Œdipe n°15 sep/oct/nov 2010
Œdipe n°15 sep/oct/nov 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°15 de sep/oct/nov 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4,4 Mo

  • Dans ce numéro : admissions parallèles en écoles, une voie en plein essor.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 rencontre Arnaud Bonhomme, patron de PME « Il f aut met t r e l e s é tude s en p er s p e c t ive ave c un s e c t eur d'ac t ivi t é » Les PME se plaignent depuis des années de ne pas être assez visibles auprès des jeunes diplômés. Comment l'expliquez-vous ? Contrairement aux grands groupes qui sont présents dans les écoles, dans les salons, se font connaître via des anciens d'écoles ou d'universités et dont la notoriété de la marque est suffisante pour attirer les jeunes diplômés, les PME sont invisibles car mal connues. Il faut se faire repérer, ce qui n'est pas simple car nous avons d'autres choses à faire : trouver des clients, monter des projets, etc. En outre, nous tenons difficilement la comparaison sur le plan des rémunérations, des avantages sociaux... Un article récent du Parisien 1 affirmait ainsi que les salaires cadres des grandes entreprises étaient 25% plus élevés que dans les petites structures, ce qui est conséquent ! Arnaud Bonhomme est président d'une petite société, Abria, spécialisée dans le conseil et le design de services : elle propose des services innovants à d’autres sociétés. Pour lui, même si les PME ne sont pas assez visibles des jeunes diplômés, les formations supérieures restent de leur côté trop cloisonnées pour répondre aux besoins d'innovation des entreprises. « Dans les PME, les jeunes ont des opportunités, et plus vite que dans un grand groupe » Qu'est-ce qui peut attirer les jeunes vers les petites entreprises ? Les PME ont d'autres arguments à faire valoir. La pérennité de l'emploi auxquels croient les jeunes diplômés en rejoignant une grande entreprise - parce qu'elle est assurée, elle, d'une certaine pérennité - est toute relative. Cela tourne en effet pas mal. Par ailleurs, dans une PME on apprend à être plus autonome, plus indépendant, plus « démerdard » en fait. C'est une bonne école. Enfin, si une PME se développe, les jeunes ont des opportunités, et plus vite que dans un grand groupe. J'ai embauché une ingénieure de l'École des Mines qui a déjà N°15 - Octobre-Novembre 2010 davantage de responsabilités que ses anciens camarades. Elle travaille aussi sur des projets innovants alors que les autres doivent suivre un parcours assez classique, en allant d'abord sur le terrain, ce qui peut générer des frustrations. Les formations en France vous semblent-elles correspondre aux besoins des entreprises ? Je peux surtout parler au regard de ma société, calquée sur un modèle d’outre-Atlantique et qui réunit des gens de formations très différentes : d'écoles d'ingénieurs, de commerce, de design formés aussi aux sciences humaines. Si dans d'autres pays, en Suède, en Italie, à Singapour notamment, on ouvre les étudiants des filières d'ingénieurs, de commerce, etc. à d'autres disciplines telles les sciences cognitives ou
l'anthropologie, en France les filières restent extrêmement cloisonnées. Un ingénieur fait surtout des maths, de la physique, de la mécanique des fluides... mais s'ouvre très peu aux marketing et encore moins aux sciences humaines ! Or là, cette ouverture est essentielle pour pouvoir innover, car il faut savoir échanger avec d'autres métiers, donc connaître d'autres disciplines. Et quand on crée un produit ou un service on s'adresse à l'être humain. Il faut permettre aux étudiants de travailler sur des projets qui mettent en jeu différentes disciplines et compétences. C'est le cas du programme commun à Centrale Paris, l'ESSEC et Strate Collège design, CPI 2, sur lequel Abria intervient. Un conseil aux étudiants : n'hésitez pas à aller faire un cycle supplémentaire ! « Certains spécialistes veulent se faire plaisir avec des enseignements très pointus mais ne se soucient pas de ce à quoi ça va servir » Vous êtes encore plus critique sur certaines formations universitaires... Certaines formations universitaires sont très pointues mais on ne voit pas forcément ce que les entreprises vont pouvoir en faire. J'ai rencontré aux Cafés de l'Avenir (voir encadré) une étudiante qui avait suivie une formation sur l'Islam aux 16 e et 17 e siècles. Il y a peut-être des débouchés dans l'enseignement, et encore, car il n'y aura pas 50 postes sur cette spécialité, mais après ? Il ne faut pas s'étonner que l'on ait ensuite du mal à trouver un premier job ! J'ai le sentiment que certains spécialistes veulent se faire plaisir avec ces enseignements mais ne se soucient pas de ce à quoi ça va servir. Il me semble N°15 - Octobre-Novembre 2010 aussi que c'est un peu tôt pour spécialiser les jeunes alors qu'il faut leur permettre d'être employables. Dans les écoles, on enseigne malgré tout des choses plus généralistes et moins déconnectées du monde de l'entreprise. Il faudrait aussi développer l'approche sectorielle, très intéressante, comme cela se fait déjà à Singapour. En mettant par exemple une discipline en perspective avec l'énergie, la finance, le transport, les étudiants voient où leurs études peuvent mener. En France, il y a beaucoup d'enjeux dans l'énergie, le développement durable ou le transport. Quand je demande aux étudiants « vous voulez travailler où ? » la plupart n'ont aucune idée du secteur qu'ils pourraient viser ! 1 Du 20 septembre 2010. 2 Création d'un produit innovant. Gros plan sur le « Bonhomme » Diplômé de Centrale Paris en 1988, Arnaud Bonhomme fait ses armes durant 20 ans dans de grosses sociétés de conseil et à la direction d'activités Internet chez Cap Gemini. En 2009, il fonde Abria qui compte actuellement 5 salariés (www.abria.fr). Il fait partie du conseil d'administration de l'association le « Café de l'avenir » (www.cafedelavenir.org) : elle organise des rencontres entre jeunes diplômés et cadres ou chefs d'entreprises, qui leur donnent des conseils et proposent un accompagnement individuel. Sur 800 d'entre eux, plus d'un quart a décroché un emploi en quelques semaines. L'initiative va bientôt être déployée en régions, dans un premier temps à Rouen et Marseille. Propos recueillis par Camille Pons 17



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