Parallèle(s) n°28 jan/fév 2013
Parallèle(s) n°28 jan/fév 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°28 de jan/fév 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Sans format SARL

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 3 Mo

  • Dans ce numéro : les conseils de Michel le jardinier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 livres bd Tu verras Nicolas Fargues (Folio Gallimard, 2012/5,95 €) Qui n’a pas asséné à sa progéniture ces « tu verras ! », « plus tard, tu comprendras ! » ? Colin, père divorcé, ne déroge pas à la règle avec son fils Clément dont il a la garde… Ce fils qu’il comprend de moins en moins, âgé maintenant de 12 ans, est en pleine crise d’adolescence, et a le don de le faire sortir de ses gonds. Jusqu’au jour où Clément meurt, laissant Colin effondré et en proie à la culpabilité et au doute… Fargues nous parle du deuil, de l’absence, des regrets. Il nous interroge sur notre rôle de parent, sur ce que nous transmettons à nos enfants, sur notre manière de les aimer, sur les non dits. A chaque ligne lue, on mesure sa chance de « savourer ce miracle banal de constater que son enfant est en vie et en bonne santé » … L’amour est très surestimé Brigitte Giraud (J’ai lu, 2008/5,10 €) Les histoires d’amour finissent mal, en général….nous chante la belle Catherine Ringer… C’est pourtant à Dominique A que le titre de ce recueil a été emprunté avec sa chanson « surestimé ». L’amour l’est-t-il peu, beaucoup, pas du tout ou trop ? Par petites touches, Brigitte Giraud nous prend par la main pour nous emmener dans l’intimité de onze histoires où l’absence, la fuite et la solitude, toujours, mènent le bal. La perte d’un compagnon, un couple qui se déchire, la souffrance des enfants écartelés entre leurs parents devenus ennemis, le désamour, le manque, la passion qui se termine dans le sang à l’image de l’histoire de Cantat et Trintignant… L’écriture de Giraud est juste, simple. On s’y reflète, comme dans un miroir. Les derniers jours de la classe ouvrière Aurélie Fillippetti (Stock, 2003/15,25 €) Roman, récit, témoignage ? « Les derniers jours de la classe ouvrière » est difficile à mettre dans une case, tout comme celle qui l’a écrite… L’histoire, c’est celle des mines de Lorraine, la vie difficile des mineurs, qu’elle connaît bien puisqu’elle est la fille de l’un d’entre eux. C’est une histoire d’exils, d’immigration, ce sont ses racines car sa famille était d’origine Italienne. C’est une histoire d’engagement, celle de son père pour le parti communiste. C’est un livre sur la fierté des origines, c’est un hommage au monde ouvrier auquel elle est fière d’appartenir. Je suis assez contente que cette dame soit ministre de la culture….. Alger la Noire Maurice Attia (Actes Sud, 2006/9,70 €) Alger, 1962. L’OAS fait régner la terreur, le FLN accumule les attentats. Dans ce climat oppressant, deux flics tentent de résoudre un double meurtre : celui d’un étudiant algérien et d’une jeune européenne, retrouvés nus sur une plage…. Maurice Attia signe là un roman policier, mais surtout il nous rend compte de la réalité de la guerre d’Algérie, comme on ne la raconte guère dans les manuels d’histoire. Effroyable, mais instructif….Pour les fans de bande dessinée, une adaptation signée de jacques Ferrandez vient de paraître, 50 ans après les accords d’Evian… par Chris Un must Enki BILAL « Les Fantômes du Louvre » (Editions Futuropolis) Enki Bilal a-t-il besoin d’une chronique dans Parallèle(s) alors que la vente aux enchères de ses dernières toiles a atteint des sommets ? On pourrait se poser la question, mais comment rester insensible au talent de celui qui, non content d’avoir transporté la BD en dehors du cercle (de moins en moins restreint) des amateurs de BD, renouvelle le genre à chaque projet ? C’est encore le cas avec sa vision complètement personnelle de 22 toiles exposées au Louvre qu’il transfigure avec une émotion non feinte, donnant à ces 22 fantômes une chair et une présence incroyables. Au point d’imaginer des biographies fantasques de chacun des auteurs et de distiller force et humour tout au long de cet ouvrage monumental. Chefd’œuvre de l’année haut la main ! Un coup de cœur Jacques TARDI « Moi René Tardi, prisonnier de guerre au StalagIIB » (Editions Casterman) Jacques Tardi a-t-il encore besoin… (cf ci-dessus). Oui, définitivement oui, car ce nouveau projet touche à l’intime avec l’histoire incroyable de son propre père interné dans un stalag après la défaite de l’armée