Œdipe n°18 jun/jui/aoû 2011
Œdipe n°18 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°18 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,2 Mo

  • Dans ce numéro : comment rebondir après une première année de santé ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 rencontre Jean-Pierre Boissin Coordinateur du plan pour le développement de l'entrepreneuriat étudiant Sa mission : inciter les universités à développer les initiatives de sensibilisation à l'entrepreneuriat, les unités d'enseignement, les jeux de création d'entreprise, etc., pour toucher un maximum d'étudiants. Trois millions d'euros 1 ont déjà permis la création de 20 pôles regroupant les établissements qui pourront ainsi mutualiser moyens et ressources. Pourquoi cette mission dédiée au développement de pratiques de sensibilisation et de formation à l'entrepreneuriat ? L'entrepreneuriat est un excellent outil de découverte du monde de l'entreprise et des organisations. Au-delà même de la sensibilisation à la création d'entreprise, c'est un outil qui permet de développer l'esprit d'entreprendre, donc aussi utile pour l'insertion professionnelle et sociétale. Car il y a d'autres moyens d'entreprendre : être acteur d'un projet, créer des associations, etc. « Développer l'esprit d'entreprendre, c’est aussi utile pour la carrière et l'insertion » La création d'entreprise reste quand même un objectif visé ? La moitié de la croissance des pays industrialisés s'explique EPICURE Œdipe N°18 - ÉTÉ 2011 par la création d'entreprise. Google, Facebook sont des créations d’entreprise. Nos recherches montrent que les étudiants français sont attachés à la stabilité et à la sécurité. Ils recherchent d’abord des contrats de travail dans les grandes entreprises ou dans la fonction publique. Nous devons faire évoluer les mentalités en mettant en avant les qualités qu'il y a à devenir entrepreneur : cela peut concerner des moments de sa vie et pas d'autres, être un moyen de gagner en flexibilité, etc. C'est important aussi pour les docteurs, sachant que seulement 20 à 30% d'entre eux intègrent la recherche publique. Ils doivent donc se poser des questions sur leur orientation et se mettre dans une dynamique de recherche d'emploi. Nous allons promouvoir aussi des modules de formation pour éclairer sur le statut d'auto-entrepreneur qui peut être intéressant durant les études. Certains étudiants le choisissent par exemple pour donner des cours de théâtre. C'est un bon moyen de sortir de l'économie souterraine, propre à beaucoup de petits jobs étudiants. L'intérêt est évident aussi dans des formations menant à des métiers que l'on peut exercer en profession libérale, en psychologie, droit, école d'infirmières, traduction... À quoi vont servir les pôles ? La grande majorité s'inscrit dans la dynamique des PRES 2. Ils doivent permettre de faire des économies d'échelle et de moyens, puisque universités et écoles peuvent ainsi mutualiser des outils, pratiques et ressources sur un même site, des enseignants du domaine par exemple. Le challenge sera ensuite de mutualiser les pratiques sur toute la France !
Patrick Hetzel, à la DGE- SIP 3, a invité universités et écoles à mettre en place des modules sur l'entrepreneuriat pour tous les étudiants d'ici 2012. Où en est-on ? Cette incitation donne une légitimité nouvelle et indispensable pour généraliser les programmes de sensibilisation mais cela va demander du temps car il y a 2 millions d'étudiants en France. Nous souhaitons inciter d'abord à généraliser les semaines de l'entrepreneuriat ou les « 24 heures chrono » proposées par exemple par l’école de commerce Advancia, des jeux de création d'entreprise qui permettent de mobiliser beaucoup de monde sur un campus et sur un temps court. Et demander aux établissements de banaliser des journées pour les organiser. Des initiatives plus faciles à mettre en place au départ que de transformer les maquettes de cours, et qui permettent de faire des économies de moyens : geler une ou deux journées dans l'année plutôt que 3 heures par semaine toute l'année. De plus, c'est beaucoup plus ludique et attractif pour les étudiants. « Un jeu, c'est plus intéressant qu'un simple cours de comptabilité » Mais nous encouragerons aussi le développement de modules entrepreneuriat et création d'entreprise qui permettent d'obtenir des ECTS, ou hors formation. À l'image de l'initiative de Lille, par exemple, qui propose via Internet un jeu de découverte par énigmes, « Qui est le boss ? », et permet de toucher potentiellement plus de 100 000 étudiants. Nous avons aussi des pratiques intéressantes en école doctorales. Les Doctoriales de Grenoble mettent en situation des doctorants qui ne se connaissent pas, se regroupent en équipes, montent des projets et les présentent devant un jury de professionnels. Nous travaillons avec l'OPPE 4 à référencer les modules qui existent et nous allons monter des formations de formateurs. « Développer l'autonomie, la professionnalisation, le savoir-être, la capacité à être acteur » Quelles qualités attendezvous que cela développe chez les étudiants ? La mise en situation permet de développer l'autonomie, la professionnalisation, le savoir-être, la capacité à être acteur. Des qualités d'attitude qu'il paraît important de dégrossir : pour apprendre à faire des études de marché, à convaincre des clients potentiels, comprendre pourquoi une entreprise doit nécessairement créer de la richesse pour être pérenne, rencontrer des entrepreneurs... Et à EPICURE Œdipe N°18 - ÉTÉ 2011 Carte d'identité Professeur à l'IAE de Grenoble, Jean-Pierre Boissin n'en est pas à son premier poste à responsabilités. Avant d'être directeur d'un laboratoire de recherche (le CERAG) de 2005-2009, il a été le fondateur et directeur de la Maison de l'entrepreneuriat du PRES de Grenoble de 2002 à 2007, la toute première expérimentation interuniversitaire de pôle en France, qui explique certainement sa nomination en tant que coordinateur du plan pour le développement de l'entrepreneuriat étudiant en mars 2010. travers un jeu, c'est plus intéressant qu'un simple cours de comptabilité, parce que c'est un projet qu'ils conduisent. On applique ainsi la méthode learning by doing, c'est-à-dire l'apprentissage par l'action. L'aspect collectif constitue une autre dimension importante. On leur montre qu'on a tout intérêt à marier les compétences et les cultures. Entreprendre, ça n'est pas nécessairement une action individuelle. Nous souhaitons d'ailleurs monter des modules transversaux où on mélange les disciplines, voire les niveaux. Des étudiants de master ou doctorants peuvent ainsi être tuteurs sur des jeux, comme cela se fait à Grenoble depuis 3 ans sur les Masteriales. Un étudiant en master entrepreneuriat à l'IAE 5 peut être coach d'une équipe qui a 48 h chrono pour monter un projet. Il voit ainsi comment on anime et encourage une équipe, comment on gère les conflits... Propos recueillis par Camille Pons 1 Abondés par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, le secrétariat d'État aux PME et la Caisse des dépôts et consignations. 2 Pôles de recherche et d'enseignement supérieur. 3 Direction générale pour l'enseignement supérieur et l'insertion professionnelle. 4 Observatoire des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat. 5 Institut d'administration des entreprises. 21



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