Œdipe n°6 jun/jui/aoû 2008
Œdipe n°6 jun/jui/aoû 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de jun/jui/aoû 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,1 Mo

  • Dans ce numéro : sachez régiger un CV en anglais.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Rencontre Croissance Plus est une association d'entrepreneurs qui, en marge des syndicats, fait des propositions en matière d'emploi, d'insertion, de formation, de recrutement… Elle regrette que ses propositions concernant les stages n'aient pas été pour la plupart retenues. Explications d'Amaury Eloy, co-président de la commission sociale et emploi. 16 Quelles sont les propositions de Croissance Plus concernant les stages étudiants ? Nous avons fait des propositions phares que le gouvernement n'a, hélas, pas retenu. La première était d'interdire les stages non conventionnés et hors cursus. Parce que, pour nous, il s'agit d'emplois déguisés. Utiliser des stagiaires « à tout va » est un effet boomerang du cadre du travail français. Il faut que cela cesse. Cela n'est pas normal d'utiliser en stage des diplômés d'architecture, de marketing, etc. Nous demandions aussi que tout stage d'une durée supérieure à deux mois soit rémunéré. Certes, un stagiaire coûte plus cher à l'entreprise, mais la période de découverte peut se transformer en quelques mois en véritable travail Amaury Eloy « Tout travail mérite gratification » « TOUT STAGE D'UNE DURÉE SUPÉRIEURE À DEUX MOIS DOIT ÊTRE RÉMUNÉRÉ » et tout travail mérite gratification. Nous voulions aussi que soit relevé le plafond de la franchise des stages. Actuellement, un patron est exonéré de charges patronales contre une gratification d'un peu moins de 300 euros par mois. Nous voulions que cette gratification soit relevée entre 30 et 50% du SMIC, selon le niveau du cursus, soit jusqu'à 650 euros pour les étudiants, dès la deuxième année d'études. Les jeunes aussi ont besoin de sous ! Comment accueillez-vous les propositions du gouvernement (lire Œdipe n°5 de mars 2008) ? Elles ne sont pas suffisantes. Le plafond de la franchise est relevé à seulement 20 ou 30% du SMIC et la notion de stage est davantage liée à une durée qu'à un cursus. De plus, le versement de gratification n'est rendu obligatoire que pour les stages d'une durée de trois mois minimum et ne pouvant excéder six mois. TRIMESTRIEL N° 6 J U I N 2 0 0 8 Quelles sont les autres propositions qu’avance Croissance Plus, concernant les jeunes ? Tous les deux ans, nous listons des propositions concrètes pour les jeunes, les quadragénaires et les seniors. 110 propositions ont été faites dans le dernier Livre blanc, consultables sur notre site, et concernent aussi bien le recrutement et l'intégration que la formation et la recherche... Nous voulons, par exemple, que les jeunes soient le plus tôt possible confrontés au monde de l'entreprise, qui n'est pas perçu comme un lieu de construction mais comme un lieu d'aliénation de la personne ! Il faut mettre en place des passerelles le plus tôt possible. La semaine de découverte pour les lycéens est une bonne chose, mais il faut aller plus loin. Nous encourageons, par exemple, l'initiative « 100 000 entrepreneurs.com », dont le principe est d'envoyer des entrepreneurs dans les établissements et non plus les élèves vers l'entreprise, pour témoigner de la réalité de la création d'entreprise. Pas besoin d'avoir l'ambi-
tion de créer un deuxième L'Oréal, on peut monter une petite structure, dans l'artisanat, le commerce… Comment peut-on résoudre le problème de recrutement des jeunes ? « UNE RÉFORME DE FOND POUR FAIRE SAUTER LES OBSTACLES AU RECRUTEMENT » Il faut une réforme de fond pour faire sauter les verrous, principalement structurels, qui font obstacle au recrutement. Cette réforme doit concerner les charges sociales qui font que, pour une PME, recruter devient une décision de gestion et non plus une décision de projet. Elle doit conduire à revoir aussi le fonctionnement des prud'hommes qui fait que le salarié a tout à gagner et rien à perdre et que les patrons ont tout à perdre et rien à gagner. L'association souhaite notamment que les licenciements qui ont fait l'objet de transactions soient traités après les autres. Enfin, nous devons réformer le code du travail qui ne permet pas des licenciements à l'amiable qui permettraient de développer des CDI. Nous proposons de fixer au moment du recrutement, comme dans un contrat de mariage, des modalités d'indemnités de compensation dans le cas d'une séparation future par commun accord. Quand la France aura 4% de chômage, il ne sera plus possible d'avoir 25% de chômeurs chez les jeunes ou les seniors. Propos recueillis par Camille Pons Amaury Eloy, carte d'identité Cet entrepreneur a fondé depuis une dizaine d'année une imprimerie en ligne, newworks.com, qui emploie aujourd'hui 80 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 8 millions d'euros. C'est après une longue expérience à l'étranger, dans le métier du conseil en RH, et à son retour sur le marché de l'emploi français, qu'il choisit de s'investir dans l'association Croissance Plus dont il co-préside aussi le comité directeur. Croissance Plus, c'est quoi ? Plus de 350 entreprises, de tous secteurs d'activité, de 3 à 10 000 salariés, adhérent à cette association, créée il y a une dizaine d'année, afin « de recueillir des réalités de terrain et d’apporter ensuite des propositions au gouvernement pour faire bouger les curseurs ». Croissance Plus défend le droit au partage des informations et de la richesse tout en favorisant le développement des entreprises : droit à la participation dès le 16 e salarié et non à partir du 50 e, que seulement 10% des stocks-options soient réservés aux chefs d'entreprises, « l'évaluation à 360 degrés », la transparence de la formation… En savoir plus : www.croissanceplus.com TRIMESTRIEL N° 6 J U I N 2 0 0 8 17



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