Numéro Spécial n°5 déc 14/jan-fév 2015
Numéro Spécial n°5 déc 14/jan-fév 2015
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°5 de déc 14/jan-fév 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 57,4 Mo

  • Dans ce numéro : Johnny et Laeticia... la vie de famille.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 62 - 63  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
62 63
★ SPécial Johnny d’exprimer ses sentiments comme un homme le ferait et pas comme une femme. Pour chanter comme je chante, j’écoute beaucoup les femmes. Vous écoutez quoi des femmes ? Je vis avec une femme, j’ai été élevé par des femmes, ce sont elles qui ont fait mon éducation. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un père. Ça m’a manqué toute ma vie, et ce n’est pas maintenant que je vais le juger, il a été malheureux toute sa vie… Je comprends beaucoup plus l’émotion des femmes que celle des hommes, ce qui ne m’empêche pas d’être un homme… Il y a quelque chose qui me frappe… Votre vie privée a toujours été plus ou moins exposée, et pourtant on vous perçoit comme quelqu’un qui est seul. Comme tout véritable artiste, d’ailleurs. Si on n’a pas l’impression qu’il est seul, et seul à donner ce qui lui appartient en propre, ça ne marche pas, ou ça marche moins bien… Quand on monte sur scène, on est seul. Et quand je prépare un album, quand je me dis « quelque chose ne va pas », quand je passe des nuits dans mon bureau à réfléchir à tout ça, à travailler sur des projets ou à des idées que j’ai dans la tête, je suis seul. Quand j’ai le blues, je suis seul. Cette sensation de solitude, on la sent dans votre manière de chanter, dans la voix, dans l’expression… Quand vous arrivez sur scène, quelque chose de votre solitude est là. Vous savez, mon beau-père (le mari de ma mère) est venu me voir un jour. Ma mère était tombée malade, elle était dans une chaise roulante… Il s’est occupé d’elle toute sa vie d’une façon admirable. Et puis, il s’est fatigué, il avait quatre-vingt-six ans, et il me l’a emmenée. Ensuite, il est parti chez son fils. Et il est mort. Il avait besoin d’être seul, il ne pouvait plus avoir de responsabilités. Il est parti pour être « notre vie tout entière » quand on a quelque chose qu’on aime à donner. Mais ce n’est pas aussi simple que cela. Le reste, il faut le préserver… Dans le métier que je fais, je dois être seul pour me remettre en question, ne pas refaire les mêmes choses. Comment vais-je entrer en scène dans mon prochain spectacle ? C’est une question que je me pose, parce que j’ai fait tellement d’entrées sur scène dans ma carrière, par le ciel, par la terre… Pour mes cinquante « Quand je passe des nuits dans mon bureau à travailler sur des projets (...), je suis seul. Quand j’ai le blues, je suis seul. » tranquille et mourir. Je me suis mis à sa place et je me suis dit : ce n’est pas qu’il veuille se décharger de quoi que ce soit, il sait que maman va être tranquille avec moi ; et il va finir ses jours comme il peut… Ça, c’est la solitude : n’être responsable de rien ni de personne. Dans la vie, on est toujours responsable de quelqu’un… Ça empêche la solitude, ce qui est très bien aussi… Je crois qu’il faut prendre les choses comme elles viennent. Quand je suis seul, il peut y avoir deux cents personnes autour de moi, je suis seul. Tout donner, dites-vous dans une de vos chansons… Vous savez, les gens attendent de moi que je leur donne ce qu’ils espèrent, c’est-à-dire tout. Et vous êtes d’accord ? Oui, je ne triche pas, je leur donne ce que j’ai. Le jour où je ne pourrai plus, j’arrêterai. J’ai la chance d’avoir de l’énergie. Plutôt que de la mettre ailleurs, je l’ai mise sur scène. Dans Rendez-vous, mon dernier livre paru, j’ai mis en exergue une phrase de Rimbaud que j’adore : « Nous savons donner notre vie tout entière tous les jours. » Je ne dirais pas donner « notre vie tout entière tous les jours », mais donner ans, au Parc des Princes, j’ai traversé la salle au milieu du public. Je pensais aux matchs de boxe. Quand les boxeurs arrivent pour aller sur le ring, ils traversent la salle et ils montent sur scène. Sauf que moi, quand je l’ai fait au Parc des Princes, il y avait cinquante mille personnes. Dès que les gens ont compris que j’arrivais, ils ont voulu se rapprocher pour me voir, et du coup, je ne pouvais plus bouger, j’étais coincé. J’ai cru, très honnêtement, que j’allais mourir. Parce que les gens sont toujours très gentils avec moi, mais ils veulent m’approcher. Alors ils commencent à vous tirer les cheveux… Situation très désagréable. Quand je commence un roman, moi aussi il faut que je trouve une entrée. Et qu’elle soit suffisamment au premier degré pour que ça tienne le coup… Ça ne doit pas être facile de vivre avec vous ! Pourquoi dites-vous ça ? Vous êtes compliquée. Pardon, vous avez une sorte de complication… Je sais que les femmes, de toute façon, sont un peu compliquées, mais vous, comme romancière déjà… Ça dépend pour qui… Est-ce que vous êtes comme ça chez vous ? 62 Célébrité magazine ★ Juillet/Août/Septembre 2013 34
63 Abaca press



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 1Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 2-3Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 4-5Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 6-7Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 8-9Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 10-11Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 12-13Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 14-15Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 16-17Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 18-19Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 20-21Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 22-23Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 24-25Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 26-27Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 28-29Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 30-31Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 32-33Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 34-35Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 36-37Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 38-39Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 40-41Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 42-43Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 44-45Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 46-47Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 48-49Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 50-51Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 52-53Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 54-55Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 56-57Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 58-59Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 60-61Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 62-63Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 64-65Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 66-67Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 68-69Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 70-71Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 72-73Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 74-75Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 76-77Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 78-79Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 80-81Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 82-83Numéro Spécial numéro 5 déc 14/jan-fév 2015 Page 84