Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
Pasteur Le Mag' n°1 mar/avr/mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de mar/avr/mai 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Institut Pasteur

  • Format : (180 x 240) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,5 Mo

  • Dans ce numéro : tuberculose, toujours une menace planétaire !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 PASTEUR LE MAG’ DOSSIER LA TUBERCULOSE HISTOIRE AUX XVIII e ET XIX e SIÈCLES EN EUROPE, UN DÉCÈS SUR QUATRE ÉTAIT LIÉ À LA TUBERCULOSE. C’est une maladie contagieuse – maladie à déclaration obligatoire - qui se propage essentiellement par voie aérienne. L’agent responsable, également connu sous le nom de « bacille de Koch » est une bactérie appelée Mycobacterium tuberculosis, qui vit à l’intérieur des cellules qu’elle infecte. Les formes pulmonaires sont les plus contagieuses. Lorsque les personnes atteintes toussent, éternuent, parlent ou crachent, elles projettent dans l’air les bacilles de la tuberculose. En l’absence de traitement, une personne atteinte de tuberculose évolutive peut infecter en moyenne 10 à 15 autres personnes en l’espace d’une année. Cependant, les sujets infectés ne déclarent pas nécessairement une tuberculose. Protégé à l’intérieur des cellules, M. tuberculosis peut rester à l’état dormant pendant des années. Les sujets infectés par M. tuberculosis mais dont le système immunitaire est affaibli sont plus susceptibles de développer la maladie. Il est généralement possible de soigner les personnes atteintes de tuberculose pharmacorésistante mais la chimiothérapie est longue, jusqu’à deux ans, souvent d’un coût très élevé, plus de cent fois celui du traitement de la tuberculose pharmacosensible. Ce traitement peut également s’avérer plus toxique pour les patients. La tuberculose pulmonaire est la forme la plus fréquente et la plus répandue, mais il existe des atteintes osseuses, rénales, intestinales, génitales, méningées, cutanées… La résistance : une évolution Comme tous les organismes vivants, les bactéries évoluent. Ainsi, des mutants spontanément résistants à un antibiotique vont-ils apparaître dans la descendance d’une bactérie originellement sensible. L ’altération génétique responsable de la résistance est une mutation dans le chromosome de la bactérie qui va être transmise à chaque division cellulaire et donc aux bactéries « filles ». Cet événement mutationnel est rare et habituellement de telles bactéries disparaissent car la résistance est fréquemment associée à une perte de compétitivité de la bactérie. Sauf si elles se trouvent sélectionnées dans la flore bactérienne par l’action de l’antibiotique auquel elles sont devenues résistantes. Elles vont alors proliférer et prendre le dessus dans la population bactérienne. La survenue d’une mutation est le mécanisme impliqué dans la résistance aux antibiotiques des souches de M. tuberculosis. Par mutations successives, ce bacille est devenu résistant à divers antibiotiques. Outre les raisons propres aux capacités des bactéries, divers facteurs favorisent le développement des résistances. Qu’il s’agisse du mauvais suivi des traitements, d’un encadrement médical insuffisant, de difficultés d’ordre logistique. La chimiothérapie est longue, jusqu’à deux ans, souvent d’un coût très élevé, plus de cent fois celui du traitement de la tuberculose pharmacosensible. Dans certains pays, les moyens manquent pour se procurer les antibiotiques, d’où des interruptions dans la chaîne de distribution des médicaments aux malades et des traitements eux-mêmes. ■ Une tuberculose non traitée est fatale dans 50 % des cas.
>La vaccination par le BCG nécessite un geste technique particulier. L’INSTITUT PASTEUR AUX AVANT- POSTES DE LA RECHERCHE Le BCG a-t-il fait son temps? Le vaccin contre la tuberculose a été mis au point - essentiellement à l’Institut Pasteur de Lille - puis utilisé pour la première fois en 1921 par les pasteuriens Calmette et Guérin. Le BCG (pour bacille de Calmette et Guérin) est efficace pour protéger les jeunes enfants contre les formes graves de tuberculose (la méningite tuberculeuse et les autres formes disséminées, comme la forme miliaire, beaucoup plus fréquente chez l’enfant que chez l’adulte). Il l’est beaucoup mois contre la tuberculose pulmonaire de l’adulte. La variabilité de la protection conférée par le vaccin chez l’adulte dépend vraisemblablement des conditions de fabrication du vaccin, des méthodes d’administration et d’autres facteurs, environnementaux ou génétiques, par exemple. Le vaccin permet de contrer la propagation des bacilles de la tuberculose après l’infection. Mais, pour des raisons d’efficacité, la mise au point d’un nouveau vaccin s’impose. Toutes les études montrent que la protection conférée par le BCG est assez satisfaisante dans les pays industrialisés. En Scandinavie, la suppression de la vaccination par le BCG s’était accompagnée d’une augmentation très importante de la tuberculose de l’enfant et d’autres mycobactérioses. Le BCG protège aussi contre d’autres infections que la tuberculose. En revanche, son efficacité est particulièrement défaillante dans les pays en développement, peut-être parce que la tuberculose y est omniprésente, que les conditions de vie facilitent sa propagation et que l’immunité conférée par le vaccin ne résiste pas à des infections répétées. Attaques sur tous les fronts Les chercheurs de l’Institut Pasteur suivent diverses approches pour élaborer de nouveaux vaccins. 4 000 GÈNES PASTEUR LE MAG’ L’interaction du bacille avec l’hôte, la clef de la prévention et du traitement Le vaccin efficace à 50% chez l’adulte et à 90% chez l’enfant pour les formes graves. ••• L’Institut Pasteur se situe au premier plan dans la recherche sur la tuberculose et ses agents, l’une des clés de la lutte contre ce fléau pour mettre au point des méthodes de diagnostic rapide, des vaccins plus efficaces et de nouvelles générations d’antituberculeux. En ce qui concerne les agents infectieux, la recherche moderne s’appuie notamment sur le séquençage de leur génome (le « déchiffrage » du code génétique). Un cap important a été franchi en 1998 avec le séquençage de celui de Mycobacterium tuberculosis par l’équipe de Stewart Cole, en collaboration avec celle de Bart Barrell au Sanger Centre (Royaume-Uni). Un autre tournant dans les connaissances, franchi auparavant, avait permis le développement d’approches génétiques par l’unité de Brigitte Gicquel qui ont servi à découvrir un, puis plusieurs gènes de virulence de M. tuberculosis. PASTEUR LE MAG’ 11



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