Onze n°80 août 1982
Onze n°80 août 1982
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°80 de août 1982

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Éditions de France

  • Format : (206 x 278) mm

  • Nombre de pages : 68

  • Taille du fichier PDF : 83,7 Mo

  • Dans ce numéro : les 100 meilleurs joueurs du monde.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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corde à considérer que ce premier tour à vingt-quatre équipes fut intéressant. On découvrit le football du Honduras, de l'Algérie ou du Cameroun sans oublier le Koweït contre la Tchécoslovaquie, le Salvador qui se reprit après son désastre face aux Hongrois ainsi que la Nouvelle-Zélande qui ne ferma jamais le jeu. Mais le public espagnol n'avait d'yeux que pour son équipe et il fut évident qu'après sa piètre exhibition contre le Honduras, son match volé contre la Yougoslavie et pire, sa défaite contre dix Irlandais du Nord, l'Espagne n'avait aucun rôle sportif à jouer, réalisant même le pire parcours d'une nation organisatrice dans l'histoire de la Coupe du Monde. Pour nous Français, avouons-le, ce Mundial démarrait très mal. Moins de trente secondes après le coup d'envoi contre l'Angleterre, c'était même la honte signée Robson. Heureusement les Tricolores reprirent leurs marques contre le Koweït avant qu'Amoros ne nous sauve à la dernière minute contre la Tchécoslovaquie. C'était peut-être un peu chaotique mais c'était un progrès par rapport à 1978. La France allait participer au second tour de la Coupe du Monde. Par chance et malgré les calculs qui auraient dû nous faire renconter l'Espagne, la bande à Hidalgo allait pouvoir parfaitement montrer ses progrès en se voyant désigner comme adversaires l'Autriche et l'Irlande du Nord. Les observateurs sportifs du monde entier allaient, avec surprise, découvrir l'excellence de la cuvée France 1982 avec un milieu de terrain aussi spectaculaire que celui des Brésiliens, le quatuor Platini, Giresse, Genghini et Tigana. Tout le monde connaissait Platini mais peu de journalistes étrangers savaient que le petit Giresse était un grand, que Genghini tirait aussi bien les coups francs que Platini ou que Tigana avait parfaitement sa place dans l'équipe brésilienne. A tel point que ce brillant Onze de France fut notre meilleur ambassadeur. Ce ne furent que compliments dans tous les quotidiens surtout lorsque les journalistes espagnols découvrirent les affinités ibériques de certains de nos joueurs. On compara la France au Brésil et ce n'était pas une mince référence. Les plus rêveurs d'entre nous imaginaient même déjà un France-Brésil en finale. Et sur un match... Mais on ne rêve pas en Coupe du Monde. Le talent des Brésiliens n'allait pas résister face à l'opération de commando menée par l'équipe d'Italie et son ressuscité, Paolo Rossi. Les espoirs des Français, joueurs et téléspectateurs, allaient eux se briser lors de cette chaude et triste nuit de Séville où, 16 L'ESPAGNE, ('[TAIT COMMENT ? POSITIF Comme à Madrid, des stades magnifiques complètement adaptés au football. NÉGATIF Une police impatiente d'agir, mais qui fut contenue au second tour. Heureusement ! alors que les Bleus se voyaient déjà au paradis de la finale, il fallut soudain payer la débauche d'efforts, l'agression de Schumacher nous privant d'utiliser nos jokers de remplacement et l'arbitrage incohérent d'un Monsieur Corver qui entrait dans la triste légende de ceux qui voient un autre match que celui qui se déroule. Quelques jours après que le Brésil eut quitté la compétition, il régnait encore chez les journalistes comme un sentiment de frustration. Il semblait impensable que la phase finale du Mundial puisse se jouer sans ces joueurs de génie. En ce qui concerne l'Argentine en revanche, c'était la fin d'une époque. Mal- gré quelques éclairs, Maradona avait été muselé et les champions du Monde étaient partis par la petite porte. Toujours laborieuse et accrocheuse, la Pologne continuait son chemin après son match nul contre l'U.R.S.S. La politique, toujours la politique. On avait senti aussi que tout ne tournait pas très rond chez les champions d'Europe de la R.F.A., surtout depuis que Rummenigge jouait sur une seule jambe. Et tout ceci faisait, inexorablement, que la Squadra Azzurra de Bearzot voyait son heure arriver. En demi-finale, elle eut même l'avantage d'affronter une Pologne privée de Boniek, celui-ci s'illustrant la nuit précédente en faisant le tour des boîtes de nuit de Barcelone en compagnie d'une interprète. Il faut dire qu'il était suspendu pour le match contre l'Italie. Après le match douteux contre l'Autriche et la qualification miraculeuse et quelque peu injuste face à la France, c'est vers l'Italie que se portèrent toutes les sympathies. On ne sut jamais les causes du comportement des joueurs d'Allemagne de l'Ouest contre la France mais toujours est-il qu'ils ne purent jouer que soixante minutes contre des Italiens sur lesquels aucun de leurs plus chauds supporters (si ce n'est l'illustre commandatore Bisso) n'aurait osé parier une lire sur leur chance. Les Italiens champions du Monde, tels furent les titres du lendemain de la finale. Une appellation inexacte. Les Italiens ont gagné la Coupe du Monde 1982 comme Paris-Saint-Germain a gagné l'édition de la dernière Coupe de France. L'Italie n'est pas, in abstracto, la meilleure équipe du Monde. C'est celle qui a fait le meilleur parcours du Mundial 1982. Mais il est évident que- la R.F.A., la Pologne, la France, l'Angleterre et bien sûr le Brésil ont des qualités au moins égales permettant ainsi aux grands tournois mondiaux ou européens d'être incertains jusqu'au dernier match. En souhaitant que le Mundial 1986 voie de nouveau participer des équipes d'Afrique, d'Asie, d'Amérique centrale ou d'Océanie et en espérant que la France, organisatrice du Championnat d'Europe des Nations 1984, ait vu ses représentants sportifs et ses dirigeants tirer des leçons de ce Mundial 82. Car dans deux ans, c'est nous qui seront jugés. Un rendez-vous qui sera très important car la réussite de l'organisation du Championnat d'Europe des Nations serait une première étape vers l'accueil en France de la Compétition suprême en 1990. A condition bien sûr qu'avance rapidement le fameux dossier concernant le grand stade de 100 000 places qui fait défaut à notre capitale. Jean-Pierre Frimbois
Conti, Rossi, Oriali, Cabrini, Tardelli. Debouts  : Zoff, Graziani, Bergomi, Scirea, Collovati, Gentile.



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