Novo n°48 fév/mar 2018
Novo n°48 fév/mar 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°48 de fév/mar 2018

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Médiapop

  • Format : (200 x 260) mm

  • Nombre de pages : 100

  • Taille du fichier PDF : 7,6 Mo

  • Dans ce numéro : le théatre regarde le monde à Strasbourg.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 66 - 67  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
66 67
Par Benjamin Bottemer Portrait  : Rodolphe Escher Photos  : Monsieur Toussaint Louverture Littératures réanimées Monsieur Toussaint Louverture s’est fait un nom en tant que découvreur de pépites oubliées ou méconnues. Son fondateur Dominique Bordes revendique la valeur de la parole éditoriale et d’un travail minutieux sur le texte comme sur l’objet. Les livres remis entre nos mains par Monsieur Toussaint Louverture sont aussi monumentaux que la maison d’édition bordelaise, créée en 2004, est modeste. Le Dernier stade de la soif de Frederick Exley, Et Quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou, Vilnius Poker de Ricardas Gavelis, auteur lituanien à la pensée et à l’écriture labyrinthiques, Tous les Hommes du roi, chef-d’œuvre de Robert PennWarren, l’écrivain aux trois Pulitzer... Ces romans à l’écriture ample et racée sont les réceptacles d’humanités exacerbées, touchent au grandiose comme à l’intime, animés par un violent appétit pour la vie même lorsqu’ils sondent les profondeurs de l’âme humaine. Sur les étals surchargés des librairies, on repère les livres de la maison par leur format, le soin apporté à la couverture, au papier, à la typographie, loin de tout formatage. Quelques œuvres auront permis à Monsieur Toussaint Louverture, qui ne publie pas plus de trois ou quatre livres par an, de sortir de l’anonymat en suscitant l’enthousiasme d’une partie de la critique et en rencontrant parfois le succès. Le fruit du travail passionné de Dominique Bordes, « capable de passer des heures avec quatre ou cinq personnes autour d’un mot ou d’une quatrième de couverture ». 66 Ces dernières années auront vu Monsieur Toussaint Louverture rencontrer un relatif succès auprès des critiques et des lecteurs. Cela vous a-t-il rendu plus serein pour l’avenir ? D’un point de vue financier, nous avons pu mettre un peu d’argent de côté, mais nous n’avons toujours pas droit à l’erreur. Les lecteurs sont moins durs que les journalistes, qui aujourd’hui ont tendance à nous trouver présomptueux... Je fais attention à ne plus utiliser le mot « chef-d’œuvre » quand je parle d’un livre ! Je croyais beaucoup en la capacité de la presse à nous porter, aujourd’hui c’est moins le cas. Le fait d’être situés en province ne facilite pas non plus les choses. Vous ne publiez que quelques ouvrages par an. Une façon d’entretenir le désir ? On passe beaucoup de temps à préparer la sortie d’un livre, probablement trop, mais c’est sûrement ce qui nous permet d’obtenir de beaux objets, qui doivent absolument rencontrer un certain écho. Quand échec il y a, c’est une énorme remise en question. J’ai une grande responsabilité vis-à-vis du texte  : s’il ne trouve pas son public, il peut être enterré pendant des années. Justement, votre politique éditoriale vise à réhabiliter des ouvrages méconnus ou oubliés. Quels sont vos outils pour cela ? Je pense que le rôle de l’éditeur est central  : il doit produire une parole éditoriale capable de capter, de créer un lectorat. On doit convaincre en créant un attachement à Monsieur Toussaint Louverture et à nos livres, une relation forte et particulière avec le lecteur. Par exemple nos couvertures sont
très identifiables, soignées, ça parle à certaines personnes qui cherchent une relation quasi-charnelle avec l’objetlivre. Nous allons davantage communiquer sur le grand travail d’enquête et de recherches que nous effectuons en amont  : je le décris pour l’instant surtout sur notre site web, mais on va prochainement créer un journal qui rendra compte de ces histoires autour des livres. À ce propos, on pourrait évoquer l’exemple de Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey, qui aura nécessité huit ans de travail... Vous dîtes que c’est sa découverte qui vous a donné envie de lancer la maison d’édition. 1.1BRAIE SliPERPIM 0111 ? fais une idée. J’ai choisi de passer par d’autres subjectivités car je pense qu’on ne peut pas se fier à une seule vision ou une seule parole. J’essaye de trouver des indices suffisants pour me convaincre qu’il se passe quelque chose avec un livre. Comment se passe le travail de traduction, qui semble être l’élément charnière dans la naissance ou la renaissance d’un livre chez MTL ? On peut travailler à partir de premières traductions, mais la vision d’un unique traducteur est forcément incomplète. On y passe énormément de temps. Pour -> La découverte du second roman de Ken Kesey, jamais publié en France, a eu lieu à nos débuts. Je n’avais alors pas les moyens de le valoriser, il me fallait des fonds, des réseaux, des personnes avec qui travailler... Cette aventure collective nous a donné une direction, un cap. Tout ce que je voulais faire en créant MTL a pris sens avec ce projet. Votre démarche est assez particulière, dans le sens où vous ne lisez pas les manuscrits avant d’en acheter les droits. Il faut avoir une grande confiance en son instinct, non ? C’est surtout à travers les expériences et la parole des autres, des critiques, des éditeurs, des lecteurs que je me Tous les Hommes du roi, on s’est rendus compte qu’au bout de cinq ou six 67



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :


Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 1Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 2-3Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 4-5Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 6-7Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 8-9Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 10-11Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 12-13Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 14-15Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 16-17Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 18-19Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 20-21Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 22-23Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 24-25Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 26-27Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 28-29Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 30-31Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 32-33Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 34-35Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 36-37Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 38-39Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 40-41Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 42-43Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 44-45Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 46-47Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 48-49Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 50-51Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 52-53Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 54-55Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 56-57Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 58-59Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 60-61Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 62-63Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 64-65Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 66-67Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 68-69Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 70-71Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 72-73Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 74-75Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 76-77Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 78-79Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 80-81Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 82-83Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 84-85Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 86-87Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 88-89Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 90-91Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 92-93Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 94-95Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 96-97Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 98-99Novo numéro 48 fév/mar 2018 Page 100