Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : tuberculose, toujours une menace planétaire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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La fièvre typhoïde, toujours présente dans les pays industrialisés, affecte 21 millions de personnes chaque année dans le monde, provoquant 200 000 décès. La bactérie responsable, Salmonella enterica sérotype Typhi, est strictement adaptée à l'homme et se transmet par voie oro-fécale. En l’absence de traitement, elle provoque une infection mortelle dans 10 % des cas. L'épidémiologie globale de la fièvre typhoïde, en particulier son évolution, demeurait mal connue. Pour l’explorer, une vaste étude de génétique des populations de Salmonella Typhi a été lancée par Philippe Roumagnac et Mark Achtman, du Max Planck Institute (1) , François Xavier-Weill et Sylvain Brisse à l'Institut Pasteur (2) . Ces scientifiques ont choisi, au sein de plusieurs collections internationales, les 105 souches de S. Typhi représentatives de cet organisme bactérien à l'échelle mondiale. Ils ont pu bénéficier de l'exceptionnelle collection de Salmonella de l'Institut Pasteur, constituée depuis les années cinquante, aujourd'hui riche de plus de 300 000 souches provenant du monde entier. En travaillant sur 200 gènes de la bactérie, les chercheurs ont dû élaborer de nouveaux outils pour 4 PASTEUR LE MAG’ LIGNES DE FORCE ÉPIDÉMIOLOGIE Fièvre typhoïde La bactérie joue à cache-cache depuis la préhistoire mener à bien leurs recherches. Philippe Roumagnac explique qu’à partir d’une méthode originale, des marqueurs ont pu être mis en évidence et qu’ils ont permis de dresser un arbre phylogénétique des Salmonella Typhi. Une souche ancestrale dont descendent toutes les souches actuelles a ainsi été identifiée. Elle serait apparue il y a entre 10 000 ans et 43 000 ans, avant la sédentarisation du Néolithique. Comment un pathogène aussi virulent a-t-il pu perdurer ? L'hypothèse des chercheurs est celle d’un portage asymptomatique. Certains individus infectés peuvent continuer, après leur guérison, à excréter pendant des dizaines d'années des bactéries dans leurs selles. L'étude a également permis d'identifier plusieurs souches non apparentées résistantes aux fluoroquinolones en Asie, grâce à l'analyse de près de 300 souches asiatiques. Elles ont vraisemblablement émergé suite à l'utilisation massive de ces antibiotiques au début des années quatre-vingt-dix. Dans certains endroits, 90 % des bactéries y sont désormais résistantes. «L'étude soulève un vrai problème de santé publique pour l'Asie du Sud-Est, précise François-Xavier Weill, d'autres antibiotiques pouvant être utilisés, mais plus coûteux et plus difficiles à utiliser. Un clone très majoritaire en Asie commence par ailleurs à être retrouvé en Afrique.» Les outils mis au point par les chercheurs vont désormais permettre de mieux surveiller, au niveau mondial, l'émergence de clones résistants afin de pouvoir limiter leur dissémination. ■ (1) Département de Biologie moléculaire du Max Planck Institute (Berlin). (2) Unité de Biodiversité des bactéries pathogènes émergentes, également centre national de référence des Salmonella et centre collaborateur de l'OMS. En collaboration avec le Wellcome Trust Sanger Institute (Royaume-Uni) et plusieurs centres médicaux ou de recherche en Asie, notamment au Viêt-Nam avec l’Institut national d’Hygiène et d’Epidémologie (Hanoi) et l’Institut Pasteur de Ho Chi Minh Ville. Des mesures élémentaires d’hygiène Même en France, la fièvre typhoïde peut encore frapper. « Ceci nous incite à rappeler l'importance des mesures de lutte contre la transmission oro-fécale, rappelle le Dr François-Xavier Weill, notamment le simple fait de se laver les mains avant de cuisiner ou de manger. »
>Biofilm d’Escherichia coli. (Groupe Génétique des biofilms de l’Institut Pasteur avec Brigitte Arbeille, laboratoire de Biologie cellulairemicroscopie électronique, Médecine, université François Rabelais, Tours). INFECTIONS NOSOCOMIALES E n étudiant la biologie de formes uropathogènes de la bactérie Escherichia coli, l’équipe dirigée par Jean-Marc Ghigo* a peut être trouvé une solution au problème de la formation de biofilms indésirables. Les Escherichia coli uropathogènes ont la capacité de traverser, sans s’y fixer, l’ensemble de l’appareil digestif humain. Elles envahissent ensuite l’appareil urogénital où elles peuvent provoquer des infections urinaires telles que des cystites. En testant la capacité de ces bactéries à former des biofilms avec d’autres bactéries, les chercheurs ont découvert qu’elles sécrètent un sucre complexe, un polysaccharide, qui inhibe la formation de ces biofilms. Ils ont également montré que l’application d’une solution contenant ce polysaccharide sur des matériaux différents, verre, PVC ou polycarbonate, suffisait à leur conférer de puissantes propriétés antiadhésives vis-à-vis de très nombreuses bactéries pathogènes, comme le staphylocoque doré. Une application de ce produit sur des biomatériaux composant par exemple des prothèses, cathéters, filtres de dialyse, pourrait y empêcher la formation de biofilms et limiter ainsi la prolifération de bactéries pathogènes. Ceci aurait une incidence évidente sur le taux des infections contractées en établissements de soins, des infections qualifiées de « nosocomiales ». Environ 60 % de ces infections impliquent des biofilms ! Par ailleurs, ceux-ci aggravent la résistance aux antibiotiques. Lorsque des bactéries déjà multirésistantes s’organisent en biofilms, à l’heure actuelle, il n’existe pas de moyen chimique de lutte dans ces conditions. Au-delà de l’intérêt majeur pour la santé publique, ces travaux pourraient connaître des applications industrielles, en protégeant de la corrosion par les biofilms des surfaces métalliques : canalisations, conduits de tours aéroréfrigérées, coques des bateaux, par exemple. ■ * Groupe Génétique des biofilms de l’Institut Pasteur (associé au CNRS). Sources : communiqués de l’Institut Pasteur. Un biofilm… PASTEUR LE MAG’ Enfin une parade contre les biofilms? @ En savoir plus ? www.pasteur.fr/actu/presse/infos … est constitué d’une population de micro-organismes (bactéries, champignons, algues monocellulaires, amibes) qui poussent associés à des surfaces. Cette croissance s’effectue également en trois dimensions. Dans un biofilm, les bactéries sécrètent des composés dans l’espace interbactérien et elles sont donc englobées dans une matrice très riche en eau, en sucres, en protéines. Le biofilm se développe ainsi en épaisseur, biomasse au sein de laquelle les micro-organismes acquièrent des propriétés biologiques particulières. Dans la nature, il peut comporter jusqu’à 1000 espèces différentes. Les biofilms constituent une part importante de la biomasse et participent au renouvellement des écosystèmes. Mais, ils représentent parfois une menace pour la santé. >Le cycle d’un biofilm (groupe Génétique des biofilms). PASTEUR LE MAG’ 5



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