Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : tuberculose, toujours une menace planétaire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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VACCINS L’UNE DES TOUTES PREMIÈRES CAUSES D’INFECTIONS CHEZ LE NOUVEAU-NÉ Les streptocoques B, Streptococcus agalactiæ, sont l’une des toutes premières causes d'infections chez le nouveau-né, provoquant pneumonies, septicémies ou méningites. C’est un problème de santé publique : on dénombre chaque année en France environ 800 cas d'infections invasives chez les nouveau-nés, majoritairement dûs à une transmission de la mère à l’enfant. La mortalité reste élevée, de 50 à 100 décès par an, et, malgré l’antibiothérapie, de 25 à 50 % des enfants qui survivent souffrent de séquelles neurologiques. 2 PASTEUR LE MAG’ LIGNES DE FORCE Protéger contre les infections à streptocoques B U ne nouvelle piste pour le développement d’un vaccin contre le streptocoque B a été ouverte grâce à une étude menée par une équipe portugaise (1) en collaboration avec celle de Patrick Trieu-Cuot (2) à l’Institut Pasteur. Certaines protéines produites par les micro-organismes pathogènes sont capables d’interférer avec le système immunitaire de l’hôte pour faciliter la colonisation microbienne. Les scientifiques ont montré qu’une protéine sécrétée par le streptocoque B, nommée GAPDH, était capable d'augmenter le taux d’un des messagers du système immunitaire, une cytokine, nommée IL-10 (pour interleukine 10). L’augmentation d’IL-10 a pour effet de diminuer les défenses immunitaires : l’infection bactérienne invasive est alors facilitée. Inversement, les chercheurs ont montré que des souris déficientes en IL-10 étaient beaucoup plus résistantes à l’infection par le streptocoque B. Des essais préliminaires d’immunisation chez la souris montrent un effet protecteur d’une immunisation contre la GAPDH, confirmant ainsi que cette protéine devrait être un bon candidat-vaccin contre l’infection par le streptocoque B. « La stratégie vaccinale idéale consisterait à induire une immunité des muqueuses permettant d'éliminer le portage vaginal du streptocoque B, explique Patrick Trieu-Cuot. La GAPDH devrait être un bon candidat-vaccin contre l’infection par le streptocoque B. Ceci permettrait de supprimer le traitement antibiotique préventif effectué au début du travail chez les femmes enceintes infectées par cette bactérie. » Les chercheurs travaillent aujourd’hui à développer cette stratégie vaccinale. Rappelons qu’un dépistage systématique est actuellement réalisé entre les 34 e et 37 e semaines de grossesse. ■ (1) Laboratoire de Paula Ferreira, Institut de Sciences biomédicales Abel Salazar (Porto). (2) Unité de Biologie des bactéries pathogènes à gram-positif (associée au CNRS) à l’Institut Pasteur. >Streptococcus agalactiæ à la surface de cellules épithéliales pulmonaires humaines. (Shaynoor Dramsi, unité de Biologie des bactéries pathogènes à gram-positif ; microscopie à fluorescence).
DIAGNOSTIC Diagnostic rapide de la méningite à méningocoques L e développement de nouveaux outils pour un diagnostic simple et rapide des méningites à méningocoques, réalisable au lit du malade, est un enjeu majeur de santé publique dans tous les pays situés dans la ceinture africaine de la méningite (voir encadré en bas de page). En Afrique, la mise en culture des germes en cause n’est possible que dans les capitales et les grandes villes. Les seules méthodes sans culture existant pour le diagnostic de la méningite à méningocoques sont coûteuses et peu pratiques en conditions de terrain. Les tests mis au point par les équipes de Farida Nato à l’Institut Pasteur à Paris (1) et de Suzanne Chanteau au Cermes (2) à Niamey, sont deux bandelettes qui permettent de faire le diagnostic de 4 sérogroupes de méningocoques (A, C, W135 et Y). Ils ont été validés au Niger sur des cultures de méningocoques et sur des liquides céphalorachidiens de malades. Les résultats sont obtenus en 10 minutes à partir de quelques gouttes de ces prélèvements. Leur validation par les infirmiers, en conditions de terrain dans les dispensaires de brousse est en cours. Utilisables à 25 °C comme à 45 °C, leur conservation au froid n’est donc pas obligatoire, contrairement aux tests habituels de diagnostic. L’impact de ces tests est particulièrement important pour la surveillance microbiologique des épidémies et le choix du vaccin à utiliser. Dans la ceinture de la méningite, les épidémies à méningocoques étaient classiquement liées au sérogroupe A. Depuis quelques années, le sérogroupe W135 a été observé à l’occasion de cas sporadiques. Mais, en 2002, le sérogroupe W135, jusque-là observé dans des cas sporadiques, a provoqué une épidémie de grande ampleur au Burkina Faso. Les vaccins contre le sérogroupe W135 sont produits en quantité réduite et sont encore assez coûteux. L’emploi de vaccins dans un contexte épidémique doit être justifié par le diagnostic précis du sérogroupe en cause. Depuis deux ans, la prévalence du sérogroupe X contre lequel aucun vaccin n’existe, s’accroît au Niger. Le risque épidémique lié à ce sérogroupe est réel et un test rapide est aussi en cours de développement à l’Institut Pasteur. Les tests-bandelettes mis au point par les pasteuriens ont été conçus pour être adaptés à la surveillance épidémiologique indispensable dans cette région de l’Afrique. Leur validation dans d’autres pays est prévue. ■ (1) Plate-forme de Production de protéines recombinantes et d'anticorps. (2) Cermes, Centre de recherche médicale et sanitaire, Niamey (Niger) ; Centre national de référence pour la Méningite, ministère de la Santé ; Réseau international des Instituts Pasteur. La ceinture africaine de la méningite >Des bandelettes pour un diagnostic rapide (Cermes, Niger). PASTEUR LE MAG’ Elle s’étend du Sénégal à l’Éthiopie et englobe 21 pays, avec une population à risque de 250 millions d’habitants. 50 % des cas mondiaux de méningites à méningocoque (Neisseria meningitidis) surviennent dans cette zone. À la recrudescence saisonnière des cas, observée chaque année en saison sèche, viennent s’ajouter périodiquement des épidémies dévastatrices durant lesquelles on peut observer des taux d’attaque atteignant 1 000 cas pour 100 000 habitants. En période interépidémique, les milliers de cas annuels sont dus à Neisseria meningitidis, mais aussi à Streptoccocus pneumoniæ et à Hæmophilus influenzæ b. PASTEUR LE MAG’ 3



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