Œdipe n°9 mar/avr 2009
Œdipe n°9 mar/avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°9 de mar/avr 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : speed dating, comment séduire en 8 minutes.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 Parcours Où mène la géographie ? Contrairement à sa voisine l’histoire, la géographie mène peu à l’enseignement. Les débouchés sont variés à condition de ne pas s’arrêter en licence, principalement dans tout ce qui touche à l’aménagement du territoire, à la cartographie, mais aussi dans les domaines de l’environnement et du tourisme. En effet, l’enseignement n’est pas l’orientation préférée des géographes. À Lyon 2, moins d’un tiers des diplômés s’y engouffrent, principalement pour enseigner dans les écoles. Le reste poursuit sa route vers le niveau bac +5 pour viser des postes dans l’aménagement (du territoire urbain et rural), la cartographie, l’environnement ou encore en plus faible proportion, le tourisme. Des débouchés qui ne sont pas dus au hasard puisque cette discipline s’est tournée très tôt vers ses applications. L’université de Strasbourg diplôme ainsi des spécialistes de l’aménagement depuis les années 70, embauchés dans les collectivités et services de l’État, dans des organismes para publics (sociétés d’économie mixte, associations) ou cabinets privés. Les diplômés y occupent des fonctions de chargés de mission ou d’études, dans l’urbanisme, l’agriculture, la protection des parcs naturels... Avec des tâches qui peuvent être aussi variées que dresser des cartes, promouvoir des territoires, élaborer des questionnaires et mener des interviews ! L’atout du géographe : l’ouverture sur les autres disciplines Si les géographes sont attendus à ces postes, c’est, selon les enseignants, dû à deux spécificités de la formation. Une approche pratique d’abord puisque c’est l’une des rares formations universitaires à se déplacer sur le terrain pour y enseigner des méthodes d’investigation : prélèvements, observation de cours d’eau, de l’érosion des roches, interviews... Mais l’atout « qui leur permet de s’adapter », note Anthony Simon, directeur de la fac de géo de Lyon 2, « c’est l’ouverture sur les autres disciplines ». « Ils ont des connaissances en pédologie, hydrologie, géologie, sociologie, fonctionnement Cartographes mais pas à l’IGN ! Si les géographes font évidemment de la cartographie en bureaux d’études ou chez des éditeurs, en s’appuyant sur leurs connaissances des systèmes d’information géographique, paradoxalement, ils sont doublés par les maths sup et maths spé à l’IGN (Institut géographique national) ! des collectivités, géomatique... ce qui leur permet de relier le terrain à la carte », précise de son côté François Pesneaud, directeur adjoint de la fac de Strasbourg, qui les compare aisément à un « médecin généraliste car ils connaissent un peu tout sur le fonctionnement de l’espace ». Une compétence qui, si elle est couplée à celle d’un juriste, permet de « former le meilleur attelage dans le domaine du développement », puisque « le géographe a l’ouverture à la nature et à la société et le juriste les connaissances pour placer les bornes. » Travailler dans la prévention des risques naturels et technologiques Les géographes trouvent aussi des jobs intéressants dans l’environnement, grâce à leurs connaissances en géographie physique (géologie, pédologie, hydrologie...). Ils peuvent travailler pour la protection des milieux, la lutte antipollution ou dans la gestion de l’eau (traitement des eaux, gestion des canaux...). Ils peuvent aussi être affectés à des missions de prévention du risque, naturel mais aussi technologique, spécialité qui fait l’objet de cours spécifiques dans certaines universités. « Ils ont une approche systémique, TRIMESTRIEL N° 9 M A R S/A V R I L 2 0 0 9
compétence importante pour ce type de mission », explique Anthony Simon. « Un géographe peut appréhender les risques d’un éco-système parce qu’il connaît les éléments, et les effets possibles de leur interaction. » Enfin, moins nombreux mais possibles, les débouchés pour développer le tourisme dans des collectivités, syndicats d’initiatives, offices de tourisme... Polyvalents mais du coup peu spécialisés « Une formation complémentaire de celle des juristes, techniciens et administratifs » Un panorama donc sympathique car varié, mais qui ne doit pas faire oublier que certains ne trouvent pas chaussure à leur pied. Près de 10% des diplômés strasbourgeois disaient récemment ne pas avoir trouvé d’emploi correspondant à leur formation, et 26% être à un poste en-dessous de leur niveau d’études. Ce qui s’explique par certaines faiblesses. « Leur ouverture sur d’autres disciplines et à d’autres méthodes a un revers : les géographes ne sont pas spécialisés », remarque Anthony Simon. Ce qui les empêche de rivaliser avec des spécialistes de la climatologie, biologie, etc. Idem, ils ne sont pas « au top » Après un DEUG de géo, Sébastien Bobillon a validé une licence puis un master Aménagement et développement territorial à Lyon 3. Il est aujourd’hui « acteur du développement local » comme il le souhaitait, chargé de mission à la Direction Aménagement du territoire & des déplacements de la communauté d’agglomération de Saint-Étienne Métropole. Quelle est la nature de votre activité ? Je partage mon temps sur des missions de suivi et d’animation des politiques contractuelles et j’ai également en charge l’urbanisme commercial, les fonds de concours aux communes, la gestion des aides exceptionnelles… Je suis également le référent Europe et Appel à projets. concernant la pratique de langues étrangères, gros handicap dans le tourisme, et ont des connaissances légères en droit, demandées pour les concours. Moralité, il est nécessaire de prendre tous ces points en compte dès le début du cursus. En prévoyant de se spécialiser, même hors master dans des organismes de formation tels l’Institut d’urbanisme de Lyon ou l’École nationale de l’eau et de l’environnement de Strasbourg ou en travaillant en parallèle certaines compétences. « Garder une langue vivante et avoir une mobilité à l’international pour ceux qui visent le tourisme et cumuler les stages, ap- En quoi vos études de géo sont-elles un atout ? C’est une discipline passionnante et riche, en raison de la diversité des enseignements (climatologie, géomorphologie, hydrologie, géographie des populations et des sociétés…). Au-delà de l’acquisition d’un savoir scientifique et technique, ces études m’ont permis de comprendre le monde dans lequel j’évolue, d’appréhender la complexité des rapports entre les hommes et la nature. Avec une approche spécifique au géographe, replacer l’homme au centre des raisonnements. Et les années de spécialisation m’ont permis de découvrir les collectivités, les enjeux de l’aménagement et du développement territorial, d’intégrer la complexité des jeux d’acteurs… Je sais du coup appréhender les sujets en mettant en perspective enjeux de société, conséquences en matière d’organisation de l’espace, de dynamique du territoire… Une approche complémentaire de celles de mes collègues juristes, administratifs, techniciens. TRIMESTRIEL N° 9 M A R S/A V R I L 2 0 0 9 19



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