Novo n°48 fév/mar 2018
Novo n°48 fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de fév/mar 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Médiapop

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le théatre regarde le monde à Strasbourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Par Mylène Mistre-Schaal 78 Instants volés Des corps qui se trémoussent, des robes à paillettes, des verres à moitié vides ou à moitié pleins  : Thomas Lévy-Lasne conjugue peinture à l’eau et « regard alcoolisé » pour mieux nous faire notre fête ! « On dirait des photos ratées, non ? » Cette spectatrice n’a pas tout à fait tort. Pourtant, il ne s’agit ni de photos ni de ratés, mais d’aquarelles « instantanées » à l’hyperréalisme savamment trash. Déambuler devant ces petits formats, qui se succèdent à un rythme soutenu, donne l’impression de feuilleter du bout des doigts l’album photo d’une soirée, shootée téléphone au poing. De ces photos qui nous grignotent des gigas sans que pour autant on ne se résigne à les effacer. Aucun visage n’y est vraiment net, aucun cadrage vraiment réussi, mais elles retranscrivent à la perfection la quintessence de la fête. Le son joyeux des bouteilles vides et des gobelets plastiques écrasés, les rires éméchés, l’odeur du tabac froid et les confettis collés dans la moquette. Mais aussi une énergie collective matinée de tension érotique, le tout, une bière dégoupillée en main. Chez Thomas Lévy-Lasne, la nuit n’est pas tendre, elle est intense. Il revendique ce qu’il appelle un « regard alcoolisé », traduit picturalement par un décadrage systématique et une attention toute particulière au détail des objets et des matières. Mieux, ces corps sans visages, anonymisés, favorisent l’immersion tout en amplifiant les sensations du regardeur. La trame d’une étoffe, les reflets d’une bouteille, le crémeux d’un gâteau entamé par la moiteur, délivrent une lecture singulière des apparences. « Ce qui m’intéresse là-dedans, c’est une sensation, quelque chose de l’ordre de la saturation cognitive. » Assez évidemment, cette rencontre entre le quotidien et la peinture nous fait penser au genre de la nature morte, mais réveillée par le goût de la fête. À la Fondation Fernet-Branca, la cinquantaine d’aquarelles présentée s’enjaille d’ailleurs sur des murs aux couleurs pop  : bleus, jaunes ou roses. Si ces images semblent prises sur le vif, elles résultent en réalité d’un long et minutieux travail de copie, glacis après glacis, sans repentir possible. Formé à l’école des Beaux-arts de Paris, leur auteur les peint d’après ses propres photos, souvent au petit matin alors qu’il est encore empli des vibrations de la nuit. Les after de Thomas-Lévy Lasne ressemblent donc à un tête-à-tête avec ses pinceaux. « Je peins des sujets banals en tentant d’en faire exister la présence. » En résulte un enchantement de l’ordinaire paradoxalement sans complaisance. Simplement, une fête comme on la vit dans la génération Y. C’est un peu poisseux mais fun, gentiment décadent mais décomplexé. Comme une soirée réussie finalement. ROCK’N’ROLL, exposition collective jusqu’au 18 février à la Fondation Fernet-Branca, à Saint-Louis www.fondationfernet-branca.org Thomas Lévy-Lasne, Fête n°92, 2017 Aquarelle sur papier, 15 × 20 cm
Par Antoine Ponza Réalisme baroque En tête du répertoire de la musique ancienne, ici la jubilation neuve des débuts du baroque, on trouve l’ensemble Agamemnon. Entre recréation et modernité, François Cardey, son fondateur, revendique l’interprétation d’une musique pour elle-même, toute à ses charmes naturels. N ILLMLIZILLIe-g-1 Agamemnon, force mythologique, mais figure tragique, connote de l’art grec sa tradition de spectacle total, une théâtralité alliant masques et chants, une musique de l’âme qui raconte des histoires. Probablement en ce sens, les musiciens du jeune ensemble lyonnais Agamemnon, contextualisant leurs interprétations, visent à rendre compte de la beauté simple, dramatique ou colorée, du répertoire qu’ils se sont choisis. Lequel, d’abord, découle de l’envie de « découvrir des partitions qui n’avaient jamais été jouées, retrace François Cardey, fondateur du groupe. J’ai eu l’idée d’organiser une saison de concerts pour essayer de refléter ce qui se faisait dans les pays germaniques entre 1550 et 1700. Cela n’a pas mal marché ! » Soit, après la Renaissance, les premiers temps de la musique baroque, « une période charnière entre le développement d’une musique allemande propre, et, une génération après, Bach. » Pour autant, François Cardey ne souhaite pas restreindre l’imaginaire de ce genre de musique, dont il réfute – sans volonté polémique – l’étiquetage. « Plus je lis de livres ou d’articles, plus je trouve ça dur de lui attribuer des mots. C’est une période qui est assez dense et pas du toute unifiée, en termes de style. » Cette recherche, l’ensemble Agamemnon l’hérite des travaux vingtièmistes débroussaillant principalement les XVII e et XVIII e siècles, notamment dans les années 1970. Une quête dénuée toutefois, ici, de dogmatisme, pour essayer d’aller « plus loin ». « On joue sur des instruments dits modernes, tout simplement parce qu’on ne prend pas de cours de cornet à bouquin (l’instrument de François Cardey,ndlr) dans l’école de musique de son village. J’ai été trompettiste pendant longtemps ! Aujourd’hui, grâce au travail merveilleux de luthiers, on a pu réaliser de très bonnes copies des instruments historiques, qui soient aussi en adéquation avec les exigences qu’on a aujourd’hui  : résistance, justesse… » Ce manifeste de qualité historique et interprétative s’accompagne également d’une volonté de liberté créatrice, pour restituer, loin d’un art figé, l’ébullition d’une musique de représentation qui rythmait la vie religieuse courante. Le concert aux Dominicains de Haute- Alsace donnera l’occasion de goûter à un programme d’Agamemnon, ici des œuvres regroupées sous le titre évocateur des Cantates de la Peste, augmenté d’un dispositif vidéo-pictural, imaginé à la fois par Bekir Aysan, créateur 3D en résidence au pôle numérique, et François Cardey lui-même avec un choix « de tableaux de Jérôme Bosch, de Brueghel, et en miroir, de Salvador Dalí, pas si éloignés au niveau graphique ». Profondément spirituelles, contre la mort tapie dans les maisons, les compositions y « transcendent la rédemption de l’âme et la peine de la perte d’un être cher par une musique dense et profonde. » Une invitation à « un moment de vraie musique ! », selon les vœux du directeur du Centre culturel, Philippe Dolfus. Les Cantates de la Peste/Lux in Tenebris 3D concert le 16 mars au Centre culturel de rencontre, à Guebwiller www.les-dominicains.com L’ensemble Agamemnon. De gauche à droite  : François Cardey, Lucile Tessier, Mathieu Valfré, Anaëlle Blanc-Verdin, Arnaud Brétécher. 79



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