Pasteur Le Mag' n°3 sep/oct/nov 2007
Pasteur Le Mag' n°3 sep/oct/nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de sep/oct/nov 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : des hommes et des gènes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 18 - 19  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
18 19
DES HOMMES ET DES GÈNES DOSSIER ÉVOLUTION >Luis Barreiro. Des avantages acquis Les agents infectieux et notre système immunitaire suivent une co-évolution permanente. D’un côté, le pathogène va essayer de développer des mécanismes d’adaptation au système immunitaire de l‘hôte pour y échapper. De l’autre, le système immunitaire humain va s’efforcer de se réadapter à ces changements, afin de pouvoir neutraliser le microbe. C’est un champ d’exploration pour la génétique évolutive. Luis Barreiro, dans l’unité dirigée par Lluis Quintana- Murci, prépare sa thèse sur la diversité des gènes impliqués dans la réponse immunitaire innée, la première ligne de défense et d’interaction entre l’homme et les pathogènes. Ces gènes codent des récepteurs qui sont surtout exprimés au niveau des cellules phagocytaires, capables d’ingérer et de digérer des agents pathogènes, comme les macrophages ou les cellules dendritiques. Ces récepteurs reconnaissent des composés (des sucres, des lipides, des acides nucléiques, etc.) qui sont partagés par divers groupes de microbes. Cette première barrière de reconnaissance joue ensuite un rôle majeur dans le déclenchement de la réponse adaptative, avec notamment la production d’anticorps spécifiques. Les TLR (pour Toll-like receptors) représentent une famille particulièrement importante de récepteurs de l’immunité innée. Un même TLR est capable de reconnaître un spectre important d’agents pathogènes mais pas d’identifier précisément telle ou telle bactérie ou virus. Il en existe 10 chez l’homme. Une façon de comprendre leur rôle biologique dans 16 PASTEUR LE MAG’Septembre 2007 >Les gènes codant les récepteurs TLRs qui reconnaissent les virus sont très conservés aussi bien chez les humains que chez les primates non-humains. l’adaptation de l’homme à son environnement pathogénique consiste à étudier leur diversité génétique à travers le séquençage de ces gènes dans différentes populations humaines, provenant d’Afrique, d’Asie et d’Europe. « La diversité que nous retrouvons dans ces gènes témoigne de leur histoire évolutive, explique Luis Barreiro. Nous pouvons y retrouver la signature de la sélection naturelle exercée par les agents pathogènes. Ces études ne mettent pas en évidence des variations de la réponse immunitaire qui seraient propres à une population plutôt qu’une autre. En revanche, nous découvrons des adaptations locales aux pressions dues à des agents infectieux sévissant dans telle ou telle région. Il existerait une évolution génétique due à un environnement pathogénique particulier. Nous la détectons, au moins pour certains TLR. Par exemple, l’ensemble des gènes TLR 1- 6-10, qui sont localisés sur le même chromosome, présente une variabilité génétique en Europe et en Asie bien plus importante que celle observée en Afrique. C’est le résultat d’un phénomène de sélection naturelle favorisant certains allèles hors d’Afrique, qui auraient été avantageux pour la survie de ces populations face aux pathogènes. Cette observation est totalement inattendue. De plus, on sait maintenant que les individus porteurs de ces polymorphismes sont plus résistants, par exemple, contre l’agent de la lèpre, Mycobacterium lepræ. » Autre observation intéressante, si l’on compare les TLR chez l’homme avec ceux des primates non-humains, on constate que tous ceux qui reconnaissent les virus sont largement les plus conservés. Luis Barreiro fait part de son hypothèse : « Nos résultats suggèrent que les TLR qui reconnaissent des virus ne peuvent pas se permettre de muter ! Il faut qu’ils soient beaucoup plus conservés que ceux qui reconnaissent les bactéries. Nous supposons que, pendant l’évolution de l’homme, les infections virales auraient exercé une pression sélective beaucoup plus forte que les infections bactériennes. » L’approche suivie par le groupe est évolutive, un regard sur le passé pour mieux comprendre le présent… et pourquoi pas, mieux envisager le futur. n
PLUSIEURS FORMES POUR DEUX MALADIES Génétique et infections Défenses et prédispositions Le laboratoire Génétique de la réponse aux infections chez l’homme, dirigé par Anavaj Sakuntabhai, travaille sur le rôle joué par l’homme lui-même dans le survenue d’une infection par la dengue ou le paludisme. Il explore l’ensemble du génome humain pour mettre en évidence les modifications génétiques correspondant à l’expression des différents contextes infectieux. La variation génétique de la réponse immunitaire face à ces infections présente d’autant plus d’intérêt que l’objectif à long terme est de développer des moyens d’intervention comme l’immunothérapie. La dengue et le paludisme sont deux maladies infectieuses, l’une d’origine virale, l’autre due essentiellement au parasite Plasmodium falciparum. Bien que d’origine totalement différente, toutes deux présentent des similitudes. D’une part l’infection peut ne pas être accompagnée de symptômes. D’autre part, la maladie proprement dite se déclare sous différentes formes. Ces particularités sont corrélées à des profils génétiques de l’hôte. La première attente de l’exploration du génome humain pour déceler ces caractéristiques génétiques est évidente : mettre au point des diagnostics prédictifs. En d’autres termes, arriver à définir, chez tel ou tel individu, s’il est prédisposé ou non à l’une des DENGUE PALUDISME La dengue sévit dans l'ensemble de la zone intertropicale. Dans sa forme habituelle, elle se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d'incubation, en particulier par l'apparition d'une forte fièvre. En quelques jours, une brève rémission est observée, puis les symptômes s'intensifient avant de régresser au bout d'une semaine. Sous cette forme, la dengue n’est pas dangereuse, au contraire de la forme hémorragique, qui représente environ 1% des cas dans le monde. Dans ce cas, la fièvre persiste et des hémorragies multiples surviennent souvent. Elle peut s’avérer mortelle… ou la guérison peut être rapide et sans séquelles. deux infections et, s’il déclarait la maladie, sous quelle forme (lire encadré). Pourtant, l’organisme humain n’est ni passif ni invariable face à l’infection. Qu’est-ce qui va faire que certains vont « tolérer » ou non l’infection ? Qu’est-ce qui va faire que ceux qui subissent l’infection vont développer la maladie ou non ? PASTEUR LE MAG’• >Hervé Blanc, technicien supérieur de recherche et Anavaj Sakuntabhai Le paludisme déclaré débute par une fièvre 8 à 30 jours après l'infection, accompagnée ou non de divers symptômes. Des cycles alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent survenir : c'est « l'accès palustre » dont la périodicité dépend de l'espèce de parasite en cause. Elle coïncide avec la multiplication des parasites et l'éclatement des globules rouges, qui conduit également à l'anémie. Non traité, le paludisme à P.falciparum peut être fatal, notamment le neuropaludisme. PASTEUR LE MAG’17 Septembre 2007



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :