des Instituts Pasteur d’Indochine, rapportait cet épisode des débuts de l’Institut Pasteur de Saïgon : « La variole était en Indochine l’affection endémo-épidémique qui présentait la plus large extension. Avant l’occupation française elle occasionnait les neuf dixièmes des décès infantiles. Sur cent individus examinés à l’âge de 20 ans, quatre¬vingt-quinze portaient les cicatrices évidentes d’une atteinte antérieure de la maladie. Parmi ceux qu’elle ne tuait pas, la variole faisait un si grand nombre d’aveugles que certains villages possédaient à proximité un « hameau des aveugles » entretenu aux frais de la commune. Le fait que les atteintes légères protégeaient contre toute manifestation ultérieure de la maladie avait répandu la pratique de la variolisation due à l’empirisme chinois. Cette pratique, d’une application restreinte, n’enrayait pas les épidémies. Dans les années qui suivirent l’occupation française, le vaccin animal expédié de France se montra inopérant, en raison de sa rapide inactivation sous l’influence de la température, en un temps où les moyens de conservation par le froid n’existaient pas. Le vaccin [reposant sur l’inoculation du pus des bubons d’une maladie apparentée chez la vache, la vaccine, mais bénigne pour l’homme] fut utilisé dès son arrivée sur un certain nombre d’enfants qui, devenus vaccinifères, fournissaient la pulpe nécessaire pour la vaccination de bras à bras d’un nombre de plus en plus grand de sujets. Les médecins français vaccinateurs circulaient en Cochinchine en chaloupe, en pirogue, de district en district, se faisant accompagner des mères portant dans leurs bras leurs enfants vaccinifères… L’extension réduite d’un tel mode d’immunisation ne répondait pas aux besoins du pays. Devant cette situation, Calmette fait l’essai immédiat de la technique de préparation du vaccin animal en usage dans la métropole ».•
Jean-Pierre Dedet a été chef de service dans les Instituts Pasteur de Tunis, d’Algérie, du Sénégal, de la Guyane française et à l’Institut Pasteur. Actuellement chef de service du laboratoire de Parasitologie et de Mycologie (CNRS), il dirige le centre national de référence des Leishmanioses au CHU de Montpellier. Il est l’auteur de : « Instituts Pasteur d’Outre-mer, cent vingt ans de microbiologie française dans le monde » (L’Harmattan, Paris ; prix d’Histoire de la Médecine 2002 de l’Académie nationale de médecine) « La microbiologie, de ses origines aux maladies émergentes » (Éd. Dunod, collection UniverSciences). Les Instituts Pasteur d’Outre-mer Une structure unique au monde, peu connue du public malgré son originalité, sa longévité et sa contribution à la connaissance des maladies infectieuses et à l’amélioration de la santé publique dans les pays pauvres du monde. Parmi les ex-colonies françaises, l’Indochine fut la mieux fournie en établissements de l’Institut Pasteur, avec les Instituts Pasteur de Saïgon, Nha Trang, Hanoi et Dalat, placés sous une même direction générale (Alexandre Yersin puis Noël Bernard), dans un territoire comportant, à l’époque, 25 millions d’habitants. À cet ensemble performant s’ajouta l’Institut Pasteur de Phnom Penh, en 1953. La plupart des Instituts Pasteur d’Outre-mer furent créés comme centres de traitement antirabique, souvent aussi comme laboratoires vaccinogènes ou laboratoires de fermentations. Les Instituts Pasteur d’Outre-mer commencèrent pour la plupart très modestement, simples pièces dans un hôpital colonial, puis ils prirent leur essor sous la férule d’une forte personnalité scientifique et médicale. Bien qu’hétérogènes dans leurs structures, les Instituts Pasteur d’Outre-mer avaient tous une dualité de fonction, associant recherche et activités de service. Ils ont pratiquement tous œuvré dans quatre directions principales : recherche dans le domaine de la microbiologie et des maladies infectieuses, production de sérums >Jean-Pierre Dedet. >L’Institut Pasteur d’Ho-Chi-Minh. PASTEUR LE MAG’et vaccins, actions en santé publique et formation. L’épopée pasteurienne Outre-mer fut accomplie par des centaines de médecins, vétérinaires, pharmaciens, scientifiques, chercheurs ou praticiens, aux destins exemplaires mais bien souvent méconnus, et dont l’action commune a permis l’extension de l’œuvre pasteurienne à l’ensemble du monde et tout particulièrement aux zones chaudes surpeuplées et pauvres de la terre. Si l’on voulait esquisser une ébauche de bilan sur l’œuvre des Instituts Pasteur d’Outre-mer, il faudrait souligner à la fois leur contribution à la connaissance des micro-organismes et des maladies infectieuses de l’homme, de l’animal et du végétal, la part qu’ils prirent dans la diffusion de la microbiologie dans le monde, et leur rôle considérable dans l’amélioration de la santé publique dans le monde tropical. Les Instituts Pasteur d’Outre-mer furent ` les acteurs efficaces du partage immédiat des avancées scientifiques et médicales avec les pays pauvres du monde, un point tout-à-fait remarquable. PASTEUR LE MAG’Janvier 2008 103



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