Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : vaccin & vaccinologie, l'oeuf et la poule.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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LA VACCINOLOGIE >Plasmodium falciparum 22 PASTEUR LE MAG’DOSSIER Deux candidats-vaccins contre le paludisme L’unité de Parasitologie biomédicale, dirigée par Pierre Druilhe, est partie des réponses identifiées comme protectrices chez l’homme pour mettre au point deux candidats-vaccins. L es études ont été menées à partir de prélèvements de sujets résistant naturellement au paludisme dans des zones d’endémie et des sujets infectés par le parasite du paludisme, principalement Plasmodium falciparum. « Nous avons même entrepris une épreuve de protection expérimentale en transférant des immunoglobulines [protéines parmi lesquelles se recrutent les anticorps] d’Africains adultes protégés contre le paludisme chez des enfants impaludés, en Thaïlande, précise Pierre Druilhe. C’est cette protection, conférée passivement, qui nous a permis d’identifier le mécanisme de défense, la coopération des anticorps avec les monocytes (des cellules intervenant dans la réponse innée), comme étant crucial pour la défense chez l’homme. Les études expérimentales n’avaient jamais mis en évidence un tel mécanisme dans cette infection chez l’animal. » Après cette étape, et en passant au crible l’ensemble du génome du parasite, Juin 2007 l’équipe a identifié une molécule (« MSP 3 », présente à la surface du parasite pendant son cycle sanguin, à l’intérieur des globules rouges) qui a fait ensuite l’objet d’essais vaccinaux. La même démarche a été suivie pour identifier une autre molécule, au stade hépatique du parasite (« LSA 3 »). « Dans ce cas, nous n’avons pas procédé à une protection passive par transfert mais nous avons examiné deux groupes de volontaires immunisés aux États-Unis par des parasites entiers irradiés, donc rendus inoffensifs, ajoute Pierre Druilhe. Certains étaient protégés au cours de l’essai et d’autres non. Nous avons comparé les réponses de ceux qui étaient protégés par rapport à ceux qui ne l’étaient pas et identifié ainsi la deuxième molécule, LSA 3, toujours par les caractéristiques immunes de sujets humains protégés. » Deux candidats-vaccins ont ainsi été conçus, l’un qui concerne le stade hépatique, l’autre le stade sanguin. Pour le stade sanguin, un essai clinique de phase I, pratiqué chez des volontaires européens, a montré que la molécule était bien tolérée, qu’elle était immunogène (elle induisait des réponses immunitaires). Surtout, des tests menés parallèlement in vitro ont montré que cette molécule était protectrice. Les volontaires n’ont pas été impaludés mais on a pu vérifier qu’ils avaient produit des anticorps capables de détruire le parasite en coopération avec les monocytes. Ceci aussi bien in vitro que in vivo par des transferts passifs des anticorps des volontaires chez des souris « humanisées » (un modèle mis au point dans l’unité) qui hébergent des globules rouges parasités. L’essai a été financé par un programme européen, European Malaria Vaccine Initiative, dont c’était le premier projet pris en charge. Le même candidat-vaccin est allé en phase Ib en Afrique et a été utilisé chez des volontaires adultes africains où il a montré la même innocuité. Récemment, deux autres essais ont débuté, l’un au Burkina Faso et l’autre en Tanzanie, chez le petit enfant (de 1 à 2 ans), toujours pour vérifier l’innocuité et l’immunogénicité. Il faudra attendre les résultats, avant d’entreprendre une phase II, toujours chez les petits enfants. L’essai du candidat-vaccin dirigé contre le stade hépatique du parasite (phase I et phase II) sera prochainement conduit aux Pays-Bas. Sanofi Pasteur a manifesté son intérêt pour le prédéveloppement de ces deux candidats-vaccins. ■
PASTEUR LE MAG’Cas d’école pour la vaccinologie la coqueluche Les bactéries qui évoluent, la maladie elle-même qui a changé, les vaccins modifiés, la stratégie vaccinale qui a dû être revue, la coqueluche, toujours endémique, est un cas d’école pour la vaccinologie. L a vaccination des enfants avec un vaccin coquelucheux composé de bactéries entières inactivées a été un grand succès puisqu'elle a conduit à une diminution de la mortalité et de la morbidité considérable chez les enfants. Quinze ans d’études approfondies de ce phénomène à l’Institut Pasteur en étroite collaboration avec l’Institut national de veille sanitaire et des réseaux de pédiatres hospitaliers ont eu pour conséquence de modifier en France, pour la première fois au monde, la stratégie vaccinale concernant cette maladie. En l’occurrence, l'ajout de rappels vaccinaux pour les adolescents et les adultes. En effet, en raison de la baisse de l'immunité vaccinale au cours du temps, les adultes et les adolescents contaminés peuvent transmettre la bactérie Bordetella pertussis, agent de la coqueluche, aux nourrissons de moins de deux mois. Aujourd’hui, c’est la première cause de mortalité par infection bactérienne chez ces nourrissons, que l’on ne peut encore vacciner car leur système immunitaire est immature. La France a été précurseur, pour l'utilisation de nouveaux vaccins induisant moins d’effets secondaires, car composés de protéines purifiées à la place de la bactérie entière, pour les rappels de vaccination de l'adolescent, depuis 1998, et des jeunes adultes, depuis 2004. La coqueluche n’est pas uniquement « pédiatrique ». Avoir contracté la maladie ne protège pas à vie, on peut développer celleci plusieurs fois et elle peut être très sévère chez l’adulte, et donc grave pour les personnes fragiles, la personne âgée, la femme enceinte. ■ >Bordetella pertussis. La coqueluche n’est pas uniquement pédiatrique. Avoir contracté la maladie ne protège pas à vie. Les actions de l'unité dirigée par Nicole Guiso*, portent sur l'analyse des conséquences de l'introduction d'une vaccination généralisée sur le microbe ciblé par la vaccination, l'écosystème et les populations humaines pour proposer des stratégies de prévention les mieux adaptées, sur la nature et la durée de l'immunité induite par la vaccination, sur la surveillance de l'évolution de la maladie et l'émergence d'autres infections respiratoires. Dans ce contexte, l'unité développe aussi des outils thérapeutiques et met au point des outils diagnostiques rapides, sensibles et spécifiques pour la coqueluche mais aussi pour d'autres infections respiratoires. « Outre la recherche, notre mission est d’être en mesure d’alerter immédiatement devant toute situation anormale. » * Directeur du centre national de référence de la Coqueluche et autres bordetelloses. Chef de l’unité Prévention et thérapie moléculaires des maladies humaines. Expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS). PASTEUR LE MAG’23 Juin 2007



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