Onze n°80 août 1982
Onze n°80 août 1982
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°80 de août 1982

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions de France

  • Format : (206 x 278) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 83,7 Mo

  • Dans ce numéro : les 100 meilleurs joueurs du monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 l'extérieur. J'ai même entendu le président de la République qui a posé la question sur Baratelli. J'aimerais dire qu'il a été comme moi avec un groupe. Et que tous les membres de ce groupe, par la suite, n'ont pas été au premier rang. Pourquoi pas Rocard à un poste plus important ? Si Mitterand a jugé ainsi, c'est parce qu'il a des données que je ne possède pas. Et nous en avions nous aussi. ONZE  : Il restait tout de même le point d'interrogation sur Baratelli. HIDALGO  : Ce qui m'ennuie, c'est que ce sont les absents qui ont raison. ONZE  : Mais l'opinion, au fil des matches, se disait, pourquoi attendre avant de changer de gardien, puisque cela ne va pas avec Ettori ? HIDALGO  : Il ne faut pas exagérer. ONZE  : On sentait quand même qu'il n'inspirait pas confiance à la défense... HIDALGO  : Ce n'est pas ce qui disait la défense. ONZE  : Les joueurs étaient favorables au maintien d'Ettori ? HIDALGO  : Absolument. ONZE  : Que pensez-vous de la réaction de Baratelli ? HIDALGO  : J e ne veux pas juger quelqu'un qui a parlé sous le coup de la déception. Il m'a déçu parce qu'il n'a pas voulu être parmi les seize lors du dernier match. Alors que beaucoup de joueurs seraient venus à pied ou en vélo. Baratelli a aussi la mémoire courte. Car, en 78, lorsque je l'ai pris pour aller en Argentine, il était dans une situation très difficile à Nice. ONZE  : Il y a eu plusieurs problèmes à l'intérieur de la sélection. Tigana-Larios, Larios-Platini, Lopez, Baratelli entre autreg. Qu'en concluez-vous ? HIDALGO  : J'ai regardé les autres sélections. J'aimerais savoir qui sait vivre une Coupe du Monde lorsqu'il y a 22 joueurs pour 11 places. Il est très dur de rester sept semaines ensemble sans qu'il y ait de petits différents, de petits conflits. C'est vrai dans toute collectivité. ONZE Au bout du compte, est-ce que tous ces petits problèmes influent beaucoup sur le rendement de l'équipe ? HIDALGO  : Cela influe sur la vie d'une équipe, parce qu'il faut tous les jours soutenir et entraîner différents joueurs, et essayer de maintenir au plus haut niveau une ambition dans un groupe ou il y a fatalement des fluctuations dans leur mental. Ce n'est pas facile. Cela dit, je comprends ces états mentaux, dûs à diverses raisons, et c'est pourquoi je pardonne absolument tout. ONZE  : Quel a été le cas le plus difficile à régler ? HIDALGO  : Il n'y a pas eu de cas très difficile. Depuis un an, on s'est préoccupé des joueurs. Ils n'étaient pas tellement à plaindre. Ils ne sont pas venus, de plus, MICHEL HIDALGO pour une poignée de main. On a tout fait pour eux. ONZE  : On s'habitue très facilement au bonheur, et on veut toujours plus... HIDALGO  : J'aimerais que les joueurs ne s'habituent pas au bonheur. Qu'ils apprennent à vivre un peu au jour ! e jour, à accumuler les joies, et non toujours ce qui ne vas pas. ONZE  : Contre l'Angleterre, l'équipe de France a joué en 4-4-2. Avec un milieu à tendance plutôt physique. C'est une expérience qui avait déjà été tentée à plusieurs reprises (en Espagne, en Belgique, en Irlande) sans succès. Pourquoi l'avoir renouvelée dans ce match si important ? HIDALGO  : Qui a contesté l'équipe avant le match contre l'Angleterre ? La presse a-t-elle pris ses responsabilités ? A-t-elle dit que Larios et Girard ne sont que des joueurs défensifs ? Moi, je ne le dis pas. Girard est un joueur complet qui sait tout faire. Larios est plutôt à tendance offensive. Il y a de plus un facteur que vous ne mettez jamais en avant, c'est le degré de forme. J'ai voulu bâtir une équipe avec les joueurs les mieux physiquement. Sachant que la compétition était très longue. Et que ce qui était vrai au début ne le