Œdipe n°5 mar/avr/mai 2008
Œdipe n°5 mar/avr/mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°5 de mar/avr/mai 2008

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 5,3 Mo

  • Dans ce numéro : l'intérim : travail souple pour étudiants motivés.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Rencontre Travail étudiant, Oui, mais pas trop, selon le CES Laurent Bérail est représentant CFDT au Conseil économique et social (CES). Il a été rapporteur de l'avis adopté le 28 novembre dernier sur le travail des étudiants. Oui au travail, disent les conseillers, mais à plusieurs conditions : un système d'aide sociale boosté, des heures de travail limitées et une reconnaissance de l'expérience professionnelle dans les cursus… 10 LAURENT BÉRAIL Vous faites le constat que le travail des étudiants est bénéfique. Pourquoi ? De nombreuses études, enquête emploi de l’INSEE, conditions de vie de l’OVE, enquête génération CEREQ, des données de la DEP et des études canadiennes et américaines – ces derniers étant très en avance sur ces questions – montrent que le travail n'est, pour les étudiants, pas seulement un palliatif à l'insuffisance de l'aide sociale, mais un atout pour l'orientation et l'insertion dès lors que les moyens sont réunis pour concilier études et travail. Nous avons d'ailleurs vérifié ces « effets positifs » lors de nos propres auditions, notamment celles des recruteurs. Ils nous disent qu'à diplôme égal, l'expérience professionnelle fait la différence – ce que confirment les études statistiques. Ces professionnels expliquent que, par exemple, travailler au McDo permet de développer des compétences de type aptitude à travailler en équipe et en temps contraint, ponctualité, connaissance des situations de travail, etc. Selon nous, il faut donc préserver ces expériences, mais avec un certain nombre de mesures pour qu'elle ne se fasse pas QUE CES EXPÉRIENCES NE SE FASSENT PAS AU PRIX D’UN ÉCHEC au prix d'un échec. Sachant que la première condition pour que ce ne soit pas un handicap pour les études, c'est que le travail hebdomadaire ne dépasse pas 15 heures. Quelles sont ces mesures ? Une réforme significative des bourses – celle du gouvernement étant insuffisante*, selon moi – avec à la fois une augmentation des montants et du nombre de bénéficiaires puisque l'on sait que les étudiants de classe moyenne sont aussi financièrement en difficulté. Nous prônons aussi la mise en place d'une allocation d'études remboursable pour tous, que le jeune pourrait rembourser quand il a un emploi, sur un temps long, TRIMESTRIEL N°5 M A R S 2 0 0 8 hors périodes de chômage, etc. Cette mesure aurait également le mérite d'être responsabilisante pour l'étudiant. Pour alimenter ces mesures, il faudrait diminuer les avantages de la demi-part fiscale, qui profitent prioritairement à ceux qui paient le plus d'impôts. Au final, l'étudiant devrait pouvoir disposer des 700 euros dont il a besoin dans le mois pour vivre. Au-delà du gouvernement, qui peut contribuer à favoriser ce travail en dessous de 15 heures hebdomadaires ? Les universités. Nous préconisions par exemple le développement d'emplois au sein des établissements, parce qu'être présent sur le site est déjà facteur d'intégration et de réussite, ce qui a été mis en œuvre en décembre [lire par ailleurs p.12ndlr]. Les universités doivent aussi aménager les temps d'études, en recourant aux outils numériques et en réinstaurant les cours du soir qui ont disparu, alors qu'ils sont des centaines de milliers à être demandeurs. Il faut aussi valoriser le tra-
vail des étudiants dans les cursus : en le prenant en compte dans les futurs modules projets professionnels de Licence, en attribuant des crédits ECTS comme c'est le cas pour les expériences associatives et en intégrant les compétences acquises dans le supplément au diplôme* qui aurait dû être mis en place en 2001 dans les universités ! Enfin, nous proposons des mesures en direction des entreprises. Que DES HORAIRES ADAPTÉS ET ADAPTABLES l'on instaure un congé de droit pour les examens, que l'on donne des réponses aux difficultés de seuil d'assignation aux dispositifs de protection sociale (par exemple, en dessous de 15 heures on ne cotise pas pour la retraite). Que ces entreprises adoptent des volumes horaires adaptés et adaptables, mais aussi qu'elles reconnaissent l'évolution des compétences acquises dans les études, soit en proposant à l'étudiant des postes différents au fur et à mesure de son évolution, soit en améliorant sa rémunération. C'est important, parce que les étudiants, contre toute attente, gardent le même emploi un an et demi en moyenne. Tout cela est-il facile à mettre en œuvre ? TRIMESTRIEL N°5 M A R S 2 0 0 8 C’est un convaincu. Laurent Bérail croit au bien fondé du travail étudiant parce que lui-même a travaillé pendant toutes ses études d'économie en GRH : - des nuits et des week-ends comme gardien au Centre des congrès d'Angers, - l'été comme électricienmonteur. Le plus difficile va être de changer les mentalités. Car les universités estiment que la question du travail et de l'insertion professionnelle ne relève pas de leurs responsabilités et de leurs missions. Si elles passent ce cap, elles peuvent travailler à concevoir la formation de manière plus ouverte, en prenant en compte, audelà de la formation académique, également les savoir-faire et savoir être. Et elles peuvent, pour ce faire, notamment s'inspirer des grandes écoles. De son côté, le gouvernement n'a pas pris cette question comme un problème global. C'est d'autant plus important qu'à travers le CES, c'est l'ensemble de la société civile qui adresse ce message. Camille Pons * Document qui traduit le diplôme en compétences. 11



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