Œdipe n°14 jun/jui/aoû 2010
Œdipe n°14 jun/jui/aoû 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°14 de jun/jui/aoû 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : les nouveaux métiers du web.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 Copyright Olivier Martel rencontre Pour cette pionnière qui a créé les premières formations en apprentissage dans le supérieur il y a 20 ans, cette voie de formation est l'égale, sinon meilleure que toute autre. Ici, pas d'orientation par défaut mais des filières et des entreprises sélectives, et des acquis identiques à la formation « classique » auxquels s'ajoute une vraie expérience professionnelle. N°14 - Juin-Juillet 2010 Josiane Tatin Directrice du CFA sup 2000 « En entreprise, l’étudiant apprenti est un vrai collaborateur » Josiane Tatin Pourquoi avoir cru avant les autres à cette voie de formation ? Il y a 20 ans, je dirigeais la formation continue à Paris 12 et je travaillais donc avec des entreprises, notamment la Bred et Essilor, qui exprimaient de fort besoins en informaticiens que l'on ne trouvait pas car peu de formations existaient, à l'exception de certaines écoles d'ingénieurs et de la MIAGE* mais qui n'avaient aucune filière en apprentissage. Nous avions des contrats de qualification* mais qui ne concernaient que des bac +2 maximum. Or, les entreprises voulaient des plus hauts niveaux. La création du CFA a été une réponse à un besoin d'entreprises puisque nous formions les jeunes avec eux pour qu'ils les gardent ensuite. Résultat, nous sommes partis de 14 apprentis et nous en comptons 2 800 aujourd'hui ! « Des étudiants issus de tous milieux sociaux » On vante beaucoup l'apprentissage, mais est-ce que ça marche vraiment ? Nous affichons un taux de réussite de 96%, exceptionnel ! Soyons clairs, c'est parce que nous avons une sélection à l'entrée. À la grosse différence d'un candidat d'un CAP qui va faire le tour de la ville pour trouver une entreprise qui veuille bien le prendre, là ce sont les entreprises qui demandent des jeunes et nous qui choisissons ceux qui sont recevables d'un point de vue pédagogique. La sélection est double puisque les entreprises embauchent selon les mêmes critères que pour un autre salarié. Chez les diplômés 2007, 83% s'étaient placés au bout de 5 mois, dont 40% dans l'entreprise dans laquelle ils avaient fait leur apprentissage. L'expérience professionnelle constitue d'ailleurs le principal atout de l'apprentissage ? Alors que le stagiaire appréhende souvent son stage comme une manière de voir ce qui se passe dans l'entreprise, l'apprenti, même s'il apprend, produit : c'est un vrai collaborateur. Il a une vraie relation de travail : il apprend à respecter la hiérarchie, à se comporter et à reconnaître les cadres sociaux... L'apport du point de vue des relations est énorme par rapport à un étudiant qui ne côtoie que des copains à l'université.
Est-ce vraiment une voie, parce que le jeune est rémunéré, qui favorise l'égalité des chances ? Au départ, les apprentis étaient issus de milieux très favorisés : ils allaient ainsi se frotter à l'entreprise, avoir une expérience. Aujourd'hui, les étudiants sont issus de tous types de milieux sociaux et, sur les bac +3 et au-delà, la proportion de ceux qui sont issus de milieux modestes est plus importante qu'en formation classique. Cela favorise donc visiblement la prolongation d'études pour les plus modestes. « L'entreprise leur donne une reconnaissance immédiate » Les jeunes apprécient-ils vraiment l'apprentissage ? Le taux de satisfaction est énorme, de l'ordre de 92% ! Les jeunes préfèrent souvent l'entreprise aux temps de formation car ils y trouvent une reconnaissance immédiate, alors que dans l'Éducation nationale - c'est culturel - l'éternel discours « peut mieux faire » pour encourager à progresser nie quelque part le côté positif. En apprentissage, c'est dur, mais le jeune est reconnu dans le positif comme dans le négatif. Malgré ces atouts, vous dites que la part des apprentis sur le nombre d'étudiants reste faible... Le développement a quand même été considérable. En Ile-de-France, 43% des Apprentis du supérieur : + 12% depuis les années 90 N°14 - Juin-Juillet 2010 apprentis des 46 000 que compte cette région sont dans le supérieur. Pourquoi pas plus ? Parce que, comme elle recrute un collaborateur, l'entreprise est moins souple. Il faut une intention, un besoin pour créer un poste et désigner un encadrant. Il y a des contraintes financières. Les formations en apprentissage sont plus coûteuses qu'une formation classique : les apprentis sont au maximum en groupes de 25, ils ont un suivi individualisé, un tuteur universitaire, il y a un contrôle qualité du suivi pour fidéliser les entreprises... Pour les enveloppes, les régions sont les plus dynamiques. Il y a eu une augmentation considérable des crédits en Ile-de-France - 8 millions d'euros sont donnés chaque année au CFA. Enfin, reste le problème des « représentations ». Nous avons essayé d'aller dans des bons lycées, nous n'avons jamais pu entrer ! Les associations de parents d'élèves ne nous ont proposé que des encarts publicitaires. Mais même si ce n'est pas massif, les universités et les écoles se sont lancées et redorent le blason de l'apprentissage. Qui apparaît du coup comme une voie largement aussi bonne, pour ne pas dire meilleure ! N'importe quel jeune peut être apprenti ? La principale qualité requise est d'être travailleur. Un apprenti est un salarié qui n'a que 5 semaines de congés ! Exigence qui explique qu'il ne faille pas être mauvais au départ. Pas besoin de se présenter si on est alléché par une vie étudiante, associative, personnelle énorme. Un apprenti n'a pas le temps, il risque d'être frustré. Propos recueillis par Camille Pons > En 2007, le ministère de l'Éducation nationale comptabilisait 80 467 apprentis dans le supérieur, soit une progression de 12% depuis les années 90, > L'apprentissage est plus répandu pour des diplômes des secteurs de la production et des services. Les services sont plus représentés au niveau bac +2 alors qu'il y a davantage de diplômes de niveau bac +5 dans la production. Les formations de ce type se développent également fortement dans l'informatique et la gestion-finance. 25



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