Œdipe n°8 déc 08/jan-fév 2009
Œdipe n°8 déc 08/jan-fév 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°8 de déc 08/jan-fév 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,3 Mo

  • Dans ce numéro : insertion, les diplômes d'université ont la cote.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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International 26 RENCONTRE André Siganos, directeur de Campusfrance « Il faut labelliser les établissements » Comment expliquez-vous les « mauvais résultats » en termes de mobilité ? Si on tient compte de la population étudiante qui a augmenté de 9% entre 2000 et 2006, effectivement la mobilité baisse, avec, en outre, un tassement de la mobilité intra-européenne, même si nous restons bien placés après les Allemands. Le premier frein est simple : la bourse est ridicule* ! Elle doit du coup être presque obligatoirement complétée par d'autres aides. Résultat, la mobilité reste réservée à un certain niveau socio-culturel. Est-ce le seul frein ? Non, les étudiants veulent aussi être sûrs qu'ils auront franchi un cap significatif d'un point de vue professionnel. Ils veulent être sûrs de la qualité. Quand j'étais enseignant, j'avais tendance à surnoter les étudiants étrangers car je n'étais pas capable de chiffrer précisément le handicap de la langue. Cet exemple montre que l'on peut remettre en question la qualité des savoirs et niveaux disciplinaires transmis lors d'un déplacement ! Les étudiants peuvent aussi se demander si les cours ne sont pas aménagés spécialement pour les Erasmus, donc pas du même niveau que les autres. Ils attendent aussi un accompagnement spécifique, via un enseignant ou étudiant référent. Cela suppose donc de bons partenariats ou des établissements reconnus. Alors, comment faire mieux ? Il faut augmenter les bourses Erasmus. Valérie Pécresse va dans ce sens en annonçant le doublement du nombre et l'augmentation du montant. Il faut aussi favoriser les accords, non pas en nombre mais en qualité. La solution viendra également de l'Europe. Dès lors que nous aurons des agences de certification de la qualité de la mobilité, nous pourrons labelliser les établissements en évaluant tous les points évoqués ci-dessus. Et les étudiants se poseront sûrement moins de questions pour un déplacement. Ces solutions font-elles consensus ? Les professionnels disent que cela peut être contreproductif parce que pour être professionnalisante, une mobilité doit être internationale, pas seulement européenne. Pour eux, c'est plus formateur d'être hors d'un espace qui partage les mêmes valeurs et qui ressemble à un cocon. L'Oréal ne cherche pas seulement un personnel formé à une discipline mais une personnalité : quelqu'un qui a le goût du risque, qui acquiert des capacités à communiquer... Or la moitié de nos têtes blondes et brunes va au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne... Au plus près de chez eux. Les Allemands ont créé un programme « Go out » pour inciter à aller au-delà de l'Europe. * 180 euros par mois en étude et 500 euros en stage, en 2007/2008. TRIMESTRIEL N°8 D É C E M B R E 2 0 0 8
Pourquoi partir ? Parce qu'on apprend à s'adapter et on s'ouvre l'esprit Agnès Chamayou est partie deux fois en Erasmus, en L3 aux Pays-Bas et en M1 en Espagne, lorsqu'elle étudiait le droit à l'université de Toulouse 1 Sciences sociales. « J'ai retrouvé un esprit Erasmus dans les deux pays : des nationalités différentes qui se retrouvent et aiment partager des choses. Aux Pays-Bas, j'ai fait de la co-loc avec 34 personnes différentes et je me suis retrouvée avec plein de nationalités différentes ! Ma peur de la langue a été très vite dépassée, parce qu'on consuls de France à l’étranger, comme on l’envisage à Nantes, ou encore ceux des étudiants étrangers accueillis sur place. 500 à Paris 10, « qui peuvent parler de leur pays et culture et renforcer cette dimension internationale auprès des autres ». Ou ceux que l'on peut parrainer via l'association « Autour du Monde » à Nantes, une occasion en or de préparer son propre départ. Autre bonne idée, recenser les bonnes pistes et les bons plans sur place, comme on le fait à Nantes, en se servant des retours des étudiants déjà partis, diffuser l'info par mail, lister sur le web les accords de coopération et des fiches par pays qui présentent lieux d'accueil, conditions d'études, les prix... Il faut faire des économies Côté langue, en revanche, il reste encore beaucoup à faire. Quelques témoignage Agnès Chamayou (à gauche) à Saragosse se force à communiquer. Côté finances, on peut se déplacer à des prix raisonnables, en Espagne, par exemple. Les universités peuvent nous aider à trouver des logements et il n'est pas difficile de trouver des petits boulots. C'est extrêmement enrichissant, on apprend à s'adapter à de nouveaux outils pédagogiques, on s'ouvre l'esprit et, au final, on a une meilleure confiance en soi. Si je le pouvais, je le referais. » initiatives se distinguent néanmoins, tels des labos de langues pour l'auto-apprentissage. Reste que, pour beaucoup d'entre eux, le nerf de la guerre, c'est l'argent. Tout le monde s'accorde pour reconnaître que la bourse Erasmus est encore ridicule et compensée inégalement par les aides locales. L'alternative, se préparer en faisant des économies, et ce d'autant que l'expérience sera une « plus-value »... On peut travailler l'été, choisir son pays en fonction du coût de la vie... Et cet appel à la « débrouille » a au moins le mérite de permettre aux étudiants « de bien réfléchir à leur projet, de se projeter et de se préparer au départ », note Françoise Le Jeune. Dans tous les cas, l'expérience est à tenter puisque « extrêmement enrichissante ». « C'est surtout une aventure humaine et linguistique », estime Françoise Le Jeune. « Ceux qui partent en reviennent avec un état d'esprit différent. Ils ont pris du recul par rapport à eux-mêmes, leur projet professionnel. C'est essentiel pour l'ouverture d'esprit et cela fait indéniablement grandir. » Camille Pons Pour en savoir plus pour financer sa mobilité, consultez Oedipe 5 (mars 2008) auprès de votre SCUIO ou sur www.editions-epicure.com rubrique téléchargement/publications Que faire avec un diplôme TRIMESTRIEL N°8 D É C E M B R E 2 0 0 8 2 ? MARS 2008 TRIMESTRIEL N°5 L’intérim : travail souple pour étudiants motivés



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