française en juin 1940. Cette histoire familiale, préfacée par sa femme et réalisée avec l’aide des ses enfants, ne se contente pas de reprendre les poncifs du genre de la vie d’un camp de prisonniers dont le cinéma et la littérature nous ont largement abreuvés. Ici, chaque page sent l’amour de cette filiation un peu brute de décoffrage, cette présence paternelle trop tôt disparue, ces non-dits qui pèsent des tonnes. Jamais Tardi ne s’est autant livré et cette mise à nu résonne comme un témoignage unique. Morale de l’histoire, il faut que ce soit de grands anciens qui montrent la voix du renouvellement et de l’audace face à des tonnes de projets convenus, vite lus et vite oubliés. Chapeau bas messieurs. Une découverte Joe SACCO et Chris Hedges « Jours de destruction, jours de révolte » (Editions Futuropolis) Mélanger chroniques sociales et bande dessinée n’est à priori pas un exercice facile. C’est pourtant ce qu’ont réussi à faire nos deux compères avec une photographie hallucinante de l’Amérique sous l’ère Obama. A base de textes, d’illustrations, de BD, de statistiques, ils épluchent et décortiquent consciencieusement le rêve américain, passant d’une réserve indienne aux
cd 17 acteurs du mouvement « Occupied Wall Street » sans oublier la filière automobile et les déshérités exilés dans le désert. Le résultat pourrait paraître indigeste mais ce serait oublier la fougue de Joe Sacco, énorme dessinateur, et de Chris Hedges, Prix Pullitzer, excusez du peu. Leurs visions dressent un constat terrible d’un pays au bord du gouffre où le capitalisme décomplexé règne en maître. Un ouvrage à lire absolument, car comme on le sait les Etats-Unis ont toujours un peu d’avance sur notre pays, pour essayer d’éviter le pire, s’il n’est pas déjà trop tard. Une réédition BRÜNO « Neïmo » (Editions Treize Etrange) On a déjà dans ces colonnes fait l’éloge de Brüno, de son style unique, de sa classe folle et de la place qu’il mériterait dans le panthéon du 9ème art. On saluera donc comme il se doit le superbe travail de réédition de son chef-d’œuvre qu’est ce « Neïmo » où tout l’art de Brüno explose grâce à des cadrages incroyables, une histoire bien sûr inspirée (mais aussi transcendée) du livre de Jules Verne « 20.000 Lieux sous les mers », bref une sacrée pierre angulaire de toute bonne bédéthéque. Des séries en série !!! Inusable, increvable et toujours très attendue, la série est un cas à part dans l’univers de la BD. C’est pourquoi on se pâmera devant la maîtrise totale des codes de la narration et du western aux petits oignons de Bouncer T9 « To Hell » de Boucq et Jodorowski (Editions Glénat), on se dira que Franquin a trouvé des successeurs dignes de lui avec Le Marsupilami « Santa Calamidad » de Batem et Colman (Marsu Productions), que l’humour belge reste un must en ces temps un peu moroses grâce au Chat T 17 de Geluck (Editions Casterman), que jamais le polar animalier n’a été aussi classe et bien vu qu’avec Canardo T 21 de Sokal (Editions Casterman), que revisiter l’histoire de la Rome Antique n’est jamais autant un plaisir qu’avec Alix T 31 « L’Ombre de Sarapis » de Venanzi et Cortegianni (Editions Casterman). Et puis si la série Thorgal continue par elle-même, ses deux séquelles que sont Kriss de Valnor T 3 de De Vita et Sente (Editions du Lombard) et Louve T 2 de Surzhenko et Yann(Editions du Lombard) sont toujours menées de mains de maître. On fond aussi aux blagues plus ou moins salaces du Petit Spirou T 16 « T’es gonflé » de Janry et Tome (Editions Dupuis), on salue comme il se doit la performance de grande classe du nouveau Blake et Mortimer T 21 « Le Serment des Cinq Lords » de Sente et Juilliard (Editions Dargaud), on vibre toujours autant à la science fiction très maline de Yoko Tsuno T 26 « Le maléfice de l’Améthyste » de Leloup (Editions Dupuis), on craque pour notre aventurier préféré égaré dans les plaines d’Asie Orientale qu’est Stéphane Clément T 13 « Le Piège Ouzbeck » de Ceppi (Editions du Lombard) et on vogue avec un plaisir immense en compagnie des Naufragés d’Ythaq T 10 « Nehorf » de Floch et Arleston (Editions Soleil). On applaudira encore l’immense tandem Lambil et Cauvin qui nous fait toujours autant rire avec Les Tuniques Bleus T 56 « Dent pour dent » (Editions Dupuis), on constatera que le polar bien troussé fonctionne à plein avec Jerôme K Jérôme T23 « Post-Mortem » de Dodier (Editions Dupuis), on craque aussi pour Sisco dont le T5 « Kalachnikov Diplomatie » de Legrain et Benec (Editions du