Œdipe n°16 déc 10/jan-fév 2011
Œdipe n°16 déc 10/jan-fév 2011
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°16 de déc 10/jan-fév 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6 Mo

  • Dans ce numéro : diplômés de master, l'insertion en chiffres.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 parole d’expert ‘ Entretien d'embauche Vo s g e s t e s aus si ont l a p ar ol e Psychologue d'origine belge, Joseph Messinger s'est spécialisé dans la symbolique des gestes. L'un de ses ouvrages - il en a écrit 26 sur le sujet ! - est consacré aux bons gestes pour décrocher un job. Difficile de les résumer tous dans une interview, mais retenez qu'il faut « être à l'écoute de son corps pour avoir les réponses adaptées ». Les gestes sont-ils si importants que cela en entretien ? Les mots ont-ils une importance, ce que vous portez sur vous aussi ? Bien sûr que les gestes ou les attitudes sont importants aussi, cela tombe sous le sens ! « Mon corps me dit ce que je n'entends pas de mon interlocuteur » À partir de quand l'attitude est-elle importante dans un processus d'embauche ? Dès le contact au téléphone, mon corps m'apprend si la personne est agressive. S'il ne la sent pas. Quand je téléphone, je fais moi-même très attention à mes gestes. Je démarre les pieds ancrés dans le sol et avance dans la discussion en étant attentif à mon corps. Si je croise les chevilles, par exemple, et que c'est la gauche qui retient la droite, cela signifie que quelque chose ne va pas. Si je croise les jambes c'est pire. Mon corps me dit en fait ce que je n'entends pas de mon interlocuteur car je suis trop investi pour me vendre : si le recruteur utilise des adverbes « frauduleux » – Je veux « bien », j'aime « assez », c'est « vraiment » extraordinaire, « franchement » je ne crois pas que… – ou utilise le conditionnel ce qui signifie qu'il ne veut pas, etc. Mon corps est la traduction de ce dont ma conscience n'a pas conscience ! Autres exemples, si je passe mon téléphone d'une oreille à l'autre, cela signifie que l'interlocuteur me stresse ; si je fais des petits dessins sur du papier, mon subconscient me dit que je perds mon temps... On peut donc déjà faire un pronostic et noter si un rendez-vous est sujet à caution ou non. N°16 - Décembre 2010/Janvier 2011 Pourquoi ces gestes avertissent-ils que quelque chose se passe bien ou non ? Il y a un vocabulaire des gestes. Les chevilles et la poitrine de la femme traduisent la motivation, les épaules sont le centre de responsabilité, etc. Partant de ces postulats, je peux interpréter tous les gestes. Par exemple, ma cheville droite qui retient la gauche m'avertit que c'est frauduleux car elle est commandée par le cerveau gauche qui est logique, donc calculateur, alors que la gauche est commandée par le cerveau droit qui correspond à l'émotionnel et ne triche donc pas. Est-ce à dire qu'il faut ne pas aller à un entretien si « on ne le sent pas » ? Non, mais on peut se dire que cela sera seulement un galop d'essai. Ainsi, on n'investit pas à perte et avec un espoir fou.
À l'entretien quels sont les gestes importants ? La première chose très importante est la façon dont on vous serre la main. Si le recruteur ne le fait pas, ce n'est déjà pas bon signe. Quand on ne touche pas l'autre, c'est qu'il vous dégoûte ou que vous le prenez pour une particule élémentaire ! Pire, si le recruteur reste assis derrière son bureau, c'est que vous êtes un être virtuel, vous n'existez pas. Il faut donc être attentif à chaque chose dans cette mise en scène. Et que doit faire le candidat ? Il y a plein de gestes qui peuvent s'apprendre de manière autonome jusqu'à ce que cela devienne naturel. Il y a par exemple 25 façons de serrer une main. Mais la poignée de main la plus accueillante est celle où le bras se tend et quand les empans * s'emboîtent bien. Quelqu'un qui serre la main parallèlement à votre buste est un manipulateur, voire un 20% des gestes ont une signification Dans son ouvrage, « Ces gestes qui vous trahissent », qui l'a rendu célèbre, Joseph Messinger explique que « tous les gestes n'ont pas une signification précise. 80% de nos mouvements corporels peuvent être considérés comme des gesticulations insignifiantes. Reste 20% grosso modo de gestes, postures et mimiques qui peuvent vous renseigner sur ce qui se trame dans le cerveau de votre interlocuteur. » Son site : www.joseph-messinger.fr harceleur, cela signifie qu'il rentre dans votre espace. Les politiques le font souvent. Le candidat doit également bien s'asseoir dans son fauteuil et tant mieux s'il a des accoudoirs, car reposer ses coudes permet d'activer la machine qui sert à réfléchir quand on vous parle. Sinon, il n'y a pas de convivialité dans l'entretien. « Regarder dans les yeux est mal perçu car agressif » Quelles attitudes sont à éviter, voire à bannir ? Quand on parle à quelqu'un, il ne faut pas le regarder dans les yeux mais avoir un regard périphérique, regarder le menton par exemple. Ce regard est mal perçu car agressif. La personne a l'impression qu'on fouille son intimité. Par contre, quand c'est lui qui parle, il faut le regarder dans les yeux car cela montre qu'on est à son écoute. C'est bête comme tout mais c'est N°16- Décembre 2010/Janvier 2011 compliqué à mettre en place parce qu'on n'y pense pas. Face à un recruteur, il ne faut non plus jamais croiser les jambes : cela veut dire que vous vous contrôlez donc que vous ne maîtrisez plus la situation. Ne jamais croiser les bras non plus, attitude de défense du territoire et de refus. Il faut parler avec ses mains. Cacher ses mains signifie que l'on cache sa pensée. Enfin, il faut laisser l'initiative de conclure au recruteur et attendre qu'il se lève pour vous raccompagner. Et s'il ne se lève pas, ce n'est pas bon signe ! On sent par ces gestes le plaisir ou le déplaisir de vous avoir reçu. En fait, il est très important d'être à l'écoute de son corps pour avoir les réactions verbales et non verbales adaptées. Propos recueillis par Camille Pons * Distance qui sépare le pouce de l'auriculaire. Quelques livres clés de Joseph Messinger - Ces gestes qui font la différence - Décrocher le job de vos rêves – First Editions – Août 2010 - Ces gestes qui vous trahissent, avec plus de 300 illustrations, pour décoder les motivations ou anticiper les intentions d'autrui – First Editions – Avril 2008 (1 re édition, 1993) - La Sarko-attitude - Les gestes qui le trahissent, illustré par Calvi - Éditions du Rocher – Mai 2008 25



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