Œdipe n°12 déc 09/jan-fév 2010
Œdipe n°12 déc 09/jan-fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°12 de déc 09/jan-fév 2010

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (170 x 250) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 6,2 Mo

  • Dans ce numéro : comment soigner son image en ligne.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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14 rencontre Gilles Baillat, président de la CDIUFM Réforme de la formation des enseignants : « La logique de professionnalisation a fait consensus » Les propositions sur les contenus des masters et des concours d’enseignement ont été rendues aux ministres concernés il y a quelques semaines. La professionnalisation dans les cursus et dans les épreuves du concours est une demande importante, explique à Œdipe Gilles Baillat, président de la Conférence des directeurs d’IUFM. Que change la réforme pour les étudiants ? Aujourd’hui, les étudiants passent la licence, préparent ensuite durant un an le concours (souvent à l’IUFM) puis intègrent l’IUFM en 5 e année en tant que stagiaire. L’année d’après, ils sont titularisés et prennent leurs classes. Désormais, ils s’engageront d’abord sur deux ans dans les masters pour ne passer le concours qu’en M2. C’est l’année d’après qu’ils seront stagiaires de la fonction publique dans des classes. Depuis peu, il y a aussi du nouveau concernant le futur contenu des formations avec les propositions des groupes de travail. Oui, mais comme le rapport doit être soumis aux ministres, organisations syndicales et étudiantes, puis au CNESER * , elles ne sont pas définitives. La logique de professionnalisation a fait consensus dans les groupes qui ont travaillé depuis début septembre. Il n’est cependant pas certain que cette logique sera retenue dans les décisions des ministres. Il est pourtant important que les concours et les masters soient le plus professionnalisant possible. Outre les stages définis par une circulaire du 27 août, nous prévoyons pour chaque concours, à l’oral, une épreuve pour laquelle les candidats pourront utiliser les stages qu’ils auront faits au cours de l’année. Nous pourrions les interroger par exemple sur des scénarios de classe, sur les publics spécifiques pour les futurs enseignants de lycées professionnels, etc. Ils auraient ainsi à réfléchir à ce que c’est d’enseigner, pas seulement à se souvenir de leurs années d’école, en plus d’épreuves sur la connaissance du système éducatif, des valeurs de la fonction publique... Et concernant la formation après le M2, lorsque les stagiaires seront devant des classes, qu'est-ce qui est nouveau ? Les stagiaires bénéficie - ront d’une décharge de 288 N°12 - Décembre 2009/Janvier 2010 heures de formation, soit 1/3 du service, ce qui est conséquent. Ces heures seraient réparties en deux parts égales : des formations d’adaptation à l’emploi avec des enseignants expérimentés, en classe et lors de regroupements, et un retour à l’université pour poursuivre des formations non achevées durant le master : passer le C2I (Certificat informatique et Internet) de niveau II, le CLES (Certificat de compétences en langues de l’enseignement supérieur)… « Le risque, c’est qu’il n’y ait plus de mixité sociale dans le recrutement » Y a-t-il toujours des points qui fâchent ? Il subsiste notamment le risque d’une diminution de la mixité sociale dans le recrutement. Car cette réforme fait perdre une année de salaire aux étudiants. En équivalent de l’année de M2, ils sont actuellement payés 1 300 euros/mois nets en début d’année et 1 500 en
fin d’année. Désormais il n’y aura que le stage en responsabilité rémunéré, soit 3 000 euros dans l’année, auxquels peuvent s’ajouter 2 500 euros de bourse au mérite, ce qui ne permet pas aux étudiants de vivre avec ces seules ressources. Il y a par ailleurs les bourses sur critères sociaux mais les assiettes ne sont pas terribles et beaucoup ne sont pas éligibles. Tout pousse à ce que les futurs enseignants recrutés soient très brillants ; mais pour faire face à toutes les exigences du diplôme et du concours, il faudra du temps. Or, certains n’auront pas les moyens de se consacrer entièrement aux études. Pour l’instant, les réponses restent insuffisantes et nous avons demandé un système d’allocations d’études. Quel sera le rôle des IUFM ? Les étudiants s’inscriront aussi dans les IUFM qui porteront des diplômes de CPE (Conseillers principaux d’éducation) et de professeur de écoles, voire de professeur de lycées professionnels. Nous prévoyons aussi de prendre en charge la mise en stage des étudiants inscrits dans les facultés, mise en stage complexe car elle porte sur des centaines d’étudiants, ce que nous avons l’habitude de faire. Il faut trouver les places dans les établissements, organiser l’encadrement avec des maîtres de stage... Les universités qui souhaiteront s’en occuper seules feront selon moi une erreur, dans la mesure où les services académiques ont besoin d’un interlocuteur unique, notamment parce qu’ils ont des inquiétudes sur la fiabilité des étudiants que rien n’empêchera d’abandonner en cours de route, contrairement aux fonctionnaires stagiaires d’aujourd’hui. D’autre part, dans des académies où il y a beaucoup d’universités, celles-ci vont se mettre en concurrence si chacune cherche à s’occuper de toutes ces démarches dans son coin. Que pensez-vous de cette réforme ? Du point de vue de l’élévation du niveau du diplôme, c’est un plus. Tout le monde le réclamait. Mais la manière dont la réforme est mise en en œuvre comporte des aspects insuffisants à l’heure actuelle. Les textes de cadrage sur les maquettes de diplôme et celles des concours doivent apporter des réponses à la fin de l’année 2009. Si l’intérêt des élèves et des étudiants est pris en compte, on peut espérer que la réforme ouvre une nouvelle phase dans l’histoire de la formation des enseignants. Dans le cas contraire, il faudrait alors redouter une véritable régression d’un système de formation qui aurait alors beaucoup de mal à faire face aux défis actuels. Propos recueillis par Camille Pons * Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche. N°12 - Décembre 2009/Janvier 2010 Stages : ce qu’il faut savoir La circulaire du 27 août 2009 détaille les stages qui pourront se faire dans le cadre d’une classe, d’un service de documentation ou de CPE : • un stage d’observation et de pratique accompagnée non rémunéré de moins de 40 jours ou 108 heures, ouvert aux étudiants de M1 (et M2 ou déjà diplômés cette année), • un stage en responsabilité de 108 heures maximum, rémunéré 34,30 euros bruts de l’heure. Cette année, il est réservé aux étudiants inscrits aux concours de recrutement et en master (ou titulaires) et dès 2010-2011, aux étudiants de M2 inscrits aux concours. 15



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