lombard) renouvelle le genre du polar politique, on constatera que comme pour Thorgal, la franchise XIII tourne à plein régime avec un XIII Mystery T5 de Nury et Guérineau (Editions Dargaud) de belle facture, que son homologue Largo Winch T 18 « Colère Rouge » de Francq et Van Hamme (Edtions Dupuis), patine un peu plus sur la longueur mais que Lucky Lucke avec « Cavalier Seul » décroche le tiercé grâce au trio Achdé, Banaquista et Pennac (Editions Dargaud). Enfin on craquera pour Z Comme Don Diégo dont le T 2 « La Loi du Marché » de Babcaro et Erre (Editions Dargaud) nous a zigouillé les zygomatiques et on finira en beauté avec la très addictive « Les Autres gens » T 8 et 9 (Editions Dupuis » scénarisée par Thomas Cadéne qui renouvelle de fond en comble le genre. par Hervé Bourit Tribute to Alan Jack : un nouvel album pour Miss Understood Miss Piero, choriste emblématique du légendaire Alan Jack, nous propose, 15 ans après le décès du bluesman, un album de reprises de titres et d’inédits de l’artiste dans un disque qui devrait à la fois réjouir les inconditionnels du maître, mais aussi séduire ceux qui vont le découvrir au travers de cet hommage fidèle mais identifié. Ainsi entourée d’invités prestigieux compagnons de route du chanteur/organiste (Benoît Blue Boy, Patrick Verbeke, José Laracelleta), La Miss à la voix rauque et profonde, au timbre reconnaissable entre mille, renoue avec la suite logique des aventures vécues avec l’Alan Jack Post Civilization, et Alan Jack and the Nordets, deux groupes avec lesquels « Jack » devait retrouver la scène et l’adhésion d’un nouveau public du début des 80’s au milieu des 90’s. La carrière de ce phénomène avait démarré dans les sixties avec le groupe tourangeau les Gentlemen pour aboutir à l’Alan Jack Civilization qui sortirait l’album Bluesy Mind et tournerait avec Jimi Hendrix et Julie Driscoll, se produisant dans tous les grands festivals de l’époque. Je ne résiste pas à vous conter ma première rencontre avec cette légende. La première fois où j’ai vu Alan Jack, ce fut au milieu des années 70’s, donc bien après les aventures de la fin des années 60’s, bien après l’Alan Jack Civilization dont je n’avais fait que voir les images dans Rock & Folk et les affiches sur les murs de ma ville. La rencontre se fit un soir d’automne au cinéma l’Olympia (actuel Nouvel Olympia) pour un concert du groupe Magnum où il officiait aux côtés d’un melting pot de la pop française des seventies : Prévotat de Triangle, Jacky Chalard de Dynastie Crisis, Patrick Verbeke de Tribu, Jo Lebb des Variations et Dominique Frideloux à la guitare (le papa du premier batteur de As de Trèfle)… Toute la crème d’une époque, et Alan Jack devant une espèce de baffle étoilé de forme hexagonale vomissant des vagues d’Hammond en pleurs et de Leslie spatial… C’était donc lui, Alan Jack : pour un môme de 16 ans, la claque ! Pour les autres aussi… Et une belle gamelle au retour, dans la rue Colbert, quand ma longue écharpe de laine au vent, comme nous les affectionnions à l’époque, se prit dans la chaine de ma mob’. Ma moumoutte babaglitter marron moirée devait en garder quelques traces. Il me faudrait attendre le début des années 80 pour le revoir à la scène. Il s’imposait désormais comme l’unique bluesman français issu des seventies à pouvoir susciter l’admiration des gamins nourris au punk et à la new wave. Ils le découvraient sans a priori, cet artiste habité, une star, un héros, un rebelle dandy aristocratique à l’instar de nos modèles de l’époque : Iggy, John Lyndon, Willy Deville. Il leur semblait marcher sur les étoiles, un desesperado hors-jeu d’un show bizz incapable d’apprivoiser son animalité sauvage empreinte de talent et de souffrance agglomérées. Grâce à de jeunes complices, il allait reprendre du service et sa place au panthéon du blues et de la soul : Moino et Miss Piero, José Laracelleta, Olivier et Patrick Gicquel… Jack allait rester toujours jeune dans son cœur et dans son âme ; il serait aussi toujours présent pour me conseiller avec justesse dans ma propre démarche artistique (X Ray pop) pourtant si éloignée de la sienne. Il est toujours mon prince, mon héros, à jamais égalé dans la sphère hexagonale. Miss Piero, entourée d’un panel d’invités d’exception (on parle même de la présence possible de Claude Engel), devrait vous offrir ce répertoire exhumé grâce à ce disque lors de l’édition 2013 du Festival Avoine Zone Blues. Didier Doc Pilot



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