Numéro Spécial n°5 déc 14/jan-fév 2015
Numéro Spécial n°5 déc 14/jan-fév 2015
  • Prix facial : 5,90 €

  • Parution : n°5 de déc 14/jan-fév 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (230 x 300) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 57,4 Mo

  • Dans ce numéro : Johnny et Laeticia... la vie de famille.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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« Les rôles où il faut beaucoup parler, je laisse ça à Rochefort ou à Luchini » mes gardes du corps. A force de le voir, je lui ai dit « Viens bouffer avec nous à la cantine ». C’est comme ça qu’on est devenus potes. Un jour, il me demande de venir tourner une journée dans Mischka. Ce jour-là, je devais faire l’Olympia le soir. Je lui dis : « Je veux bien venir, mais faut que ce soit en hélico, je peux te consacrer trois heures, puis faut que je retourne à Paris pour être sur scène le soir. » Tope-là, je suis venu en hélico, j’ai tourné les deux ou trois scènes et je suis reparti. C’est vachement bien, Mischka. Il a du talent Jean-François, malheureusement, il fait pas assez de films. Il tourne avec sa tribu, comme il dit. Quand j’ai joué dans Commissaire Moulin, je leur ai dit de prendre Stévenin. Ils m’ont écouté et il était très bien dans le rôle. Le cinéma est aussi important que le rock pour vous, en tant qu’auditeurspectateur ? Bien sûr. Je vois même beaucoup plus de films que je n’écoute du rock, je vous le confirme ! Je regarde tout, je n’ai pas de préférences. Bon, je regarde peut-être plutôt les vieux films, j’adore l’époque de Kazan. Je trouve qu’on n’a pas fait mieux que Kazan. Un homme dans la foule, c’est un chef-d’oeuvre, même s’il n’y a pas d’acteurs connus dedans. Mais j’aime aussi les nouveaux films. Voyons, qu’est-ce qui m’a plu dernièrement… ah, le film avec Mickey Rourke, The Wrestler ! Vous auriez pu jouer dans un film de ce genre, une histoire de showman qui ne veut pas dételer ? Il aurait fallu que je prenne des piqûres d’hormones, comme lui, pour être bâti comme ça ! Non, je n’en ai pas très envie. Mais c’est un super acteur, Mickey. En plus, c’est un pote. Une fois de plus, c’est Harley Davidson qui nous a réunis. On faisait des balades à moto à Los Angeles ensemble. Vous avez vu le Clint Eastwood, Gran Torino ? Bien sûr. Formidable ! Et puis il vieillit bien, Clint Eastwood. C’est un de mes acteurs préférés, parce qu’il en fait pas trop. J’aime bien ces acteurs-là. Vous êtes plutôt cinéma américain, français, cinéma d’action, ou peu vous importe ? Je vois de tout. Je m’en fous de la nationalité ou du genre des films. Polars, westerns, oui, mais même les films romantiques... Out of Africa, j’ai pleuré à la fin, bêtement, comme tout le monde. Titanic aussi, évidemment. J’aime bien aussi les films gore, bizarrement, ça me détend. Le fils d’Alexandre Arcady, Alexandre Aja, fait des films d’horreur aux Etats-Unis, il avait fait le remake de La colline a des yeux. Ses films sont extraordinaires. Je suis très fan des films d’horreur. J’aime bien aussi les comédies, ça détend bien. Un bon film, c’est un bon film. J’adore Tarantino, il y a tout chez lui : le polar, le gore, le rock, la comédie... Hormis Clint Eastwood, avez-vous d’autres acteurs fétiches, qui seraient vos modèles ? Je ne dirais pas modèles. Depuis très longtemps, j’adore Marlon Brando, malheureusement, il n’est plus là. Dans la nouvelle génération, celui que je trouve imbattable, qui peut tout jouer, c’est Sean Penn. Kazan, Brando, Sean Penn... Vous êtes très Actor’s Studio ? Ouais. Ma culture, c’est l’Actor’s Studio. C’est pour ça que j’adore Un homme dans la foule, A l’est d’Eden, Viva 58 Célébrité magazine ★ Juillet/Août/Septembre 2013 30
Partie iV : nouveL avenir : Le cinéma ? ★ Zapata... Un tramway nommé Désir, c’est génial. La Fièvre dans le sang, c’est extraordinaire ! Natalie Wood, Warren Beatty, là aussi, on pleure à la fin. Quand elle revient, et qu’il est marié, avec des enfants, et elle voit sa femme, on se dit : « Oh, c’est con la vie ! » Kazan, j’ai tout vu, j’adore. Quand vous étiez adolescent, vous alliez souvent au cinéma ou ce goût est-il venu plus tard ? Ado, j’y allais trois fois par jour. Mais j’allais dans les cinémas de quartier, ça coûtait beaucoup moins cher. Je vivais du côté de la place Blanche, j’allais dans les petits cinémas de Pigalle, qui n’existent plus, comme l’Atomic, ça ne coûtait rien, c’est là que j’ai tout vu. Comment vous êtes-vous retrouvé sur le tournage des Diaboliques de Clouzot ? Il y avait un casting, ma tante m’y a emmené, j’avais 12 ans, et j’ai été choisi. C’est un bon souvenir... C’était ma première expérience avec le septième art ! (rires) Quand vous chantez sur scène, vous avez le sentiment de jouer un personnage, comme un acteur ? Non. Sur scène, je suis moi-même. Sur scène, je