Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : vaccin & vaccinologie, l'oeuf et la poule.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA VACCINOLOGIE DOSSIER Vaccin contre la shigellose des difficultés insoupçonnées Les maladies diarrhéiques font de très nombreuses victimes dans le monde. La bactérie Shigella en est l’une des principales causes, par la grave dysenterie qu’elle provoque. Chaque année, elle tue entre 600 000 et 1 million de personnes, essentiellement de jeunes enfants de moins de 5 ans. Les shigelles, transmises par voie féco-orale, colonisent les intestins. Extrêmement infectieuses, elles sont le plus souvent transmises directement, du malade à son entourage. L’équipe du Pr Philippe Sansonetti a mis au point un premier candidat-vaccin, à administration orale, élaboré à partir de souches atténuées de Shigella flexneri de sérotype 2a, prévalente sur la planète. « Elle a été étudiée entre 1995 et 1999 aux États-Unis, au centre médical Walter Reed de l’armée américaine (Fort Detrick), chez des volontaires, précise Philippe Sansonetti. Nous avons montré le niveau de la tolérance, son immunogénicité et défini les dosages pour la vaccination. » L’historique de ce candidat-vaccin et les difficultés rencontrées illustrent ce qui peut relever de la vaccinologie. Pourquoi un succès dans telle région du monde, chez des adultes, et des difficultés, dans telle autre, chez de petits enfants ? Un essai de phase II a consisté à tester des personnes vaccinées avec une souche sauvage. Toutes étaient protégées contre Shigella ou tout au moins contre la dysenterie. La moitié a cependant présenté une faible diarrhée, sans les graves conséquences d’une dysenterie. Cela prouvait qu’il est extrêmement difficile, même avec un vaccin relativement peu atténué, donc plus immunogène, d’obtenir une vaccination conférant 100% de protection sur tous les paramètres. En vaccinologie, cette difficulté était déjà connue. Par exemple, le vaccin contre les rotavirus protège heureusement contre les formes 16 PASTEUR LE MAG’Juin 2007 graves mais effectivement peu contre les formes bénignes. L’essai du candidat-vaccin pasteurien s’est prolongé par des phases II plus élargies aux États- Unis, sur des sujets adultes. Sa tolérance a été confirmée et surtout il n’était pas à l’origine de transmission de la bactérie d’individu à individu au sein des familles. Des essais cliniques phase I et phase II ont été ensuite menés au Bangladesh, avec le Walter Reed et l’Institut de recherche sur les maladies diarrhéiques à Dhâkhâ, chez des adultes, des adolescents, des enfants et de jeunes enfants (entre 1 et 4 ans). Ces études ont montré, en particulier chez les plus petits, que la >Jeunes Bengalis (Brownm39/dreamstime.com)
colonisation des intestins des sujets vaccinés par la bactérie vaccinale et l’immunogénicité étaient faibles, au moins après une seule dose. « Cela pose un réel problème pour la vaccination avec des souches atténuées dans les régions où la maladie est endémique ; le niveau de sensibilité des enfants est inférieur à celui des adultes en Occident. La bactérie vaccinale est plus facilement éliminée chez ces enfants, au détriment du pouvoir protecteur que l’on voulait conférer, déplore Philippe Sansonetti. Il va probablement falloir optimiser la colonisation par la bactérie vaccinale et s’assurer que les souches ne sont pas éliminées trop rapidement dans le tube digestif. » Deuxième découverte : l’intestin des tout petits, dans les régions d’endémie et en particulier pour des maladies entériques, n’est pas immunologiquement semblable à celui des nourrissons d’Europe ou d’Amérique du Nord. Ces jeunes enfants sont en effet soumis à des infections aiguës à répétition, bactériennes, virales, parasitaires. Du fait de cette stimulation, le niveau d’immunité de leur intestin est tel que, lorsqu’on leur donne une souche de virulence atténuée, la réponse immunitaire qui devrait lui être liée peut passer relativement inaperçue. Parce qu’ils se défendent contre la souche vaccinale, même si c’est de façon non spécifique, la réponse immunitaire attendue est en fait « brouillée ». Alors, comment évaluer l’efficacité du vaccin ? Et faut-il augmenter les doses, la posologie ayant été standardisée chez des adultes de régions préservées de ces dysenteries ? Plusieurs équipes mènent des travaux pour anticiper et « préparer le terrain ». On sait en particulier que les helminthes, des vers dont les enfants sont souvent porteurs de façon chronique, provoquent des réponses immunitaires très biaisées vers la production d’anticorps, en particulier des immunoglobulines appelées « IgE ».• PASTEUR LE MAG’UNE ORGANISATION INTÉGRÉE PERFORMANTE Depuis 2002, le Centre de recherche vaccinale et biomédicale (CRBVm), dirigé par le Dr Christine Sadorge, assure en particulier la coordination du développement des candidats-vaccins dont l’Institut Pasteur est le promoteur. Il apporte un appui méthodologique, organise et pilote les essais cliniques en lien avec les centres investigateurs, en priorité avec le CIC de vaccinologie Cochin-Pasteur. Le Centre de vaccinologie Cochin-Pasteur, dirigé par le Dr Odile Launay, est localisé à l’hôpital Cochin. Il a été labellisé Centre d’investigation clinique (CIC) par l’Insermen 2005. Seul centre français spécialisé en vaccinologie, il effectue des recherches cliniques dans le cadre de la vaccination préventive et thérapeutique dans le domaine des maladies infectieuses, des maladies immunologiquement médiées et du cancer. Ses compétences sont mises au service de partenaires académiques (en priorité l’Institut Pasteur, l’Insermet l’Université Paris Descartes) et privés. L’unité de recherche et d’expertise Immunité antivirale, biothérapie et vaccins, dirigée par Marie-Lise Gougeon à l’Institut Pasteur, développe et met en œuvre les tests immunologiques pratiqués sur les lymphocytes des volontaires enrôlés dans les essais cliniques afin d’évaluer la réponse immunitaire générée par les candidats-vaccins. Trois acteurs majeurs pour le développement de candidats-vaccins à l’Institut Pasteur. PASTEUR LE MAG’17 Juin 2007



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