Œdipe n°7 sep/oct/nov 2008
Œdipe n°7 sep/oct/nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°7 de sep/oct/nov 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,9 Mo

  • Dans ce numéro : apprenez les langues avec le Wwoof.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Rencontre 14 Laurent Hénart Président de l'Agence nationale des services à la personne À tout juste 40 ans, Laurent Hénart, a été secrétaire d’État à l’insertion professionnelle des jeunes et préside aujourd’hui l'Agence nationale des services à la personne. Il a notamment contribué à la mise en place de mesures destinées à favoriser l'insertion professionnelle des jeunes, au sein du « pôle cohésion sociale » de Jean-Louis Borloo. Quelles sont les principales mesures auxquelles vous avez contribué au sein du pôle cohésion sociale ? Le baromètre des métiers, mis en ligne en 2005 sur le site du ministère, a été un premier outil concret proposé aux jeunes, aux parents et aux acteurs de l'orientation des CIO, lycées, Missions locales, etc. L'idée était de diffuser une information objective - qui recrute, ne recrute pas, quels sont les salaires, etc. - pour ne pas faire de l'orientation seulement sur des représentations de métiers. Notre deuxième préoccupation était de favoriser le travail des jeunes. La détaxation des revenus jusqu'à 3 mois de travail par an est une mesure importante qui doit permettre de développer le taux d'activité des 16-25 ans qui reste faible*. Alors que la moyenne des pays européens se situe entre 55 et 65%, le taux en France est de 25 à 30%. Or, pour réussir son insertion, un jeune doit se frotter au monde du travail dès la formation initiale. Il peut ensuite choisir son métier en connaissant la réalité de ce dernier, ses contraintes, etc. Cette logique a présidé à une autre grande mesure, développer l'apprentissage et faire passer le nombre d'apprentis, entre 2005 et 2010, de 340 000 à 500 000. Qu'est-ce qui a été fait pour favoriser le développement de l'apprentissage ? Outre soutenir le développement de filières en régions, dont des filières post-bac, donner des crédits pour les transports et l'hébergement des apprentis, nous avons aussi voulu inciter les employeurs à faire appel aux apprentis. Les petits employeurs bénéficient de crédits d'impôts de 1 500 à 2 000 euros par apprenti et par an, alors que les gros voient leur taxe d'ap- « Il n'est pas normal aujourd'hui d'avoir plus de chances de trouver un boulot avec un BTS plutôt qu'avec un master recherche » TRIMESTRIEL N° 7 O C T O B R E 2 0 0 8
prentissage majorée quand les apprentis ne représentent pas 2% de leurs effectifs. Nous sommes persuadés que, pour les entreprises, avoir un collaborateur d'abord à temps partiel, c'est un excellent moyen de recruter ensuite en connaissance de cause. Côté université, c'est un bon moyen d'améliorer le taux d'emploi après les formations et donc l'image de ces dernières, mais aussi de collecter la taxe d'apprentissage. Fin 2007, nous avions 420 000 apprentis en France. Que pensez-vous des liens que l'université entretient avec le monde du travail ? J'ai publié « Université, pour un nouveau souffle. 10 propositions pour l'Université de demain », sur le site www.france-republique.org. Les principales recommandations ont été reprises dans la LRU. Il faut davantage professionnaliser l'université. Celle-ci prépare seulement 5 à 7% des jeunes à entrer dans le monde du travail, les autres optant pour des carrières plutôt « intellectuelles », de professeurs, chercheurs, etc. L'université ne travaille en quelque sorte que pour elle. J'ai plaidé pour le développement de filières en alternance, une plus grande autonomie pour que l'université puisse développer des formations en adéquation avec les besoins locaux, une intégration de l'expérience professionnelle dans l'évaluation, etc. Il n'est pas normal aujourd'hui d'avoir plus de chances de trouver un boulot avec un BTS plutôt qu'avec un master recherche. De Nancy à Paris Né en 1968 près de Nancy, Laurent Hénart est marié et père de deux enfants, Camille et Violette. Engagé très tôt en politique, il a créé, en 1989 alors qu'il est encore étudiant, le mouvement des Jeunes Radicaux. Élu conseiller municipal de Nancy en 1995, il est adjoint au maire depuis 2001, en charge de la culture et de la jeunesse. Député de Meurthe-et-Moselle depuis 2002, il est, entre 2004 et 2005, secrétaire d'État à l'insertion professionnelle des jeunes au ministère de la Cohésion sociale, et, depuis octobre 2005, président de l'Agence nationale des services à la personne (www.servicesalapersonne.gouv.fr). Vous étiez au gouvernement quand le CPE a suscité une violente opposition. Que pensezvous de ce projet avorté ? Le CNE (contrat nouvelle embauche) venait juste d'être accepté par l'opinion parce qu'il était dans une logique très claire : répondre aux difficultés de recrutement des petites entreprises. C'était un argument imparable. Le CPE, en revanche, donnait l'impression que les jeunes devaient se dévaloriser pour être recrutés. Je pense qu'il a été insuffisamment ciblé, il aurait pu concerner par exemple les jeunes en difficulté. Les services à la personne proposent-ils des débouchés pour des jeunes de l'enseignement supérieur ? C'est un secteur en pleine expansion. Plus de 104 000 emplois ont été créés en 2006, 132 000 en 2007. Le secteur représente une palette d'emplois très variés, de l'aide à domicile à l'assistance administrative et l'encadrement où nous avons besoin de plus en plus de personnels, donc de diplômés de l'enseignement supérieur. Pourquoi vous intéressez-vous à l'insertion ? L'insertion, l'emploi sont des problèmes de société. Je suis pour une approche davantage individualisée de l'insertion professionnelle. Quant à la politique, j'aime ça depuis toujours. Rencontrer des gens, réfléchir, proposer, convaincre… L'exercice de responsabilité publique me passionne ! Propos recueillis par Camille Pons * Le taux d'activité inclut aussi les travailleurs à temps partiel, occasionnels et ceux qui sont en formation en alternance. TRIMESTRIEL N° 7 O C T O B R E 2 0 0 8 15



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