Œdipe n°1 jan/fév/mar 2007
Œdipe n°1 jan/fév/mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de jan/fév/mar 2007

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Éditions Épicure

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Scuio-IP, des services à mieux connaître.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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14 Rencontre L'évolution du public étudiant et de ses problématiques a-t-elle amené les services d'orientation et d'insertion à repenser leur mission ? Christian Moreau : On observe surtout une évolution des moyens utilisés par les étudiants pour s'informer. Internet est devenu un outil majeur. Beaucoup viennent nous rencontrer en ayant déjà consulté des sites : notre travail est donc devenu plus précis et pointu en terme de compléments d'information et de conseil en orientation. Autre conséquence, nous recueillons des critiques sur les sites de nos institutions (universités, etc.…), souvent à juste titre. JOUER UN VÉRITABLE RÔLE D'ACCOMPAGNEMENT Cela va faire partie des objectifs des établissements de réaliser des sites web de meilleure qualité (si au bout de trois clics l'étudiant n'a pas trouvé l'information qu'il recherche, c'est que le site n'est pas performant) car la concurrence au niveau européen est rude. En marge de cette évolution, nos services jouent plus que jamais un Christian Moreau Président de la Conférence des directeurs de SCUIO-IP (Services communs universitaires d'information, d'orientation et d'insertion professionnelle), directeur du SCUIO de l'université de La Rochelle. véritable rôle d'accompagnement : c'est là un terme clé car il se décline en processus d'information, d'orientation et d'insertion professionnelle. A ce sujet, observez-vous un accroissement de la demande des étudiants en matière d'insertion professionnelle ? C.M. : La notion d'insertion professionnelle est assez restrictive, car au niveau européen on parle plutôt d'employabilité, qui est dérivée d'un terme anglo-saxon, et synonyme de la capacité du diplômé à s'insérer sur le marché du travail. Cela renvoie à une qualification, sans faire référence à la notion d'accompagnement qui nous est chère car elle comprend toute la dimension humaine en plus des acquis professionnels, dans un esprit de service public. Il faudrait trouver un nouveau terme qui en tienne compte. NOUS CONTRIBUONS À RÉPONDRE À L'ANGOISSE DU CHÔMAGE Quant à ce que l'étudiant attend de nous, son exigence ne se matérialise pas tellement à l'égard des services d'orientation et d'insertion, mais plutôt sous forme d'anxiété ou d'angoisse par rapport au marché de l'emploi et au chômage. C'est pourquoi nous contribuons à répondre à cette angoisse sous forme d'entretiens et de conseils, mais n'avons pas de monopole. L'insertion professionnelle est l'affaire de tous : professionnels, institutions, enseignants, et souvent nos services jouent le rôle de coordonateur… Il y a beaucoup d'acteurs impliqués, notamment en aval, à l'extérieur de l'institution, comme l'APEC (Association pour l'emploi des cadres) et d'autres associations. Il y a eu beaucoup d'appels lancés ces dernières années, et lors de la crise du CPE, au sein TRIMESTRIEL N°1 JANVIER 2007
des pouvoirs publics et de la société, pour améliorer cette insertion, mais nous ne pouvons pas en être les seuls responsables. Il y a une responsabilité collective et de l'Etat à travers les moyens qu'il consacre à ce problème. Comment expliquer que, dans beaucoup de professions, la spécialité de formation ne soit pas toujours liée à l'emploi (cf. page 8) ? C.M. : Le monde du travail a besoin de la créativité du monde académique. Or, il emploie de préférence des bac +5 à des bac +8, qui ont pourtant de très hautes qualifications et peuvent être très créatifs : il doit donc prendre conscience de leur potentiel et mieux utiliser leurs compétences et qualifications. En contrepartie, le monde académique doit prendre conscience qu'il a besoin du monde du travail : il doit mieux cadrer les formations par rapport aux professions en liaison avec les entreprises et surtout avec l'évolution du monde de l'emploi, adapter les qualifications aux nouvelles professions et améliorer la formation tout au long de la vie. Il existe d'ailleurs dans certaines universités des expériences réussies avec le monde de l'entreprise. Il faut les multiplier et les approfondir pour que chaque étudiant en formation longue puisse faire des stages et montrer à un employeur qu'il peut faire autre chose que de l'applicatif, mais aussi être créatif. LES DIPLÔMÉS "RECHERCHE" METTENT AU POINT LES INNOVATIONS CRÉATRICES D'EMPLOIS ! J'ajoute qu'un diplômé de master recherche peut être aussi compétent en entreprise qu'un diplômé de master pro : les formations académiques sont souvent tout aussi professionnelles que les autres si l'on considère que, bien souvent, ce sont les diplômés des filières orientées recherche qui mettent au point les innovations créatrices d'emploi. Quels conseils peut-on donner aux nouveaux étudiants en ce début d'année universitaire ? C.M. : Plus de la moitié des universités sensibilisent dès la rentrée leurs nouveaux étudiants au Projet professionnel étudiant (PPE) ou, lorsqu'il n'existe pas, elles proposent généralement des unités méthodologiques orientées vers la préparation d'un projet. Lors de cette "prise en main" de rentrée, on dit aux étudiants : devenez acteur de votre propre vie, vous avez à connaître l'institution qui vous accueille, vous avez un nouveau statut, vous pratiquez le métier d'étudiant, avec ses obligations : fournir un temps effectif de travail, parvenir à des résultats. A vous de jouer le jeu, et d'envisager un projet, qui peut être à différents niveaux : projet de vie, de formation, à terme projet professionnel. On vous met en condition de le bâtir. Si vous n'acceptez pas ces conditions, alors c'est que vous n'êtes pas fait pour l'université et il faut vous réorienter… Si l'université ne propose pas ce genre de dispositif d'emblée, je conseille aux étudiants de rencontrer un interlocuteur au sein d'un SCUIO pour avoir un entretien individuel. A cette occasion, ils pourront faire un bilan de compétences et prendre connaissance des aides à l'orientation qui existent, notamment des ateliers. Mais n'oublions pas que le nouvel enjeu est que l'accompagnement est un processus d'information, d'orientation et d'insertion tout au long de la vie, il s'adresse à toute la population active, qu'elle soit en formation initiale ou en reprise d'études. chiffres TRIMESTRIEL N°1 JANVIER 2007 15 2000 1500 1000 500 0 Milliers Métropole + DOM/Public + Privé 2 179 000 2 275 000 2 245 000 1995-1996 2005-2006 projection 2015-2016 Université (IUT, INP et UT compris) et grands établissements CPGE/STS Autres formations (ingénieurs, écoles de commerces, etc...) Répartition des effectifs étudiants



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