Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : tuberculose, toujours une menace planétaire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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12 PASTEUR LE MAG’ DOSSIER LA TUBERCULOSE ••• Les scientifiques de l’Institut Pasteur suivent certaines pistes pour faciliter à terme le diagnostic moléculaire. En 2003, l’équipe de Stewart Cole séquence le génome de M. bovis, l’agent de la tuberculose bovine. La même année, elle démontre le mécanisme génétique de la non-virulence du BCG (Mycobacterium bovis BCG sert à la préparation du vaccin ; il s’agit d’une souche vivante mais non-virulente). « C’est un sujet passionnant, s’enthousiasme Stewart Cole. Le BCG est l’un des premiers vaccins de l’Institut Pasteur mais aussi de l’histoire même de la vaccinologie. Cette mise en lumière des raisons génétiques de la non-virulence de ce vaccin, a suscité l’intérêt de nombreuses équipes dans le monde. Nous avons ensuite développé un BCG recombinant, génétiquement modifié, qui s’avère plus performant, chez l’animal, que le BCG classique. » En 2006, après plus de cinq ans de collaboration, six laboratoires européens et latino-américains, coordonnés à la fois par l’équipe de Brigitte Gicquel à l’Institut Pasteur et celle de Carlos Martin à l’université de Saragosse ont annoncé la mise au point d’un nouveau candidat vaccin contre la tuberculose. Ces travaux ont été réalisés au sein du projet intégré TB-VAC de la commission européenne. Les scientifiques ont découvert que l’inactivation d’un gène unique du bacille de la tuberculose donne naissance à une souche plus atténuée que celle du BCG, qui confère une meilleure protection contre la maladie et qui entraîne moins d’effets secondaires. Ce travail ouvre la voie vers le développement d’une nouvelle génération de vaccins produits à partir de bacilles vivants atténués susceptibles de remplacer le BCG. HISTOIRE Des pistes pour un diagnostic plus rapide La méthode aujourd'hui employée pour le diagnostic de la tuberculose, l'examen de crachats au microscope, n'a pas changé depuis un siècle. Elle ne permet de diagnostiquer qu'un tiers des cas de tuberculose dans les meilleures conditions, même si elle est utile pour détecter les malades les plus contagieux. Le diagnostic des malades dont les crachats sont négatifs à l'examen fait appel à la culture (4 à 6 semaines). Mais, selon Brigitte Gicquel, de nouveaux espoirs sont fondés. « Les scientifiques de l’Institut Pasteur suivent certaines pistes pour faciliter à terme le diagnostic moléculaire. L'une consiste à détecter des molécules sécrétées précocement par la bactérie, l'autre vise à mettre en évidence des réactions de défense spécifiques du malade, qui signent l'infection. Enfin, des tests d’amplification génique tentent de mettre en évidence le bacille même lorsqu’il est présent en très petit nombre. Des équipes s’orientent donc vers la mise au point de méthodes de diagnostic rapide pour traiter le plus rapidement et le plus efficacement possible et s’opposer à la dissémination des bactéries. L’autre volet du diagnostic consiste à donner les moyens d’identifier les souches très spécifiquement. Par exemple, telle qui se reproduira plus ou moins efficacement, telle autre qui sera plus ou moins résistante, etc. À terme, on espère également diagnostiquer le degré de virulence d’une souche isolée. » ■ Un cours de Mycobactériologie médicale à l'Institut Pasteur. Brigitte Gicquel, unité de Génétique mycobactérienne.
M. Tuberculosis débusqué Jusqu’alors on ne savait pas où se réfugiait le bacille de la tuberculose lorsqu’il se trouvait à l’état dormant. Une équipe de l’Institut Pasteur* a découvert récemment qu’il peut se mettre à l’abri de toute attaque dans les cellules graisseuses, largement réparties dans l’organisme. Il s’y trouvé protégé des antibiotiques les plus puissants, et relativement à l’abri des défenses immunitaires, conservant un potentiel de « réveil », même de nombreuses années plus tard. 1 Les scientifiques ont identifié dans un premier temps ce refuge sur des cultures de cellules et de tissus et la résistance par ce biais à l’isoniazide, l’un des antibiotiques de référence. Ils ont ensuite vérifié la présence de M. tuberculosis dans des cellules adipeuses chez l’homme. Ces travaux permettent de comprendre comment, de nombreuses années après avoir subi un test tuberculinique positif, des personnes ne présentant plus aucune trace du microbe dans les poumons sont susceptibles de déclarer une tuberculose, sous une forme ou une autre s’attaquant aussi bien aux poumons, qu’aux os ou PASTEUR LE MAG’ 1 Visualisation en microscopie confocale du bacille de la tuberculose (en vert) dans un adipocyte humain. Le cytoplasme est coloré en rouge. Le bacille est logé dans une vésicule lipidique de la cellule adipeuse. Olivier Neyrolles, unité de Génétique mycobactérienne ; plate-forme d’Imagerie dynamique. Le Réseau international des Instituts Pasteur mobilisé à l’appareil génital. Ils suggèrent aussi que le traitement à l’isoniazide qui est prescrit à titre préventif, par exemple pour l’entourage des malades, pourrait dans certains cas ne pas suffire à protéger de la maladie. D’où l’importance accrue de rechercher de nouveaux antibiotiques spécifiques capables d’atteindre le bacille dormant. ■ * Animée par Olivier Neyrolles, du CNRS (URA 2172), chercheur dans l’unité de Génétique mycobactérienne dirigée par Brigitte Gicquel, en collaboration avec un anatomo-pathologiste de l’Hôpital européen Georges Pompidou, le département de pathologie de l’Institut national des sciences médicales et de la nutrition du Mexique et celui des maladies infectieuses à l’Institut Cochin. Algérie, Maroc, Tunisie, Côte d'Ivoire, République centrafricaine, Cameroun, Madagascar, Cambodge, Viêt-nam, Russie… les Instituts Pasteur de ces pays participent activement au diagnostic et à la surveillance de la tuberculose. Les instituts du Réseau sont nombreux à être impliqués dans des programmes nationaux, voire à en être les supports, comme l’Institut Pasteur d'Alger qui fait référence pour l'OMS dans la zone Afrique ou celui de Madagascar, l’un des pays les plus touchés au monde. L'Institut Pasteur de Guadeloupe, en collaboration avec de nombreux centres de recherche, dont l'Institut Pasteur de Madagascar, celui de Bangui, l'Institut d'Hygiène et d'Épidémiologie de Hanoi et l’Institut Pasteur à Paris, a mené une vaste étude internationale sur la diversité des souches circulantes de M. tuberculosis. Plusieurs équipes pasteuriennnes s’attachent à rechercher les souches prédominantes, en particulier multirésistantes aux antibiotiques. PASTEUR LE MAG’ 13



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