Œdipe n°2 mai/jun/jui 2007
Œdipe n°2 mai/jun/jui 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°2 de mai/jun/jui 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : quand les DRH évaluent les diplômés de l'université.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Rencontre 18 Pierre lunel Qu’est-ce que les mesures contenues dans votre rapport vont changer concrètement à court et moyen termes ? Pierre Lunel : Certaines mesures sont déjà à l’épreuve comme l’orientation active. D’autres vont être développées dans toutes les académies après expérimentation. C’est le cas du dossier unique, expérimenté dans l’académie de Nantes et qui se généralisera dans toute la France en deux rentrées (2007 et 2008) : il permettra à chaque futur bachelier d’avoir accès à la totalité de l’information existante sur toutes les formations proposées dans l’hexagone, y compris leurs taux de réussite et d’insertion par diplôme. Dans le même temps, un conseil de classe, au deuxième trimestre, sera consacré exclusivement à l’orientation sur la base du projet d’études du lycéen. Après quoi, il pourra confirmer ou infirmer ses choix en s’appuyant sur le dispositif d’orientation active. Beaucoup de mesures ont été étudiées avec le ministère du Budget pour être opérationnelles rapidement. D’autres sont des suggestions faites à l’intention du prochain gouvernement, qui aura besoin de voter une loi de finances pour les mettre en œuvre car elles sont coûteuses. Ancien président de l’université Paris 8, Pierre Lunel est délégué interministériel à l’orientation. Il a remis en mars dernier au Premier ministre un schéma national de l’orientation et de l’insertion professionnelle articulé autour de 28 mesures et 4 préconisations. Qu’est-ce qui va changer pour les étudiants ? Pierre Lunel : Par exemple, des modules d’accompagnement et un tutorat renforcé devront permettre d’éviter que 80 000 étudiants quittent la fac avant Noël comme c’est le cas chaque année. Autre mesure capitale : dans toutes les licences, des modules de professionnalisation de base pourront être proposés en informatique, en langues étrangères, en économie, en techniques de recherche d’emploi… Afin que, quelle que soit sa discipline, l’étudiant dispose d’un socle de connaissances pratiques qui le rende opérationnel sur le marché de l’emploi. UNIVERSITÉS ET ENTREPRISES DOIVENT APPRENDRE À SE CONNAÎTRE Vous proposez la création d’un comité université-entreprise dans chaque établissement, afin que ces deux mondes se connaissent mieux et favoriser des formations professionnalisantes et l’accès à l’emploi. Mais il y a traditionnellement, chez les étudiants comme chez les personnels, des crispations idéologiques quant au rapprochement entre les deux. Pierre Lunel : Ce seront des lieux où les universitaires et les entrepreneurs se réuniront pour discuter par exemple de l’évolutivité des formations professionnelles. Quant aux crispations, je constate qu’il y a de plus en plus d’étudiants dont le principal souci est d’être formé dans une université pour aboutir à un emploi. Les deux « mondes » doivent apprendre à se connaître dans un respect mutuel. Vous insistez également sur l’importance des stages. Pierre Lunel : Tout ce qui va s’accomplir dans les deux ans à venir entre les universités et les entreprises ménera à proposer en TRIMESTRIEL N°2 M A I – J U I N 2007
quantité de vrais stages, dans le respect de la charte des stages d’ailleurs, et non pas des stages où l’on n'apprend rien dans de mauvaises conditions. Cette évolution concernera aussi bien les 200 000 ÉTUDIANTS REDOUBLENT ENTRE LA L1 ET LA L3, C’EST ÉNORME ! licences professionnelles que généralistes. Nous défendons les humanités, les lettres et les sciences sociales, mais, au-delà des 10% d’étudiants dans ces domaines qui passent le Capes, il faut que les universitaires développent les diplômes en terme de compétences, car les entreprises ont besoin de voir et de savoir quelles compétences maîtrisent les diplômés. Les stages y participent. Vous proposez également la création d’une maison des anciens étudiants dans chaque université. Pierre Lunel : C’est une mesure importante pour mettre en relation, comme dans les grandes écoles, futurs diplômés et anciens étudiants afin de faciliter l’insertion des premiers. Ces maisons existeront par université ou par UFR, qu’importe, mais il faut qu’elles voient le jour, c’est très concret. D’ailleurs, cette mesure, comme d’autres d’ailleurs, dépend aussi des étudiants. Ils doivent se l’approprier : c’est eux qui vont faire vivre ces maisons. À eux, en tant qu’usagers, de pousser les mesures qui leur paraissent les plus fortes afin qu’elles aboutissent concrètement. Si on veut que les choses bougent, il faut faire évoluer les mentalités. Aux étudiants d’être vigilants dans les conseils d’universités, dans leur syndicats, de faire pression sur leurs représentants… J’ajoute qu’aux mois de juin et juillet, mais aussi à la rentrée, je vais me rendre dans les universités à la rencontre des étudiants pour présenter ces mesures. Propos recueillis par F.C. 4 préconisations proposées au prochain gouvernement 1 2 3 4 Le rapport de Pierre Lunel est téléchargeable sur www.education.gouv.fr Mettre en place des modules de soutien en deuxième semestre de L1 ; Introduire dans toutes les licences des modules professionnalisants de base : informatique, langues, connaissance du monde économique, techniques de recherche d'emploi, portefeuille de compétences ; Instaurer des modules professionnels en L1 et L2 pour préparer l'accès à la licence professionnelle ; Installer une DOSI (Direction de l'orientation, des stages et de l'insertion) par université. TRIMESTRIEL N°2 M A I – J U I N 2007 19



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