Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
Pasteur Le Mag' n°2 jun/jui/aoû 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de jun/jui/aoû 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : vaccin & vaccinologie, l'oeuf et la poule.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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LA VACCINOLOGIE DOSSIER L’inégalité omniprésente L’inégalité des potentiels des pays les plus touchés et la diversité des agents pathogènes, tant dans leur nature que dans leur évolution, doivent être prises en compte pour la pertinence des approches en vaccinologie. L 8 PASTEUR LE MAG’e programme élargi de vaccination de l’Organisation mondiale de la santé a été lancé en 1974. Des millions de vies ont été préservées. Cependant, selon l’OMS, en 2000 quelque 37 millions d’enfants dans le monde n’étaient pas systématiquement vaccinés. Les inégalités sont grandes, pour des raisons géographiques, économiques voire parfois politiques. Les structures sanitaires sont disparates, avec les risques potentiels tant pour la mise en place des vaccinations, leur suivi, que pour la sécurité vaccinale. Et pourtant, la variole a été éradiquée en 1979, la poliomyélite est en passe de disparaître et sans doute aussi la rougeole. Il ne faut cependant pas baisser la garde. L’arrêt de la vaccination contre la coqueluche au Royaume-Uni, il y a une trentaine d’années, avait été suivi d’une recrudescence de la maladie. Les vaccinations de masse imposent une surveillance à l’échelle mondiale des évolutions des agents pathogènes, voire de celle des maladies elles-mêmes, pour adapter les vaccins existants aux souches qui circulent. Que dire des vaccins qui font cruellement défaut, pour le sida et le paludisme, notamment, mais aussi pour les maladies négligées* qui n’en sont pas moins des fléaux. Et celui contre la tuberculose a largement été Juin 2007 évoqué dans le numéro précédent de Pasteur Le Mag’. Malgré tous les obstacles, nul doute qu’en matière de santé publique – et d’économie – la prévention par la vaccination est plus intéressante que le traitement. L’Institut Pasteur joue un En 2000 37 millions d’enfants* n’étaient pas systématiquement vaccinés *Source OMS rôle important en vaccinologie par la qualité, reconnue dans le monde entier, de ses équipes de recherche, par ses approches et savoirsfaire. Autant d’atouts pour la vaccinologie. Le champ de la vaccinologie englobe aussi la surveillance et le diagnostic expert des maladies infectieuses – 22 centres nationaux de référence et 8 centres collaborateurs de l’OMS sont intégrés à des unités de recherche à l’Institut Pasteur. Le diagnostic des souches de bactéries et de virus est toujours primordial, dans les contextes épidémiques et a fortiori pandémiques, comme l’est la connaissance de nouveaux agents pathogènes, responsables du Sras ou de la grippe aviaire, par exemple. Plus que jamais, la surveillance de la circulation mondiale des agents infectieux est d’actualité, d’où l’intérêt du Réseau international des 30 Instituts Pasteur, qui héberge également de nombreux centres OMS.• * Maladies dépourvues de vaccins ou de traitements efficaces et pour lesquelles la recherche et le développement sont insuffisants.
HISTOIRE Louis Pasteur en 1892 Gaston Ramon en 1925 Pierre Tiollais en 1978 TROIS PRÉCURSEURS Louis Pasteur a réfuté expérimentalement la théorie de la génération spontanée. Il a été l'un des premiers à établir la relation entre une maladie et un agent pathogène déterminé. Il a éclairci le mystère de la contagion. Dans une première étape, Louis Pasteur a démontré que les micro-organismes étaient responsables des maladies. Il cherche alors les moyens de les prévenir. À la fin du XVIII e siècle, Edward Jenner avait mis au point un vaccin contre la variole en partant d’une maladie voisine mais bénigne contractée au contact des vaches atteintes de variole bovine (« cowpox »). Le nom de « vaccin » est venu de vacca (vache, en latin). Une vaccination empirique. En travaillant sur le choléra des poules, Louis Pasteur découvre le principe de l’atténuation des germes, la clef de la vaccination. Il applique cette méthode au rouget du porc puis à la maladie du charbon, avec succès. Enfin, il s’attaque à la rage, cette maladie mythique dont il a beaucoup de mal à étudier l’agent, un virus, beaucoup trop petit pour être observé avec les microscopes de l’époque. Sachant qu’il se propage par le système nerveux, Louis Pasteur se sert donc de moelles épinières de lapins rabiques qu’il fait vieillir en les exposant à l’action de l’oxygène de l’air. En 1885, Joseph Meister, cruellement mordu par un chien enragé, est le premier à être vacciné contre la rage. Trois ans plus tard, l’Institut Pasteur est inauguré. Il sera le berceau de la Microbiologie, de l’Immunologie et, plus tard, de la Biologie moléculaire. PASTEUR LE MAG’En 1923, Gaston Ramon découvre que la toxine diphtérique est rendue inoffensive sous l’action conjuguée de la chaleur et du formol mais qu’elle conserve son pouvoir immunisant. Les anatoxines ainsi découvertes ouvrirent la voie à la vaccination contre la diphtérie et le tétanos, notamment. Deux ans plus tard, Ramon met en lumière la notion des substances « adjuvantes et stimulantes de l’immunité », en l’occurrence capables de renforcer l’efficacité d’un vaccin en amplifiant les réponses immunitaires. (Dans les années quatre-vingt, Louis Chedid découvre à l’Institut Pasteur un important adjuvant de l’immunité innée, le muramyldipeptide. Les mécanismes sous-jacents de son action n’ont été élucidés que 20 ans plus tard, toujours à l’Institut Pasteur, notamment grâce aux travaux de Dana Philpott.) En 1926, Gaston Ramon, avec Zoeller, fut à l’origine d’un nouveau procédé de vaccination : les vaccinations associées – conjuguant microbe et anatoxines –, qu’ils mirent au point avec le premier vaccin antidiphtérique-tétanique-typhoparatyphoïdique. La biologie moléculaire est née pour partie en France. L’application par Pierre Tiollais des techniques de recombinaison génétique marque un autre tournant avec la mise au point, en 1985, du premier vaccin humain obtenu par génie génétique à partir de cellules animales – des cellules d’ovaires de hamster chinois –, un vaccin contre l'hépatite B. Il permettait de ne plus avoir à récolter l’antigène vaccinal à partir du sérum de porteurs chroniques et il donnait de nouvelles perspectives à la vaccination. PASTEUR LE MAG’9 Juin 2007



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