Parallèle(s) n°28 jan/fév 2013
Parallèle(s) n°28 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Sans format SARL

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : les conseils de Michel le jardinier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 portrait Vero LP, la Golondrina !
> Elle laisse partout où elle chante un auditoire subjugué. Par sa générosité, son intelligence, la qualité de son répertoire et de ses musiciens, sa voix de pasonaria et sa beauté rayonnante. Chacun de ses spectacles est un voyage dans lequel on s’embarque comme dans une tranche de vie. D’où te vient cette passion pour le chant ? Dès l’âge de 6 ans, j’étais collée en permanence à mon pickup, en chantant du Marie Laforêt ou du Michel Fugain, mes idoles de l’époque. Mon père s’occupait d’un camping à la ferme dans l’Aveyron, et les soirs de veillée, quand il y avait un trou, je le bouchais ! Après, j’ai tout arrêté à l’adolescence, une époque pas évidente pour s’exposer en public. Mais à 30 ans, ça m’a rattrapée… J’ai alors pris le circuit traditionnel, en intégrant des ensembles vocaux, puis j’ai pris des cours de technique vocale avec un super prof qui m’a fait découvrir ma propre voix. Car au début j’étais plutôt dans le classique, mais je n’ai aucune formation et je ne pouvais pas aller très loin… Comme j’aimais beaucoup le théâtre, j’ai rencontré Dominique Desmond, qui m’a fait me trouver dans l’interprétation et la chanson. C’est avec lui que j’ai connu tous les gens qui gravitaient autour de Jacques Barathon dans sa distillerie culturelle et vocale dans les Deux-Sèvres. Des gens intelligents et généreux, qui m’ont donné beaucoup d’ouverture sur le répertoire. Commence alors la professionnalisation… Oui, j’ai alors la chance d’être embauchée dans le spectacle « Caf Conc’Bonheur », conçu par la Cie du théâtre de Pré perché à Rennes, comme chanteuse et comédienne. J’ai joué pendant 5 ans, et beaucoup appris sur la partition corporelle. Cette première professionnalisation m’a donné de l’assurance pour monter mes propres projets. Dont le premier, Tout feu, tout Femme. Ce premier projet devait être proche de moi, j’avais très envie de faire un spectacle sur les différentes facettes de la femme, dans une dimension géographique et historique, que ce soit Louise Michel ou les mères de la place de Mai. J’ai fouillé dans tout le répertoire et monté Tout Feu tout Femme avec la complicité de mon pianiste Jacky le Poittevin et celle d’Isabelle L’Helgoualch pour la mise en scène. Nous avons fait plus de 50 dates, et j’en suis très fière ! Vient ensuite « Horizons Terrestres ». J’ai eu envie de parler de la différence, pas forcément la criante. Je suis partie de ces quelques phrases d’un poème de Guillevic : « A défaut d’être cercle, on pourrait se faire angle et sinon vivre au calme. Attaquer l’entourage, se reposer ensuite en rêvant de fermer l’autre côté toujours ouvert sur l’étranger. » J’ai repris dans ce spectacle une chanson d’Alain Leprest, « Le peintre », « Les cœurs tendres », de Brel, « Les romanichels » de Juliette, « Voyageurs », de Lavilliers, « Maigrir », de San Severino… J’avais envie d’ouvrir des fenêtres, de permettre au public d’aller voir du côté de l’angle ouvert. Avec la Golondrina, l’hirondelle des faubourgs, tu ne chantes qu’en espagnol*. J’ai toujours eu envie de chanter en espagnol, le répertoire populaire me suit depuis longtemps. J’adore le côté too much de la Copla, le côté shakespearien de ces histoires de vie. C’est un répertoire qui a traversé les époques, même celles où il y avait de la censure. Il a même été récupéré par Franco, dont on a dit qu’il a « attaché la Copla comme un chien à un arbre ». Mais la Copla est restée malgré tout, car elle a baladé toutes les angoisses, les sentiments, tout ce qui était immoral à l’époque comme l’adultère : il y a une puissance existentielle dans ce répertoire. Le mettre en miroir avec ce qui se passait en Argentine m’intéressait, car il y a eu beaucoup de va-et-vient entre l’Argentine et l’Espagne. Chanter toujours les autres ne t’a pas donné envie de livrer tes propres compositions ? Je me suis enfin lancée en novembre dernier… Mon pianiste André Couasnon a mis mes textes en musique. J’étais aussi entourée par le saxo d’Albane Bouteiller. J’ai eu de bons retours du public… C’est un spectacle qui te ressemble ? Je suis dans les choses courantes de la vie, j’aime la poésie, je suis venue à la musique par les mots, pas par le solfège. Je suis révoltée par cette société déshumanisée qui piétine l’homme. Moi, je crois profondément à l’homme. Je suis un peu impulsive et sanguine, j’ai besoin de pousser des coups de gueule. J’ai entrepris une formation d’art thérapie, car pouvoir travailler la voix avec des gens en difficulté me plaisait. La voix permet d’aller ouvrir des espaces intérieurs. Comment vois-tu l’avenir ? J’essaie d’être toujours au plus près, au plus juste, comme ça, si tout devait s’arrêter, je n’aurais pas le regret de m’être fourvoyée… Propos recueillis par Marie Lansade *Avec André Couasnon à la guitare et Hervé Duponcel aux percussions. Prochaines dates : le 19 janvier salle de l’Aubrière à Fondettes – 02 47 42 26 13 ; le 9 février aux Wagons à Saint Branchs – 02 47 59 43 53



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