Œdipe n°13 mar/avr/mai 2010
Œdipe n°13 mar/avr/mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°13 de mar/avr/mai 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 4 Mo

  • Dans ce numéro : comment se préparer à devenir son propre patron ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 rencontre Camille Galap Président de la commission vie étudiante à la Conférence des présidents d’universités (CPU) Impliquer les étudiants dans les politiques de l’université via des stages, valoriser l’engagement dans les cursus, libérer du temps hors cours… Telles sont les mesures à adopter, selon Camille Galap, pour améliorer encore la qualité de la vie étudiante. Solutions qu’il teste notamment à l’université du Havre qu’il préside. La vie étudiante a-t-elle évolué sur les campus ces dix dernières années ? On progresse, certes lentement, mais on part de loin. Et si cela reste perfectible, il y a aussi énormément de choses qui se font et dont on ne parle pas. L’un des freins est la mise en place du LMD que nous n’avons pas totalement achevée : le plus gros problème concerne le rythme des études et nous avons conservé trop d’heures de présentiel. Du coup, pour qu’un étudiant s’investisse il faut qu’il ait la foi, habite à proximité, ait le temps… Les configurations de sites sont aussi facteurs de développement ou inversement de ralentissement de la vie étudiante. L’éparpillement des sites complique les choses, par exemple pour créer un sentiment d’appartenance. Enfn, les effets de nombre ne sont pas anodins. Ce qui explique, par exemple, que dans les IUT de taille plus réduite, on ait des projets tutorés obligatoires qui permettent aux étudiants de monter des projets culturels, humanitaires…, du sport intégré au cursus, etc. Comment faire mieux ? Il faut travailler sur des politiques tarifaires (spectacles gratuits par exemple), l’accès aux transports en commun et aux installations sportives, N°13 - Mars-Avril 2010 l’extension des ouvertures de BU ou des Maisons des étudiants, mais il faut des moyens. Et il faut trouver des créneaux pour libérer les étudiants, pas seulement le soir. Nous avons toujours du mal à dédier les jeudis après-midi aux activités électives alors qu’ils doivent l’être. De plus, même s’il y a une prise de conscience des universités, il faut renforcer les relations partenariales notamment avec les Crous et les collectivités territoriales. La CPU a encouragé chaque université à élaborer un schéma directeur de la vie étudiante qui fasse entrer en compte l’ensemble des partenaires sur différents volets.
« Si l’université donne la possibilité de participer à des activités et donne des moyens, l’étudiant est acteur » L’étudiant d’aujourd’hui, c’est un étudiant engagé ou un consommateur ? Les profils sont très différents selon l’offre justement. Si l’université donne des moyens et la possibilité de participer à des activités, l’étudiant est acteur. S’il n’a accès qu’à certains spectacles, il n’est que consommateur. Cela dépend aussi de l’étudiant. Mais il y a vraiment une nécessité à avoir une politique de valorisation de la vie étudiante : prise en compte dans le cadre d’unités d’enseignement, mise en place de DU* autour de l’engagement étudiant, mise à disposition de locaux pour les associations, organisation de forums des initiatives étudiantes… Y compris pour ceux qui s’investissent hors du campus, dans la Banque alimentaire, les Restos du Cœur… Cela leur servira à tous pour s’insérer dans la vie professionnelle. Comment peut-on faire pour développer le sentiment d’appartenance ? À l’université du Havre, par exemple, nous organisons chaque début d’année les Universiades qui valorisent le sport autour de rencontres intercomposantes. Cela crée du lien social entre composantes et un sentiment d’appartenance à sa propre composante. Et inciter les étudiants à s’engager dans le fonctionnement de l’établissement ? Certains votent encore parce qu’ils connaissent un nom sur une liste ou pour des organisations connues telles que l’UNEF ou la Confédération étudiante, alors qu’ils ne connaissent pas forcément les candidats. Il y a un important travail de communication à faire : diffuser les photos des élus pour qu’ils sachent qui sont les interlocuteurs qui feront remonter les attentes dans les conseils, et faire connaître leur rôle. Au Havre, nous organisons des rencontres entre ces derniers et la communauté étudiante et élisons des délégués d’amphis pour chaque filière, qui rencontrent les instances des UFR et les élus. Enfn, le viceprésident étudiant peut être un intermédiaire non négligeable car il peut faire le lien direct avec l’équipe présidentielle. « Si les étudiants se sentent bien à l’université, demain ils seront d’excellents chercheurs » N°13 - Mars-Avril 2010 Paupérisation des étudiants, mythe ou réalité ? Le coût de la vie a terriblement augmenté. Un étudiant qui veut vivre correctement, pas dans un boui-boui, tout en profitant d’un certain nombre d’activités, doit disposer a minima de 5 à 600 euros par mois. Les bourses de niveau 5 en sont encore loin. Il y a de plus en plus d’étudiants en difficulté et certains vont même à la Banque alimentaire ! Le ministère doit absolument prendre en charge un 10 e mois de bourse. Et les universités doivent leur trouver des jobs en développant les partenariats. Nous avons un partenariat avec la mairie du Havre qui subventionne des associations de quartier pour qu’elles puissent rémunérer nos étudiants pour du soutien scolaire, de l’aide informatique. Et l’expérience contribue à renforcer leur professionnalisation. De la même manière, on doit utiliser davantage leurs compétences au sein de l’établissement, dans le cadre de projets tutorés ou de stages pour développer nos propres politiques. Ici, nous avons utilisé des étudiants pour la mise en place d’un Agenda 21, pour travailler sur le plan de déplacement de l’administration… Si les étudiants se sentent bien à l’université, demain ils seront d’excellents chercheurs qui feront rayonner la recherche à l’international. Propos recueillis par Camille Pons * Diplôme d’université. 21



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