Parallèle(s) n°27 nov/déc 2012
Parallèle(s) n°27 nov/déc 2012
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°27 de nov/déc 2012

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Sans format SARL

  • Format : (170 x 240) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : les journées Charles Border.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 Chronique urbaine Le Parallélépipède présente Un matin, un café ç Chronique urbaine L’Alizé « L’escale coup de cœur », Gare de Tours, samedi 13 octobre 2012, 11h30. çA bientôt pour de nouvelles aventures. > « Une furieuse envie de foutre le camp », moi, j’aurais trouvé, comme signature de ce café. Non pas que l’endroit soit désagréable, non, bien au contraire : je suis côté hall de gare, en face j’ai les voies, au-dessus de moi une peinture de Carcassonne et en haut à droite, la voûte toute neuve couleur Danette praliné. Non, je dis ça parce que les gares m’ont toujours fait cet effet : cette irrésistible envie d’être ailleurs, sans nécessairement se plaindre d’être ici. Et pour en avoir usé les bancs de pas mal, il faut bien dire que la gare de Tours, avec celle de Deauville- Trouville et de Newcastle, fait partie de mon trio de tête des endroits où il fait bon se réjouir de voyager ou verser une petite larme après avoir roulé une grosse pelle (ou l’inverse) à quelqu’un qu’on aime à en crever et qu’on ne reverra plus jamais. C’est ma dixième chronique. Donc je me suis dit, merde, ça vaut bien un café de luxe. C’est donc le plus cher depuis le début : 1,60 €. Désolé, Ludo, ma note de frais va exploser ce mois-ci, mais c’est trop bon : j’ai un petit pot d’eau chaude, pour la première fois, tu te rends compte ? Allonger soi-même son propre café dans le hall de l’une des plus belles gares d’Europe, c’est de la balle. Les gares, c’est aussi la presse. Passer une heure dans une gare et prendre un train sans acheter un journal ou un magazine, ce serait un peu comme se balader dans Tours sans pester contre les travaux du tramway : se priver d’un plaisir animalo-culturel fondamental. On peut aussi opter pour le roman de gare, ce genre littéraire particulier récemment qualifié par le locataire de l’Hôtel de Ville, de « livre qu’on lit d’une seule main ». Bon moi, j’ai craqué, hein : j’ai devant moi le numéro 14 de Snatch, le numéro 28 de Causette et le numéro régional-pute 2090 du Point. Snatch, c’est un bimestriel culturel que je ne connaissais pas et qui fait sa couv sur Frank Ocean, le salopiot qui a sorti Channel Orange, l’album qui vous réchauffe la tronche, le cœur, les couilles et le cerveau en une petite heure seulement. Ajoutez à ça du vrai contenu : 8 pages, dont beaucoup de texte, on se croirait revenu à la grande époque des Inrockuptibles, quand ils étaient eux aussi bimestriels (mes parents déménagent : j’ai donc eu la joie immense de les retrouver la semaine dernière dans une grande malle en bois noire ; pas mes parents, hein, les magazines). Causette, rien à dire (appréciez l’oxymore) : à l’image de son lectorat (pour faire court, les femmes qui ne lisent pas Elle et les mecs qui ne lisent pas), ce magazine se bonifie avec l’âge. Bon, je vous vois l’air perplexe à vous demander ce qu’est un « numéro régional-pute » du Point. Y’en avait un de L’Expansion aussi, genre copie conforme de celui-ci. Allez, je vous explique vite fait : ce sont des grands titres nationaux qui paient un ou deux pigistes pour faire croire aux provinciaux que le monde entier parle de leur ville, avec des titres racoleurs, du style « Tours, les vrais lieux du pouvoir » et des sujets super originaux (mais vendeurs) comme la franc-maçonnerie, la franc-maçonnerie ou la franc-maçonnerie. Morceau choisi, spécialement pour vous : « Le lieu stratégique ? Le Bar à huîtres, où les hommes et femmes de pouvoir aiment entamer les bourriches, toutes dents dehors. » Le Parallélépipède.
tran-sfert 15 Dan Perjovschi au CCC Du 10 novembre au 20 janvier DAN PERJOVSCHI Vue de l’exposition « Free Style », 2009. Galerie Michel Rein. Dan Perjovschi. Photo Galerie Michel Rein. > Dan Perjovschi : un nom peu connu encore, la présentation de son travail au CCC étant de fait sa première grande exposition personnelle française. Un premier opus qui s’intitule étrangement « rétrospective transparente ». Sa biographie donne toutefois quelques éléments d’explication. Au tableau de l’artiste : MoMA, Tate Modern, Kunsthalle de Bâle, prestigieuses biennales, musées et galeries du monde entier. Vingt-trois ans à parcourir le globe, à rendre compte de ses observations par le dessin. L’artiste est roumain. Ses débuts de dessinateur remontent à la chute de Ceausescu, dans une presse qui recouvre sa liberté d’expression. De cette expérience subsiste le trait incisif, l’économie de moyens et surtout une acuité attentive à la société, menus faits ou grands sujets d’actualité. Pétri par la « culture du manque », l’encombrement est minimum et le dessin, débarrassé du souci de virtuosité, gagne en efficacité. Dan Perjovschi arpente ainsi les territoires, carnet de croquis à la main, sens critique aux aguets. Son travail ne se vend pas. Non qu’il ne soit reconnu et convoité, mais parce que la forme qu’il empreinte est éphémère. Des dessins exclusivement à même les murs des espaces d » exposition, sur les vitres ou les sols, au marqueur ou à la craie qui ne sont pas destinés à la vente et se veulent impropres à la collection. Un processus de création où la question du contexte est déterminante. L’exposition implique toujours l’exploration du lieu de séjour, des rencontres, la lecture de la presse locale. La petite histoire est ainsi enchâssée dans un propos engageant les principaux enjeux contemporains, politiques, économiques et environnementaux. On pense à une improvisation musicale où la partition intègre la fantaisie d’un moment, la fugacité d’une émotion. Au CCC, ce sont ces 23 ans de travail qui sont revisités, reprenant les motifs récurrents qui façonnent l’oeuvre mais autorisent l’introduction d’éléments directement liés à sa présence à Tours. Les dessins seront présentés sur de grandes plaques de verre induisant une sorte de porosité visuelle qui vient atténuer le caractère forcément chronologique de la rétrospective. Sur un mur noir, Dan Perjovschi esquissera les prémisses d’une composition à la craie, que le public pourra étoffer dès le vernissage. Une sorte de livre d’or dessiné et absorbé dans le coeur de l’exposition voué, comme l’ensemble du travail de l’artiste, à disparaître. Valérie Nam



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