Novo n°48 fév/mar 2018
Novo n°48 fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de fév/mar 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Médiapop

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le théatre regarde le monde à Strasbourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Par Mylène Mistre-Schaal 74 Tectonique des plaques Le musée Unterlinden nous propose une escapade en noir et blanc. Un flashback sur la carrière du photographe Adolphe Braun, qui interroge aussi le dialogue alors établi entre peinture et photographie. Nous sommes en 1875, quelque part dans les Alpes. Devant nous, moutonnent des vagues de glace aux crêtes figées, sur lesquelles sont posées de minuscules silhouettes humaines, presque dérisoires dans cet océan de reliefs et de contrastes. Cet instantané de l’extrême, façon « premier de cordée », relève de l’exploit technique. Il nous embarque derrière l’objectif d’Adolphe Braun, photographe expérimentateur et brillant entrepreneur, dont l’itinéraire artistique et commercial ressemble à une lente escalade. S’il débute en tant que photographe floral pour les manufactures de textile et de papier peint (sa carrière s’écrit entre Paris et Mulhouse), Adolphe Braun s’émancipe assez vite des compositions ornementales. Les délicats bouquets des débuts ne font pas que tapisserie  : ils l’entraînent sur les chemins de l’expérimentation et ouvrent son regard. La suite de son parcours est une exploration permanente des ressources aussi bien thématiques que techniques de ce nouveau médium  : panoramas locaux ou exotiques, stéréoscopies urbaines, portraits, sans oublier la reproduction photographique d’œuvres d’art, devenue fer de lance de la société Braun. Mais L’évasion photographique élargit le champ et va au-delà de la revue monographique en posant une question plus large et plus complexe  : celle des enjeux artistiques et culturels de la photographie à une époque où elle est avant tout considérée comme une innovation industrielle. Pour y répondre, le musée Unterlinden, en collaboration avec le Stadtmuseum de Munich, s’est penché sur les interférences entre les tirages de Braun et la peinture de ses contemporains. On y croise des toiles de Monet, de Courbet ou de Henner. La rencontre entre la peinture et l’image est de l’ordre de la fusion plutôt que de la compétition, comme un dialogue où questions et réponses se font écho. De cet échange, on retient la place singulière que prend la photo dans le processus créatif des peintres. Mais aussi à quel point l’esthétique picturale guide les choix du photographe. La magistrale série des Vues des Alpes ne frôle-t-elle pas le sublime romantique à la Caspar David Friedrich ? Et les ruines égyptiennes capturées à l’occasion de l’inauguration du Canal de Suez, n’évoquent-elles pas l’engouement orientaliste ? Les felouques peintes par Fromentin (Vue du Nil, Musée d’Orsay), très proches de celles capturées par Braun fils lors de son voyage africain, nous le laissent penser. L’évasion photographique dresse ainsi une cartographie des influences, des confluences et de la circulation des tirages. Une sorte de tectonique visuelle retraçant les enjeux de la naissance du regard photographique, entre art et industrie. Adolphe Braun, Alpinistes sur le glacier de Morteratsch, 1875 Tirage sur papier albuminé, Collection particulière Droits réservés. L’ÉVASION PHOTOGRAPHIQUE, ADOLPHE BRAUN, exposition du 17 février au 14 mai au Musée Unterlinden, à Colmar www.musee-unterlinden.com
Par Emmanuel Abela Sans titre, 1958, Geny Petite sœur Une grande rétrospective au Musée Würth révèle l’œuvre d’Hélène de Beauvoir, la sœur de Simone. ir,- 44 ‘e1) 1 Pour ceux qui l’ont bien connue, Hélène de Beauvoir était une personne tout à fait avenante. La première fois qu’on croisait ce petit de bout de femme, chez elle, à Goxwiller, dans la maison qu’elle avait achetée dans les années 60 avec son mari qui travaillait à Strasbourg, elle vous donnait le sentiment de vous connaître depuis toujours. Conversant aisément, elle échangeait avec vous sur des thèmes qui lui étaient chers  : l’art bien sûr, mais aussi l’évolution de la société toute entière. Son engagement n’était pas chose feinte  : le féminisme et la cause environnementale faisaient partie des combats de sa vie. Femme libre, elle l’a été, consacrant sa vie à ce qui avait sans doute le plus de sens pour elle  : la peinture, toujours la peinture et encore la peinture. À parcourir les œuvres réunies dans le cadre de cette vaste rétrospective, on s’attache plus spontanément à ces tableaux des années 50, à l’époque où, résidant à Milan, elle partait à la rencontre de ces femmes et hommes au travail, sous le soleil, dans des paysages à perte de vue. La maîtrise d’une approche post-cubiste, pas si éloignée de Sonia Delaunay, avec ce fil ténu qui la retenait du côté de la figuration. Toutefois, elle explorait alors des formes colorées enthousiastes qui n’en disaient pas moins sa préoccupation face à une forme de servitude. L’approche plastique semble encore plus accomplie dans sa représentation de skieurs à Courchevel. Une silhouette ici, un clocher là, ou encore un sapin, se fondent dans l’immensité de la nature blanchie par la neige. La nature comme ultime refuge pour cette amoureuse des grands espaces. À la fin des années 60, la préoccupation devient grandissante à l’occasion de la répression du Joli mois de mai. La politique a repris ses droits. Les tableaux s’obscurcissent d’une présence policière menaçante, même si des formes de prismes colorées suffisent à ouvrir une porte vers cet idéal auquel Hélène n’a jamais cessé d’aspirer. Les premiers drippings apparaissent, comme des coulures plus ou moins aléatoires, parmi les collages d’un tableau comme Paris, Mai 1968. Elle vit les événements à distance – à Strasbourg, le mouvement est largement suivi –, mais elle les documente à sa manière, comme la merveilleuse illustratrice qu’elle n’a jamais cessé d’être, de manière précise graphiquement. Le dessin se mêle à la peinture avec des effets mi-réalistes mi-oniriques qui ne la quitteront plus désormais. Alors, on nous explique que le grand œuvre suit au début des années 70 dans une série de tableaux qui dénonce l’oppression des femmes. Sans déni aucun, on se fait la réflexion que la posture semble surjouée pour aboutir à quelque chose de probant alors que le message passe tellement mieux quand il se fond à son univers propre, de manière enchanteresse, à la limite du surréel, comme c’est le cas au cours de sa dernière période dans les années 80 et 90. Hélène de Beauvoir nous manque depuis sa disparition en 2001. L’histoire a voulu qu’elle ait manqué certains de ses rendez-vous avec une vraie reconnaissance publique. La belle exposition au Musée Würth lui rend l’hommage qu’elle méritait. Et lui restitue la place qui est la sienne. HÉLÈNE DE BEAUVOIR, exposition jusqu’au 9 septembre au Musée Würth, à Erstein www.musee-wurth.fr 75



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