Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : tuberculose, toujours une menace planétaire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 PASTEUR LE MAG’ DOSSIER LA TUBERCULOSE Le dernier antituberculeux a été mis sur le marché il y a… 40 ans ! Une priorité : trouver de nouveaux antituberculeux En 1998, l’équipe de Stewart Cole séquence le génome de M. tuberculosis et en 2003 celui de M. bovis, l’agent de la tuberculose bovine. La même année, elle démonte le mécanisme génétique de la nonvirulence du BCG (Mycobacterium bovis BCG sert à la préparation du vaccin ; il s’agit d’une souche vivante mais non virulente). P armi ses objectifs, Stewart Cole privilégie la thérapeutique. « Nous sommes passionnés par le développement de nouveaux agents antituberculeux. Parce que c’est devenu une priorité devant l’étendue des multirésistances mais aussi parce que cela s’inscrit naturellement dans le prolongement des projets antérieurs. Ce doit être l’aboutissement de tout le travail accompli sur les génomes. Initialement, il fallait identifier des gènes, découvrir des protéines et comprendre leurs fonctions et à partir de là identifier de nouvelles cibles pour la chimiothérapie. » « Nous avons récemment découvert des cibles très importantes pour la découverte de nouveaux agents antituberculeux, ajoute Stewart Cole. Nous les avons validées. En collaboration avec d’autres équipes, dont celle de Pedro Alzari (voir plus loin), nous avons identifié une protéine essentielle pour la vie de la bactérie. En partenariat avec sanofi-aventis, nous recherchons des inhibiteurs de la fonction de cette protéine. » À l’Institut Pasteur, les équipes travaillent en amont jusqu’à identifier des cibles, des inhibiteurs, voire des molécules-candidats pour la thérapeutique mais, passé ce stade, c’est à l’industrie du médicament de prendre la relève. Dans l’immédiat, l’évolution de la
recherche implique beaucoup les hautes technologies. L’Institut Pasteur s’est équipé progressivement de plates-formes de cette qualité, devenues indispensables. Elles sont regroupées pour la plupart dans la génopole de l’Institut Pasteur, ellemême intégrée au réseau de la Génopole ® d’Ile-de-France et au sein d’autres structures. Les platesformes de l’Institut Pasteur servent à répondre aux besoins technologiques de différentes unités. « La recherche actuelle nécessite des moyens importants, insiste Stewart Cole. Un logiciel performant nous a coûté 50 000 euros. Un prix qui se justifiait par son caractère novateur. Il permet de comparer les structures tridimensionnelles de protéines avec une bibliothèque de produits chimiques. L’objectif est d’identifier les inhibiteurs potentiels en s’aidant de la puissance informatique. Ce programme nous a permis rapidement de progresser et surtout dans des délais qui auraient été inconcevables autrement. » De nouveaux inhibiteurs, qui contrecarrent l’action de protéines vitales pour M. tuberculosis, ont été identifiés et testés ; ils empêchent in vitro la bactérie de se multiplier. Les étapes suivantes ? Montrer leur efficacité sur les bactéries à l’intérieur des cellules, puis chez l’animal avant de passer au développement industriel. “ “L’objectif est d’identifier les inhibiteurs potentiels en s’aidant de la puissance informatique. « Parallèlement, nous testons la toxicité éventuelle des produits sur les cellules non infectées, sur leurs gènes. Lorsque tout sera vérifié, viendront les essais cliniques de phase I chez l’homme pour voir si la molécule est bien tolérée chez un individu sain. S’ils sont satisfaisants, suivra l’étude chez les malades. C’est un projet de longue haleine. » Alors, quand verra-t-on apparaître de nouveaux antituberculeux ? Les tests chez l’animal devraient être achevés au premier trimestre 2007. Les étapes suivantes devraient être franchies d’ici à la fin 2007. Il faudra s’assurer que le nouvel inhibiteur peut être associé à ceux qui existent déjà parce qu’il sera toujours intégré à un traitement par plusieurs antibiotiques. Étudier les effets dans les essais de >Stewart Cole PASTEUR LE MAG’ phase I, II et III devrait prendre entre 5 et 6 ans. « Toutes les données actuelles nous confirment que nous nous sommes engagés dans une voie prometteuse. Le but est d’aboutir à des antituberculeux 100 fois plus efficaces que ceux qui existent et de réduire la durée du traitement de 6 mois à 3 mois, voire 2. » La tuberculose touchant en priorité des pays démunis, les nouveaux traitements seront-ils accessibles ? Stewart Cole est optimiste. « Depuis les cinq dernières années, l’engagement politique est beaucoup plus important ; la tuberculose a fait l’objet d’un important débat au dernier sommet du G8. Les ONG financent l’achat de médicaments et le poursuivront si le prix des nouveaux antituberculeux n’est pas trop élevé. » ■ >Culture de Mycobacterium bovis BCG recombinant. Le génome de M. bovis BCG a été séquencé en 2006 par l’équipe de Stewart Cole. (Roland Brosch, unité de Génétique moléculaire bactérienne). PASTEUR LE MAG’ 15



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