Œdipe n°17 mar/avr/mai 2011
Œdipe n°17 mar/avr/mai 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°17 de mar/avr/mai 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : automobile, des métiers qui tiennent la route.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 Parcours de la catégorie C à A, sont incontournables. Au premier niveau, on peut viser agent spécialisé (ASPTS, niveau minimum CAP) qui sera majoritairement affecté en service d'identité judiciaire pour gérer les scènes d'infraction (fixer le lieu avec des plans et des photos, rechercher des traces et indices, faire des prélèvements buccaux...) mais aussi en laboratoire. Catégories au-dessus : technicien (catégorie B avec un bac +2 voire licence) et ingénieur scientifique (catégorie A avec au minimum un M2). Pour ce dernier, le concours est « sur titres et travaux ». Vous devez donc consulter les fiches de postes ouverts par le ministère de l'Intérieur, déposer un dossier et, si vous êtes retenu, exposer devant un jury. Les ingénieurs sont majoritairement en labos, les techniciens se partagent entre labos et services d'identité judiciaire. Votre cursus avant concours est déterminant, parce qu'« en France, ensuite, on ne forme pas au domaine scientifique mais seulement à l'activité de policier », précise Mercedes Guillerd, ingénieure principale, « experte » depuis 25 ans en physico-chimie à l'INPS*. Vous postulez donc sur les différentes sections en fonction de votre parcours universitaire. Outre les cursus biologie, physique, et chimie, les profils informatique et électronique sont aussi attendus pour travailler à l'INPS ou dans les services régionaux de l'informatique et des traces technologiques, où ils dissèquent ordinateurs, mobiles et autres gadgets électroniques en vue de chercher indices et preuves. Sachez que si certaines filières ouvrent à multiplicité de domaines, d'autres ne servent que dans un seul. La physique, la chimie ou encore la toxicologie mènent aussi bien aux sections analytiques de stupé- La recherche en appui du terrain La recherche est un débouché intéressant pour qui s'intéresse à la complexité des comportements humains et veut apporter sa pierre à l'édifice dans la lutte contre le crime, ainsi que pour alimenter le débat sur la façon dont les sociétés doivent « approcher » leurs criminels. Ici, les chercheurs travaillent sous l'angle de la sociologie (pourquoi les comportements criminels se développent davantage à tel ou tel moment), de l’ethnologie (pourquoi telle société présente plus de comportements délinquants), mais aussi sous l'angle historique, juridique, anthropologique, psychiatrique... Une étude du sociologue Nicolas Bourgoin sur la criminalité de 1825 à 2006, montre que, contrairement aux idées reçues, les crimes de sang diminuent. « Il n'y a pas de chromosome du crime », affirme par ailleurs Jean-Michel Bessette. « On ne naît pas dangereux mais on peut éventuellement le devenir. » Les recherches montrent aussi que « l'homme est produit par la société, les principaux vecteurs étant la mémoire sociale et l'histoire ». Dangereux donc, selon lui, « la tendance à re-psychologiser le crime comme s'il était issu d'un parcours personnel ». D'autres travaux trouvent des applications plus directes. À l'université de Franche-Comté, une thèse menée sur les aménagements de peines s'inscrit ainsi dans une étude commandée par la Direction de l'administration pénitentiaire. Les observations de plusieurs chercheurs sur la façon dont celles-ci « se "dealent" entre conseillers d'insertion, juges d'application des peines et avocats », permettront « de mieux connaître les profils, ce qui marche ou ne marche pas », et de servir de base à des propositions en vue d'« améliorer l'articulation entre les différentes parties », explique Jean-Michel Bessette. EPICURE Œdipe N°17 - Mars-Avril 2011 copyright Ludovic Godard Université de Franche-Comté À l’université de Besançon, Jean-Michel Bessette encadre un des rares M2 de criminologie