serait pas forcément après. On me parle de 4-4-2. J'ai toujours dit qu'en équipe de France, il y a six joueurs qui composent l'attaque et le milieu de terrain, et qu'il y a des interférences entre les lignes. De plus, j'ai toujours dit qu'il est plus important de parler des hommes que du système. Je n'ai jamais mis le système en avant. J'ai toujours réfuté le 4-4-2 ou le 4-3-3. ONZE  : On a eu l'impression, pourtant, que lors de certain rendez-vous capitaux, comme le match contre la Hollande, vous reveniez toujours à un style très particulier, avec trois milieux très offensifs comme Platini, Giresse et Genghini. HIDALGO  : Vous prenez des références mensongères. Pour certains matches, je n'ai pu utiliser des joueurs pour cause de blessures. ONZE  : D'après vous, il s'agit donc simplement d'un problème de présence ou de degré de forme, et pas seulement de changement d'organisation en fonction de l'adversaire ? HIDALGO  : Non, jamais. J'ai toujours pensé que dans un groupe, les meilleurs du moment jouaient. ONZE  : Plus qu'à un changement de joueurs, on pensait, schématiquement, à une manière relativement prudente parfois, et résolument offensive en d'autres occasions. HIDALGO  : On a joué en Belgique avec le même système que contre l'Irlande et l'Allemagne en Espagne. Trois milieux de terrain et Platini en n°9. Quand cela marche, on n'attaque pas l'entraîneur. Il n'y a pas de changement dans mes principes. ONZE  : Contre l'Irlande du Nord avec Genghini, Giresse et Tigana, le milieu de terrain était tout de même plus offensif et technique que face à l'Angleterre. HIDALGO  : J'ai tout de même imposé cela au niveau national. D'ailleurs, avant le match de qualification au Parc contre la Belgique, on me l'avait reproché, en disant que ce milieu-là allait exploser. ONZE  : C'est justement parce que ces joueurs avaient donné la preuve de leur efficacité qu'on a parfois l'impression que vous revenez un peu en arrière, que vous hésitez quelque peu. HIDALGO  : Pour moi, il n'y a pas de sénateurs dans l'équipe. Il y a des joueurs en forme et d'autres qui le sont moins. ONZE  : Il y a eu avant le premier match une campagne de presse poussée en faveur du 4-4-2... HIDALGO  : Oui, mais avec qui ? ONZE  : Avec Platini avant-centre... HIDALGO  : Et on appelle cela un 4-4-2 ? ONZE  : Platini a pourtant joué au milieu, et pas en centre-avant face aux Anglais. HIDALGO  : Croyez-vous qu'il existe un entraîneur au monde qui peut fixer un joueur sur le terrain, sans lui laisser la liberté de trouver le meilleur chemin ? ONZE  : On aimerait par exemple que Didier Six se cantonne plus dans son rôle spécifique d'ailier de débordement. HIDALGO  : Il ne faut pas demander à Six ce qu'il ne sait plus faire. Il n'est peut-être plus un ailier... ONZE  : Il n'y a donc plus d'ailiers en France ? HIDALGO  : Je n'en vois pas beaucoup qui s'imposent avec netteté, effectivement. ONZE  : Dans la manière dont veut jouer l'équipe de France, c'est quand même un gros handicap... HIDALGO  : Le handicap d'une équipe, c'est de ne plus avoir d'équilibre. Comme les Brésiliens qui n'ont pas d'attaquant. ONZE  : Platini n'a-t-il pas souffert de se retrouver avant-centre ? HIDALGO  : A mon avis, il est sorti grandi de ce Mundial. Platini n'a pas recherché la vedette. Il n'a pas cherché à jouer de façon égoïste. ONZE  : Il y a-t-il des joueurs que vous regrettez d'avoir emmené ? Et d'autres que vous regrettez, par contre, de ne pas avoir emmené ? HIDALGO  : De ceux qui étaient là, je n'ai aucun regret. Comme toujours, j'en ai, en revanche, de ne pas avoir emmené certains autres. Je pense que si un Zimako avait gardé en fin de saison la forme qui était la sienne au début, il nous aurait rendu des services. ONZE  : Par rapport aux joueurs, qu'est-ce qu'à gagné Michel Hidalgo lors de cette Coupe du Monde ? HIDALGO  : Je dois dire d'abord que les joueurs sont professionnels, et que nous n'avons pas à baisser la tête devant les sommes qu'ils ont gagnées. D'autant que
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