donne aux gens ce qu’ils attendent de moi, en tant que Johnny Hallyday. Ce que je fais depuis cinquante ans, ce que je leur ai donné au départ, ce que je leur donne toujours, avec l’évolution de la musique et de ce qu’un homme peut subir dans sa vie. Au cinéma, on incarne monsieur Untel ou monsieur Untel, c’est totalement différent. D’autre part, au cinéma, il faut en faire le minimum. Sur scène, c’est le contraire. Quand on joue au Stade de France, le geste sur scène doit se voir de loin, jusqu’aux derniers rangs. Si vous faites un clin d’oeil discret au Stade de France, personne ne vous voit ! Sur l’écran, on est souvent en gros plan, il faut faire passer ce qu’on a à l’intérieur par le regard, par des gestes discrets. Vous avez souvent des rôles de taiseux. Vous êtes plutôt un acteur de présence qu’un acteur de texte ? Oui. Ce n’est pas que les dialogues me font peur, mais mes héros sont comme ça, taciturnes, peu bavards. Les rôles où il faut beaucoup parler, je laisse ça à Rochefort ou à Luchini, qui font ça très bien. Je ne suis pas ce genre de personnage, j’essaye de rester dans le plausible. Je ne serais pas crédible en jouant un gars qui parle beaucoup, parce que je ne suis pas comme ça dans la vie. Vous faites un film de Johnnie To, grand cinéaste de renommée internationale. Avez-vous d’autres rêves de cinéma ? Comme tout acteur, j’aimerais bien tourner un jour sous la direction de Clint Eastwood. Ce n’est d’ailleurs pas impossible, puisque j’ai la chance de le connaître. On est amis dans la vie, depuis l’époque où je vivais à Saint- Tropez. Il allait là-bas, on avait un ami commun. J’avais un bateau, une « cigarette » jaune, et un jour, Clint me dit : « I want to go on the yellow boat. Where is the yellow boat ? » On est devenus amis. On se voit souvent àL.A., où il vit. Chabrol ? Ah oui. J’adore Chabrol. Mais tout est une question de rencontre. Dans le cinéma, les gens ont l’habitude de toujours travailler avec les mêmes personnes. Vous étiez ami avec Paul Gégauff, un de ses scénaristes ? Ah, c’était mon grand ami pendant longtemps. Mon maître à penser. J’ai passé des nuits entières avec lui, pas toujours dans un état… C’était quelque chose. J’adorais Paul. On avait des atomes crochus. Il était complètement autodestructeur, il en est mort, assassiné bêtement par sa dernière femme qui avait une vingtaine d’années. C’était terrible. Vous, vous faites partie des rockeurs qui ne sont pas morts jeunes, justement… Je suis un survivant. Il y a Mick Jagger et moi. Le fait que votre fille fasse le métier d’actrice, vous voyez ça comment ? Je suis content, et très fier d’elle, parce que c’est une super actrice, et elle aime ça. C’est un privilège dans la vie de pouvoir faire un métier et d’en vivre quand on aime ce qu’on fait. D’un côté vous jouez dans un film de Johnnie To, de l’autre, vous faites une pub comme celle d’Optic 2000. Est-ce que vous vous souciez de l’image que vous renvoyez ? On ne fait cette réflexion qu’à Johnny Hallyday. Je ne sais pas pourquoi à moi. Tous les acteurs font des pubs. George Clooney, c’est pour Nespresso, et il est pourtant une star aussi. Moi, je le fais pour les lunettes, ça arrondit les fins de mois. On ne demande pas à Clooney pourquoi il le fait. C’est pourtant un très bon acteur, et un beau mec en plus. Même ma femme le trouve beau (rires). Mais je veille au grain ! Quand on est une idole comme vous… Je n’aime pas le mot « idole », ça fait Claude François. Une icône ? Les icônes, ce sont les gens morts. Disons : « quand on est une personne aimée par beaucoup de gens » … Je préfère ça. … est-ce que cet amour aide à vivre ? Non. On est aimé par beaucoup de gens, mais dans ma tête, je me dis : « Il y a beaucoup de gens qui me détestent. » Et je pense plus aux gens qui me détestent qu’aux gens qui m’aiment. Et pourtant, il y en a un paquet, des gens qui vous aiment ? Mais il y a aussi un paquet de gens qui me détestent ! Qui me tournent en dérision, qui me font « ah que coucou » … Au début c’est marrant. Au bout de dix ans… Moi je dis toujours que les blagues les plus courtes sont les meilleures. Ou le « ah que » : je n’ai jamais dit « ah que » ! Je sais bien que c’est de la caricature. Mais les gens simples pensent que c’est vrai, m’identifient à ça, et au bout d’un moment c’est énervant… Tout le monde est aimé ou détesté… Quand je répondais que je pensais plus aux gens qui disent qu’ils ne m’aiment pas, c’était une façon de répondre à ta question. Parce que répondre à une question sur les gens qui m’aiment, ça me gêne. C’est sûr que ça me fait plaisir d’avoir été autant aimé depuis cinquante ans, mais ça me gêne d’en parler. Je suis pudique. Malgré tout. Et c’est toujours difficile de parler de soi. Juillet/Août/Septembre 2013 ★ Célébrité magazine 31 59



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