Œdipe n°10 mai/jun/jui 2009
Œdipe n°10 mai/jun/jui 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de mai/jun/jui 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (210 x 148) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : formation, mastérisation des enseignants, ce qui va changer.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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International De la nécessité de préparer son retour Un retour de mobilité professionnelle ou pré-professionnelle se prépare autant qu’un départ. Au-delà de la paperasserie administrative, le retour à l’emploi ou au sein de la boîte qui vous a expatrié-e ne se fera pas nécessairement avec le tapis rouge. À vous de tisser votre réseau et de ne pas couper le cordon ombilical avec la France même si vous vous éclatez à l’étranger. Le constat est fait depuis quelques années. Autant on se documente bien avant de s’expatrier, autant le retour au bercail reste souvent insuffisamment préparé. Or, au-delà du choc culturel et des tracasseries administratives, il faut aussi anticiper pour votre job. Pour les aspects administratifs, l’un des meilleurs outils reste le guide en ligne édité par la Maison des Français de l’étranger. Vous trouverez conseil aussi au consulat et sur les forums d’expatriés, dont celui de la MFE, où l’on échange sur des expériences similaires et des bons tuyaux. Attester de son expérience au retour ❊ Attestations et certificats d’employeurs, ❊ Bulletins de salaire, ❊ Rapport d’activité. En tête de ce qu’il faut prévoir avant son départ, prévient Christiane Moreau à l’accueil de la MFE : « récupérer un quitus fiscal qui montre que l’on est en règle avec les impôts étrangers et qui risque d’être demandé par les impôts en France, se faire radier de l’inscription consulaire et demander un certificat de changement de résidence pour ne pas payer des frais de douane, voire pour ouvrir certains droits en France, se faire radier du centre de vote pour pouvoir revoter en France, contacter les banques pour transférer les comptes... » Tout cela en s’y prenant au mois trois mois avant le départ, car la réactivité diverge selon les pays. Idem pour le logement, sachant que l’on peut consulter les offres en ligne, demander à la famille de chercher pour vous, s’adresser aux services sociaux de la mairie... Enfin, si l’on a passé son permis de conduire à l’étranger, l’échange avec le document français doit être fait impérativement dans l’année qui suit le retour. Démarches plus importantes évidemment si on est hors Union européenne. Quelqu’un là-bas, anonyme au retour En revanche, le retour côté professionnel ne s’effectue pas en consultant un guide. Les attestations professionnelles et bulletins de paye qu’il ne faut pas oublier de demander vous aideront dans la recherche d’emploi mais ne suffiront pas. Là, « L’idéal est de ne pas totalement couper les ponts avec la France, avec l’environnement social, culturel et professionnel », souligne le directeur de la MFE, Jean-Michel Feffer. Facile à faire avec Internet et en achetant des journaux français. Pour ceux qui ont été envoyés par leur entreprise, il faut rester en contact régulier avec les collègues par mail ou téléphone pour connaître la vie de l’entreprise. « Si l’on attend, beaucoup de choses auront changé », insiste Jean-Michel Feffer. « De plus, à l’étranger l’expatrié vit une expérience enthousiasmante, très riche et bénéficie d’une certaine reconnaissance. Logiquement il s’attend à des promotions ou des nouvelles fonctions valorisantes mais souvent ce n’est pas le cas. Il est quelqu’un là-bas et quand il rentre il se re- 18 TRIMESTRIEL N° 1 0 M A I/J U I N 2 0 0 9
trouve noyé dans la masse. Il faut se préparer psychologiquement car cela peut provoquer des frustrations importantes ! » Pour ceux qui sont partis individuellement ou souhaitent changer de boîte, il est également important « se préparer au retour à l’emploi plusieurs mois avant », via le réseau familial et amical par lequel vous aurez peut-être des opportunités, « en regardant les offres d’emploi mais aussi en envoyant des courriers aux entreprises où l’on peut valoriser le savoir-faire acquis et ce séjour ». Savoir valoriser l’expérience même si elle est peu pointue Au-delà de la langue apprise, « on peut valoriser la connaissance de l’environnement professionnel autant que culturel, le fait que l’on sait comment fonctionne le management et les rapports professionnels de ce pays : c’est utile par exemple pour se positionner sur des négociations commerciales », conseille Jean-Michel Feffer. Pour les plus jeunes qui s’expatrient en cumulant des petits jobs grâce au Visa vacances travail*, l’astuce est de prévoir un rapport d’activité qui complète bien un CV « petit », en listant « ce qui a été mis en œuvre, les embûches rencontrées et comment elles ont été surmontées... ». Un bon moyen de « se crédibiliser et de se différencier ». Parce qu’il y aura encore des employeurs, hélas, pour considérer que vous aurez pris du bon temps. Enfin il est bon de prévoir, avant le départ, de cotiser à titre indi- « Le retour : un nouveau départ » Expatrié 5 ans en Chine pour Alstom, Philippe Laurent fait aujourd’hui du coaching pour les candidats au départ et au retour. Quand on rentre, à quoi doit-on se préparer ? D’abord à faire un deuil d’ordre professionnel. Quand on est expatrié, on a en général une responsabilité et un niveau d’autonomie importants. Quand on rentre, on se retrouve dans un mouchoir de poche : avec une fonction souvent réduite et plusieurs échelons hiérarchiques au-dessus. La première chose est d’avoir en tête que l’expatriation est un point dans votre carrière. Tout au long de l’expatriation, il faut rester en connexion avec son entreprise. L’idéal est d’être parrainé par un mentor en interne qui pourra vous donner des tuyaux, vous prévenir si un poste se libère, repérer à votre place. Dans mon cas, il a permis la création d’un poste. Il faut aussi, et c’est valable pour ceux qui partent individuellement, tisser son réseau. Profiter aussi de celui qui se fait naturellement avec les Français qui vivent dans le même pays que vous. Il n’y a rien de pire quand quelqu’un prend votre place à l’étranger et que rien ne vous attend au retour. La deuxième chose est de s’attendre à retrouver un niveau de vie inférieur. Faut-il aussi se préparer à un mauvais accueil ? Vous pouvez être vu comme celui qui s’est doré la pilule ou jalousé. Du coup, il faut savoir rester modeste, faire profil bas en se disant que l’on a encore des choses à apprendre. Si vraiment il y a des gens qui vous en veulent, faites-vous accompagner par une personne dans l’entreprise ou quelqu’un d’extérieur, un coach, voire un avocat. Pour ceux qui quittent un emploi pour revenir en France ? Il faut anticiper dès le départ à l’étranger ! Savoir ce que vous ferez au retour. Au mieux, vous pouvez informer une entreprise de votre projet et être intégré dans un plan pour le retour. Sinon, quelques mois avant, il faut se repositionner avec des entreprises françaises, mais pas forcément à des postes de direction, ou dans une entreprise qui a des vues sur le pays où vous êtes allé. Il faut considérer le retour comme un nouveau départ. Et dans tous les cas, accepter de ne pas avoir tout de suite tout ce que l’on veut. Et côté personnel, comment prépare-t-on se retour ? Il faut lister les points positifs de ce que vous allez trouver en France et que vous n’aviez pas à l’étranger : les amis, la famille, moins de pollution, la bonne nourriture, etc. Et choisir un lieu où vous allez pouvoir bénéficier de ces points. L’important est de ne pas rentrer avec une nostalgie. TRIMESTRIEL N° 1 0 M A I/J U I N 2 0 0 9 19



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