fiants que de toxicologie, de physico-chimie ou d'incendies-explosions, alors que la génétique (donc biologie) n'ouvre que la porte du secteur ad hoc tout comme l'informatique. Chacun son job : en France, les experts ne mènent pas d'enquêtes Attention à la confusion induite aussi ici par les séries : l’expert appartient au corps des personnels du ministère de l'Intérieur mais vous n'êtes pas officier de police judiciaire ! Vous ne mènerez pas d'enquête ni d'interrogatoire entre deux analyses d'indices, et serez encore moins amenés à porter d'arme, comme le souligne Mercedes Guillerd. « En France, tout est compartimenté. L'officier de police judiciaire mène l'enquête et arrête Criminologue, Sylviane Spitzer a été l'une des premières analystes comportementales en France. les suspects. C'est lui qui appelle le service des préleveurs qui recueillent les éléments sur les scènes et qui mettent ces derniers sous scellés. Ensuite, est faite la demande avec réquisition pour que les scientifiques fassent le travail d'analyse. » Identifiez donc bien avant ce que vous avez envie de faire. Sachez enfin qu'il y a peu de débouchés même si les effectifs ont gonflé parce que depuis « 5 ou 6 ans, le ministère demande l'usage de l'outil analytique pour tout délit, alors qu'avant il était requis uniquement pour des faits graves, homicides et viols », explique Mercedes Guillerd. Actuellement, ils sont 700 agents, techniciens et ingénieurs scientifiques répartis dans les 6 laboratoires INPS du territoire, deux à Paris, les autres étant à Lille, Lyon, EPICURE Œdipe N°17 - Mars-Avril 2011 Mal dans sa tête, s'abstenir « Personne ne m'appelle en me disant qu'il veut devenir Julie Lescaut, c'est bien que l'attrait du morbide est déterminant », constate Sylviane Spitzer. Certes, votre génération a été élevée aux films d'horreur et aux jeux vidéo sanglants, mais n'oubliez pas « que les vraies scènes de crime ou les photos qui les présentent n'ont plus rien à voir avec la fiction. C'est horrible ». Et même depuis un laboratoire, confirme Mercedes Guillerd, on voit passer des dossiers « très difficiles à supporter, tels ceux concernant des abus sexuels sur des enfants ». Du coup, n'en déplaise aux héros des séries rongés par des désirs de vengeance ou de revanche sur de douloureux passés, mieux vaut être « équilibré » et « avoir réglé tous ses problèmes », note la psychologue. « Pour ne pas se projeter, être capable de mettre de la distance et rester neutre, même si cela s'apprend aussi sur le terrain ». Sachez d'ailleurs que les concours de la PTS sont complétés de tests psychotechniques. Pas de panique néanmoins, ça n'est pas non plus un mauvais passage à vide qui vous éliminera de la course. Autre qualités indispensables, être « méthodique, rigoureux, minutieux et savoir travailler proprement ». « Si l'indice n'est pas prélevé à l'instant T, le lendemain il n'y sera plus », explique Mercedes Guillerd. D'où la nécessité d'effectuer « un vrai travail de fourmi » tout en veillant à ne pas éternuer ou encore crachoter, bref à ne pas contaminer les indices si l'on veut que le travail en labo soit bien fait et bien fiable. D'autant plus important que cela contribue « à apporter des éléments à des enquêtes qui peuvent aboutir à l'arrestation ou aussi à la mise en liberté de quelqu'un ! » Mercedes Guillerd, « experte » depuis 25 ans en physico-chimie à l'INPS Marseille et Toulouse, contre 650 l'an passé. Il y a un peu plus de places sur le terrain chez les préleveurs d'indices qui, selon Mercedes Guillerd, sont actuellement près de 1 200. Cette année, pour l'instant, un seul concours a été ouvert pour des techniciens (16 places au concours externe, autant en interne). Côté ingénieurs, rien pendant deux ans, et rien ne dit qu'il y en aura en 2011, sachant qu'on en compte un SICOP - Carine Pilosoff 21



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