Œdipe n°18 jun/jui/aoû 2011
Œdipe n°18 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : comment rebondir après une première année de santé ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 licence La licence générale « doit aussi être professionnalisante » ; il « faut sortir de l'idée que certains diplômes ne peuvent former que des enseignants ». C'est ainsi que Valérie Pécresse défendait, en avril dernier à Saint-Étienne, l'idée du stage obligatoire en licence quelques mois après avoir annoncé, le 17 décembre 2010, l'étape 2 du Plan licence, réforme lancée en 2007. « Le temps de mûrir » Parmi les nouveautés attendues, il y a l'introduction d'un semestre de professionnalisation en L2, dans lequel pourrait être intégré ce stage, et surtout « un temps long de maturation et d’affirmation du projet professionnel de l'étudiant ». À l'inverse, la 1 re année doit tendre davantage vers le pluridisciplinaire et être recentrée sur les fondamentaux, jouer un « rôle de portail » qui « permettra à chaque étudiant de se confronter à un Bientôt un stage obligatoire pour tous ? Un stage obligatoire dans la « nouvelle licence » ? Valérie Pécresse estime que « ce serait une bonne chose, même s'il s'agit d'un stage court, d'observation ». Il fait partie des mesures attendues de la 2 e phase de la réforme de la licence. éventail de disciplines, afin de lui laisser le temps de mûrir son orientation ». La ministre souhaite aussi que soient renforcées les passerelles entre formations postbaccalauréat (avec les STS et les IUT notamment). Valérie Pécresse veut aussi davantage de licences bi- ou pluridisciplinaires pour que les étudiants aient plusieurs compétences à leur arc, que les universités proposent des sessions de pré-rentrée incluant des enseignements de mise à niveau, des aménagements pour faire en trois ans les deux premières années... Enfin, la dernière année devrait être celle de la « spécialisation ». Les promesses serontelles suivies d'effets ? EPICURE Œdipe N°18 - ÉTÉ 2011 Au-delà des critiques que suscitent certaines mesures, on peut se demander néanmoins si certaines seront suivies d'effets. Si ce qui se fait déjà dans certaines universités pourra être généralisé à toutes les autres. Pécresse promet qu'« avec l'arrêté licence, ce sera la même règle pour tout le monde ». Mais pour l'instant, force est de constater que des universités sont allées plus loin que d'autres. Dans le cadre d'une opération « Littéraires en entreprises », Bordeaux 3 a par exemple aidé des étudiants en lettres, histoire, anglais et philosophie pour la préparation de leur projet professionnel et proposé des stages. Jean-Monnet à Saint-Étienne a instauré une « spécialisation progressive » en sciences, technologies, santé, les enseignements de spécialité ne représentant qu'un tiers de l'horaire au premier semestre et 50% aux deux semestres suivants, ce qui permet aussi d'affiner une orientation.
Cergy-Pontoise a rendu obligatoires les stages dans quasiment toutes les licences généralistes : en sciences et techniques, économie, LEA, géographie et histoire, et bientôt en droit (voir Œdipe 15). Mais il est important de noter qu'elle n'a pas non plus les caractéristiques d'un « paquebot » même si elle compte quelque 17 000 étudiants. Enfin, c'est autant de partenaires professionnels que d'étudiants en licence qu'il faudra trouver si le stage devenait obligatoire – ce que la ministre juste prématuré… pour l’instant. Et ces derniers seraient pas moins de 660 000 ! Or, pour Alain Escadafal, le président de la Courroie *, « vouloir mettre en stage la totalité des effectifs de licence sur un bassin d'emploi, à raison de plusieurs milliers d'étudiants cherchant sur la même période pour la plupart, est inenvisageable ». À suivre donc… Camille Pons * Conférence universitaire en réseau des responsables de l'orientation et de l'insertion professionnelle des étudiants. 730 millions d'euros pour diviser par deux le taux d'échec en première année, c'est ce qui a été débloqué pour ce plan sur 5 ans. Mais aujourd'hui, encore un étudiant sur deux échoue en fin de première année. « Ouvrir de nouvelles perspectives d'orientation » Élodie Jotham a effectué un stage de 2 mois dans une entreprise d'ingénierie électrique, en 3 e année de licence d'histoire à Bordeaux 3. « La question de l'orientation s'est posée à la fin de ma licence alors que j'avais jusque-là envisagé de rentrer à l'IUFM. J'avais entendu parler des ressources humaines mais je ne savais pas quelle voie emprunter. Dans l'entreprise, la rencontre avec la responsable des RH m'a confortée dans ce que je voulais faire. Je suis allée dans tous les services, « Affiner mon futur choix de parcours professionnel » En 2009-2010, Jimmy Champagne effectue un stage dès sa 2 e année d'études d'histoire à Cergy-Pontoise. Il est fouilleur durant 4 semaines sur un site archéologique gallo-romain dans le Val d'Oise. « Ce fut mon premier stage en rapport avec mes études. Bien que je connaissais par ailleurs le monde professionnel à travers divers jobs d'été. Avant le stage, je souhaitais entreprendre un master recherche en histoire EPICURE Œdipe N°18 - ÉTÉ 2011 j'ai observé, créé une base de données aux archives, réécrit le manuel d'usages au service informatique puis, au service RH, fait une recherche de formations pour répondre aux besoins de l'entreprise... Le stage est une bonne expérience pour découvrir l'entreprise, de nouvelles voies, des activités que l'on ne connaît pas, et susciter des vocations. En filières littéraires, on veut tous être profs ou entrer dans la fonction publique ! Le monde de l'entreprise nous est totalement étranger ! Or, il n'y a pas beaucoup de débouchés et c'est devenu très dur d'être prof. Moi, cela m'a ouvert d'autres perspectives d'orientation. Avant, je ne voyais pas comment les littéraires pouvaient être utiles à l'entreprise. » Cette année, Élodie prépare un DUT Gestion des entreprises et des administrations. ancienne sans idée réelle sur les débouchés, excepté les concours de l'enseignement. Durant mon stage, j'ai été au contact de professionnels : enseignants, restaurateurs, anthropologues ou encore spécialistes des métiers du patrimoine avec qui j'ai pu discuter et qui m'ont permis d'affiner mon futur choix de parcours professionnel. J'envisage maintenant de poursuivre sur mon idée de master recherche en histoire ancienne pour ensuite tenter d'intégrer un service départemental de préservation du patrimoine. Ce stage a vraiment été utile et bénéfique dans le sens où il m'a conforté dans mon choix d'étude de la période antique, m'a fait découvrir les fondements de l'archéologie, ses techniques, sa complémentarité par rapport à l'histoire, et surtout, ses possibles débouchés. » 23



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